Elections législatives de 2010 en Hongrie

Les élections législatives hongroises, dont le deuxième tour s’est tenu aujourd’hui, ont confirmé le virage à droite du pays. Le FIDSEZ ayant remporté la majorité absolue des sièges, Viktor Orbán, son leader et ancien Premier ministre, redeviendra donc le prochain chef du gouvernement hongrois, succédant au social-démocrate Gordon Bajnai. Le Parti socialiste hongrois, qui avait obtenu plus de 40% des voix lors des élections législatives de 2006, s’effondre et perd plus de la moitié de ses électeurs. Vous trouverez une présentation détaillée des principaux partis politiques hongrois dans l’article qui leur est consacré.

Le parlement hongrois sort profondément bouleversé des élections législatives hongroises de cette année. Du côté des vainqueurs d’abord, tant le FIDESZ (national-conservateur) que le KDNP (démocrate-chrétien) obtiennent le meilleur score de leur histoire. Le FIDESZ détient seul la majorité absolue des sièges au parlement, une situation presque inédite dans la (courte) histoire de la Hongrie démocratique: seuls les sociaux-démocrates avaient réussi un pareil exploit, entre 1994 et 1998. Le FIDESZ a notamment emporté 173 des 176 sièges attribués au système majoritaire, arrivant en tête dans l’ensemble des régions du pays.

Deux nouveaux partis politiques font également leur entrée au parlement hongrois. Les nationalistes du JOBBIK, qui se sont notamment fait connaître pour leur milice et pour leur rhétorique anti-tziganes, ne sont certes pas la première formation nationaliste à entrer au parlement – le Parti hongrois de la justice et de la vie (MIEP) y avait eu une quinzaine de députés entre 1998 et 2002 – mais l’ampleur du succès du JOBBIK est impressionnante. Autres nouveaux venus, les députés du LMP seront les premiers écologistes à siéger au parlement hongrois. Les écologistes ont traditionnellement de la peine à obtenir des sièges dans les pays de l’ancien bloc communiste, seules l’Estonie et la République tchèque faisant exception actuellement.

Les sociaux-démocrates du MSZP ont signé le deuxième moins bon score de leur histoire lors de ces législatives. Ils n’avaient fait pire qu’en 1990, lors des premières élections démocratiques. Avec moins de 20% des voix, la social-démocratie hongroise est à un niveau extrêmement bas en comparaison européen, mais qui n’est toutefois pas sans similarités avec les scores des sociaux-démocrates polonais.

Deux partis disparaissent du parlement hongrois, alors qu’il y étaient présents depuis la démocratisation du pays. Le Forum démocratique hongrois (MDF), un parti conservateur modéré, avait été au pouvoir entre 1990 et 1994 après avoir remporté les élections de 1990, ainsi qu’entre 1998 et 2002 comme junior partners dans une coalition menée par le FIDESZ. Avec la disparition de l’Alliance des démocrates libres (SZDSZ) disparait également la seule force politique libérale hongroise. Le SZDSZ était le partenaire de coalition traditionnel des sociaux-démocrates, tant entre 1994 et 1998 qu’entre 2002 et 2010.

Résultats détaillés des élections législatives hongroises de 2010 sont les suivants:

  • Fidesz – Union civique hongroise (national-conservateur), 52.7% des voix (+10.7%), 227 sièges (+86).
  • Parti socialiste hongrois – MSZP (social-démocrate), 19.3% des voix (-23.9%), 59 sièges (-131).
  • Mouvement pour une meilleure Hongrie – JOBBIK (nationaliste), 16.7% des voix (+14.5%), 47 sièges (+47).
  • Parti populaire démocrate-chrétien – KDNP, alliance avec Fidesz, 36 sièges (+13).
  • Une autre politique est possible – LMP (écologiste), 7.5% des voix (+7.5%), 16 sièges (+16).
  • Forum démocratique hongrois – MDF (conservateur), 2.7% des voix (-2.3%), 0 sièges (-11).
  • Alliance des démocrates libres – SZDSZ (libéral), 0.3% des voix (-6.2%), 0 sièges (-20).

N.B.: Les pourcentages indiqués sont les pourcentages obtenus par les partis pour les députés élus au système proportionnel.

Système électoral:

Le Parlement hongrois compte 386 députés élus pour un mandat de quatre ans. Les élections législatives hongroises se déroulent selon un système électoral mixte. 176 députés sont élus dans autant de circonscriptions, au système majoritaire à deux tours. Un candidat doit obtenir au moins 15% des voix pour pouvoir se présenter au second tour, à moins qu’il y ait moins de trois candidats qui aient dépassé les 15%. Dans ce cas, les trois candidats ayant recueilli le plus de voix peuvent se présenter au second tour. Les 210 autres sièges sont attribués au système proportionnel: 152 le sont dans des circonscriptions régionales et 58 dans une circonscription nationale unique. Un quorum est fixé à 5% pour les mandats attribués au système proportionnel.

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