Elections régionales de 2014 en Saxe

Les électeurs du Land de Saxe, dans l’est de l’Allemagne, étaient appelés aux urnes hier pour des élections régionales. L’Union chrétienne-démocrate (CDU), au pouvoir en Saxe depuis la réunification, a, sans surprise, remporté ces élections. Le temps où la Saxe était un fief de la social-démocratie est en effet bien loin et elle compte désormais parmi les régions les plus conservatrices d’Allemagne. La Gauche (gauche de la gauche) perd quelques plumes, mais conserve sa deuxième place, tandis que le Parti social-démocrate (SPD) progresse légèrement et conforte sa troisième position. L’Alternative pour l’Allemagne (AfD, conservateur eurosceptique) a créé la sensation en remportant près de 10% des voix et en devenant la quatrième force politique du Land. Les Verts, jamais très à l’aise dans les nouveaux Bundesländer, n’ont pas brillé avec 5.7% des voix et déclinent légèrement. Les néo-nazis du NPD ont, eux, raté – de très peu – le quorum fixé à 5% et ne seront plus représentés au parlement régional où ils siégeaient depuis 2004. Le Parti libéral-démocrate (FDP), enfin, n’a de loin pas atteint le quorum et ne sera plus représenté au parlement, poursuivant une longue série noire notamment marquée par son éviction du Bundestag en septembre 2013.

La CDU a certes remporté ces élections, mais le ciel n’est pas sans nuage pour le parti d’Angela Merkel, et ce pour trois raisons au moins :

  1. Elle a réalisé son moins bon score depuis 1990. Le recul est minime par rapport à 2009, certes, mais il n’y a pas vraiment de quoi pavoiser.
  2. Son partenaire de coalition gouvernementale, le FDP, n’est même plus représenté au parlement. D’une manière générale, la disparition progressive du FDP de l’ensemble du paysage politique allemand prive la CDU du seul parti politique de droite avec lequel elle pouvait gouverner. Sans le FDP, elle ne peut gouverner qu’avec le SPD ou les Verts.
  3. Une force politique est en train de s’établir sur sa droite : l’Alternative pour l’Allemagne (AfD, eurosceptique) a en effet obtenu près de 10% des voix et, contrairement à des formations plus extrêmes souvent limitées à quelques Bundesländer, pourrait s’établir dans l’ensemble du pays.

Si le score de l’Alternative pour l’Allemagne est impressionnant, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur son établissement durable sur l’échiquier politique allemand. Il y a eu de nombreuses « modes politiques » au cours des dernières années en Allemagne : succès éphémères de La Gauche dans les Länder de l’ouest d’abord, auquel a succédé la montée des Verts dans les sondages, puis les quelques succès électoraux du Parti pirate. Et maintenant, l’Alternative pour l’Allemagne. Qu’il s’agisse d’une mode passagère ou d’un établissement à plus long terme, l’Alternative pour l’Allemagne a de bonnes chances d’entrer dans les parlements de Thuringe et du Brandebourg lors des élections régionales qui s’y tiendront le 14 septembre !

Résultats détaillés des élections régionales de 2014 en Saxe

  • Union chrétienne-démocrate (CDU), 39.4% des voix (-0.8%), 59 sièges (+1).
  • La Gauche (gauche de la gauche), 18.9% des voix (-1.7%), 27 sièges (-2).
  • Parti social-démocrate (SPD), 12.4% des voix (+2.0%), 18 sièges (+4).
  • Alternative pour l’Allemagne (AfD, conservateur, eurosceptique), 9.7% des voix (+9.7%), 14 sièges (+14).
  • Les Verts, 5.7% des voix (-0.7%), 8 sièges (-1).
  • Parti national-démocrate (NPD, néo-nazi), 4.9% des voix (-0.7%), 0 siège (-8).
  • Parti libéral-démocrate (FDP), 3.8% des voix (-6.2%), 0 siège (-14).
  • Électeurs libres (FW, conservateur), 1.6% des voix (+0.2%), 0 siège (-).
  • Parti pirate, 1.1% des voix (-0.8%), 0 siège (-).
  • Parti de la protection des animaux, 1.1% des voix (-1.0%), 0 siège (-).

Taux de participation: 49.2% (-3.0%).

Voir aussi

Elections de septembre 2014 en Europe

Après une période de calme presque complet en juillet et en août, la rentrée électorale a véritablement eu lieu aujourd’hui avec des élections régionales dans le Land de Saxe en Allemagne (ndlr: résultats détaillés demain sur ce site). Les échéances électorales seront nombreuses en septembre, notamment en Suède et en Allemagne.

Les Suédois sont appelés aux urnes le 14 pour renouveler l’ensemble de leurs autorités – nationales, régionales et communales – en une fois, comme c’est la coutume dans ce pays. Les sociaux-démocrates, dans l’opposition depuis huit ans, sont donnés gagnant des élections nationales depuis des mois, mais cela ne suffira pas forcément à les ramener au pouvoir puisqu’il y aura forcément une coalition gouvernementale. Alors qu’ils avaient fait campagne commune avec les Verts et les communistes en 2010, les sociaux-démocrates font cavalier seul cette année et pourraient vouloir gouverner plutôt avec les centristes et les libéraux. Si c’est arithmétiquement possible, ces derniers préféreront toutefois probablement gouverner avec les conservateurs et les démocrates-chrétiens, comme ils le font depuis 2006.

En Allemagne, deux Länder de l’ancienne Allemagne de l’Est – la Thuringe et le Brandebourg – renouvelleront leurs autorités régionales le 14 septembre également. Le bon score réalisé par les eurosceptiques de l’Alternative pour l’Allemagne en Saxe le 31 août placera sans doute ces élections au centre de l’attention médiatique. Les libéraux du FDP pourraient disparaitre de ces deux parlement régionaux, faute d’y obtenir le quorum.

Élections régionales encore le 14 septembre en Crimée, sous administration russe. Il s’agira des premières élections qui se tiendront dans la région depuis l’occupation de cette région ukrainienne par l’armée russe. Des élections communales auront également lieu dans de nombreuses villes russes.

Des élections régionales auront également lieu dans le Land du Vorarlberg le 21 septembre, dans l’ouest de l’Autriche. Cette région est dirigée sans interruption par les conservateurs du Parti populaire (ÖVP) depuis 1945 et cela ne devrait pas changer cette année. Si l’on en croit les sondages toutefois, les conservateurs pourraient céder du terrain aux libéraux de NEOS – un parti fondé l’année passée qui a le vent en poupe – et aux écologistes.

Enfin, la moitié des 348 sièges du Sénat français seront renouvelés le 28 septembre. La gauche pourrait perdre la majorité qu’elle détient dans la chambre haute lors de ces élections indirectes. Notons toutefois que le gouvernement ne dépend pas d’une majorité dans cette chambre.

Election présidentielle de 2014 en Turquie

La Turquie a connu hier sa première élection présidentielle au suffrage universelle. L’actuel Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a été élu dès le premier tour avec 51.8% des suffrages, laissant loin derrière lui ses deux opposants, l’indépendant Ekmeleddin Ihsanoglu, et le politicien kurde Selahattin Demirtas. Il s’agit donc d’un nouveau triomphe électoral pour le Parti de la justice et du développement (AKP), le parti islamiste modéré d’Erdogan au pouvoir sans interruption depuis 2002. Ihsanoglu, qui était soutenu tant par le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) que par le Parti d’action nationaliste (MHP, nationaliste), doit se contenter de 38.4% des voix. Demirtas, membre du Parti populaire démocratique (HDP, socialiste, protection des minorités) et soutenu par de nombreux petits partis d’extrême-gauche, obtient 9.8% des voix.

Au niveau géographique, Erdogan triomphe comme attendu en Anatolie et à Istanbul, tandis que Ihsanoglu arrive en tête sur les côtes de la mer Égée et en Thrace et que Demirtas l’emporte dans le sud-est du pays, majoritairement peuplé de Kurdes.

Résultats détaillés de l’élection présidentielle turque de 2014

  • Recep Tayyip Erdogan, AKP (conservateur), 51.8% des voix.
  • Ekmeleddin Ihsanoglu, indépendant, 38.4% des voix.
  • Selahattin Demirtas, HDP (minorité kurde), 9.8% des voix.

Taux de participation: 72.3%.

Voir aussi:

L’Europe politique en cartes!

Le guichet cartographique d’Élections en Europe est en ligne! Vous pourrez y visualiser la carte politique de l’Europe en 1950, 1960, 1970, 1980, 1990, 2000, 2010 et aujourd’hui. Ces cartes permettent de voir quelles étaient les tendances politiques des chefs de gouvernements nationaux et régionaux ainsi que des maires des grandes villes à différents moments de l’Histoire européenne depuis 1950:

Guichet cartographique d’Élections en Europe

Vous pourrez ainsi mieux vous rendre compte à la fois des permanences et des changements dans le temps que de la répartition géographique des différentes tendances politiques.

Les cartes historiques (1950 à 2010) comprennent des données sur les gouvernements nationaux, sur les principales régions et sur les villes de plus de 200’000 habitants. Le nombre de collectivités territoriales couvertes s’accroît dans le temps, le nombre d’États démocratiques augmentant progressivement et la tendance à la décentralisation des pays européens s’accélérant. Certaines données n’ont par ailleurs pas pu être trouvées pour les cartes les plus anciennes.

La carte actuelle est plus complète encore puisqu’elle comprend des données concernant pas moins de 44 pays, 330 régions et 635 villes de plus de 100’000 habitants!

extraits

Extrait de la carte de l’Europe d’aujourd’hui

Enfin, en cliquant sur les repères, vous obtiendrez quelques renseignements complémentaires: nom de la collectivité territoriale, de la personne concernée, de son parti politique et de sa tendance politique.

Elections législatives de 2014 au Kosovo

Les citoyens du Kosovo étaient appelés aux urnes ce dimanche pour des élections législatives anticipées. Le Parti démocratique du Kosovo (PDK, centre droit) du premier ministre sortant Hashim Thaçi a remporté ces élections, obtenant 30.7% des voix et devançant ainsi assez largement la Ligue démocratique du Kosovo (LDK, conservateur) qui a obtenu 25.8% des voix. Le Mouvement pour l’Autodétermination (gauche) arrive en troisième position avec 13.5% des voix. Arriver en tête avec 30% des voix ne suffit toutefois pas et des négociations vont désormais s’engager entre les différents partis. Le PDK n’est donc pas sûr de prendre à nouveau la tête du gouvernement, ce d’autant plus que plusieurs autres partis politiques ont exclu de gouverner avec lui. Le taux de participation s’est élevé à 41.5%.

Ces élections anticipées avaient été convoquées après que le Premier ministre avait échoué à trouver une majorité parlementaire pour la création d’une véritable armée. Le Kosovo ne dispose en effet pour l’heure que de simples forces de sécurité. Une majorité des deux-tiers était nécessaire au Parlement pour le vote de cette loi, majorité qui n’a pu être obtenue.

Les députés kosovars sont élus au système proportionnel (Méthode d’Hondt). Sur les 120 sièges que compte le parlement kosovar, vingt sont réservés aux différentes minorités du pays, dont dix pour la minorité serbe.

Résultats détaillés des élections législatives de 2014 au Kosovo

Les résultats portent sur le dépouillement de 99.8% des bulletins. La répartition des sièges sera connue – et publiée ici – lorsque le dépouillement sera terminé.

  • Parti démocratique du Kosovo (PDK, centre droit), 30.7% des voix (-1.4%).
  • Ligue démocratique du Kosovo (LDK, conservateur), 25.8% des voix (+1.1%).
  • Autodétermination (gauche), 13.5% des voix (+0.8%).
  • Alliance pour le futur du Kosovo (AAR, conservateur), 9.6% des voix (-1.4%).
  • Initiative citoyenne pour le Kosovo (NISMA, libéral), 5.2% des voix (+5.2%).
  • Nouvelle alliance pour le Kosovo (AKR, libéral), 4.7% des voix (-2.6%).
  • Liste serbe (minorité serbe), 4.2% des voix (+3.3%).
  • Parti démocratique turque du Kosovo (minorité turque), 1.0% des voix (-0.2%).
  • Coalition Vakat (minorité bosniaque), 0.9% des voix (+0.1%).
  • Parti démocratique progressiste, 0.8% des voix (+0.8%).
  • Parti démocratique ashkali du Kosovo (minorité ashkali), 0.4% des voix (-).
  • Nouveau parti démocratique (minorité égyptienne), 0.4% des voix (-).
  • Parti turc de la justice (minorité turque), 0.3% des voix (+0.3%).
  • Parti libéral égyptien (minorité égyptienne), 0.3% des voix (+0.3%).
  • Parti ashkali pour l’intégration (minorité ashkali), 0.2% des voix (-).
  • Nouvelle initiative démocratique du Kosovo (minorité égyptienne), 0.2% des voix (-).

Source: Commission électorale du Kosovo.

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