Élections communales de 2011 en Espagne

Les élections municipales ont eu lieu dimanche 22 mai dans l’ensemble du pays. Nous avons déjà présenté plus tôt dans la semaine les résultats des villes espagnoles de plus de 500’000 habitants, à savoir Madrid, Barcelone, ValenceSévilleSaragosse et Malaga. Vous trouverez dans cet article un bilan, région par région, des élections communales dans les 60 villes d’Espagne comptant plus de 100’000 habitants.

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) du Premier ministre José Luis Zapatero a subi une déroute, à l’image de ce qui s’est produit lors des élections régionales qui se sont tenues le même jour. Le PSOE détenait la majorité absolue dans 10 de ces 60 villes, il n’en a plus que 2 aujourd’hui. A l’inverse, le Parti populaire – principal parti conservateur – a fortement progressé. Alors qu’il avait déjà obtenu la majorité absolue dans 22 villes en 2007, il en a ajoutées 11 de plus et a porté ce nombre à 33, soit plus de la moitié des villes de plus de 100’000 habitants. Les élections ont lieu au système proportionnel, mais le foisonnement des petits partis est limité par un quorum fixé à 5%. Enfin, nous avons publié il y a quelques jours une description des principaux partis politiques espagnols.

Résultats détaillés, région par région, des élections municipales espagnoles

Andalousie

La gauche est en déroute en Andalousie où le Parti populaire contrôle désormais 10 des 11 villes de plus de 100’000 habitants que compte la région. Il a ajouté Cordoue, Séville, Jaén et Algeciras aux cinq villes qu’il détenait déjà (Malaga, Grenade, Huelva, Marbella et Cadiz). Le PSOE ne conserve que Dos Hermanas. Avec la perte de Cordoue, les communistes de la Gauche unie perdent la seule mairie de plus de 100’000 habitants qu’ils détenaient en Espagne.

Aragon
Une seule ville de plus de 100’000 habitants en Aragon, la capitale Saragosse, dont nous avons déjà donné les résultats. La gauche y est encore majoritaire de justesse, mais cela nécessiterait l’alliance des trois partis de gauche. Rien n’est moins sûr donc…

Asturies

L’arrive du Forum des Asturies, une dissidence du Parti populaire, chamboule le paysage politique à Gijón et Oviedo. La gauche n’est plus majoritaire dans la première et le Parti populaire perd sa majorité absolue dans la seconde. Le Forum est désormais le faiseur de roi et pourra choisir ses alliés. (Plus d’informations sur la Communauté autonome des Asturies).

Baléares

Palma de Mallorca, dirigée jusqu’à maintenant par une coalition réunissant les socialistes et deux petits partis régionalistes, sera désormais gouvernée par le Parti populaire qui y a obtenu la majorité absolue.

Canaries
Les socialistes perdent la plus grande ville, Las Palmas, au profit du Parti populaire. Les trois autres grandes villes des Canaries, Santa Cruz de Tenerife, San Cristobal de la Laguna et Telde, qui étaient toutes trois dirigées par des partis régionalistes, devront attendre l’issue des négociations de coalition pour savoir par qui elles seront dirigées.

Cantabrie
Rien à signaler en Cantabrie où le Parti populaire conserve sa majorité absolue à Santander.

Castille-et-León
Le Parti populaire conserve Valladolid, Burgos et Salamanque et prend encore León à la gauche, qui ressort bredouille de ces élections.

Castille-La-Manche
La gauche perd la seule grande ville de Castille-La-Manche, Albacete, au profit du Parti populaire.

Catalogne
Soupe à la grimace pour le Parti socialiste en Catalogne où il détenait 10 des 11 mairies, seul ou en coalition. Il n’en aura peut-être plus que 4 après les négociations de coalition. Il perd Barcelone, la capitale de la région, deuxième ville du pays et fief de la gauche depuis toujours. Ce sont les régionalistes de droite qui prennent la mairie.

Le PSOE perd également sa majorité absolue à L’Hospitalet et à Santa Coloma de Gramenet, mais devrait pouvoir y rester au pouvoir en formant des coalitions. Terrassa et Sabadell devraient pouvoir garder leurs coalitions de gauche elles aussi, tandis que la majorité absolue de Lleida est sauve pour le PSOE. Les choses s’annoncent en revanche moins bien à Badalona, Tarragona et Mataro, qui pourraient basculer à droite. Reus devrait rester aux mains des régionalistes de droite.

Estrémadure
Le Parti populaire conserve sans surprise sa majorité absolue à Badajoz, la seule grande ville d’Estrémadure.

Galice
Le Parti socialiste dirigeait les trois grandes villes de Galice – Vigo, La Corogne et Orense – en coalition avec les régionalistes de gauche du Bloc national galicien. Si ces coalitions devraient être reconduites à Vigo et Orense, La Corogne passe en revanche à droite puisque le Parti populaire y a pris la majorité absolue.

Ajout du 12 juin 2011: Vigo et Orense restent finalement socialistes grâce à l’appui des régionalistes.

La Rioja
Logroño, la seule grande ville de la petite région de La Rioja, passe à droite et sera désormais dirigée par un maire issu du Parti populaire.

Madrid
Le Parti populaire conserve la capitale du pays, Madrid, mais également Mostoles, Torrejon de Ardoz et Alcobendas et prend Alcorcon au PSOE. La gauche devrait pouvoir conserver Fuenlabrada et Parla. Dans les autres villes, les partis devront négocier avec des petits partis et, notamment, avec l’Union Progrès et Démocratie (UPD, social-libéral) qui fait son entrée dans la plupart des parlements communaux de la région. Alcalá de Henares, auparavant à droite, et Leganes et Getafe, auparavant à gauche, devront donc attendre encore un peu avant de connaître leur maire.

Murcie
Le Parti populaire conserve sa majorité absolue dans les deux grandes villes de Murcie, Cartagena et Murcie elle-même.

Navarre
Les jeux sont ouvert à Pampelune, jusque-là dirigée par une coalition dominée par l’UPN, un parti régionaliste de droite. L’UPN est susceptible de diriger une nouvelle coalition.

Pays basque
Le Pays basque a été marqué par le retour des indépendantistes, regroupés au sein d’une nouvelle coalition nommée  Bildu. A l’échelle de la région, Bildu est devenu le deuxième parti. Pour ce qui est des grandes villes, le Parti nationaliste basque (régionaliste centriste) a obtenu la majorité absolue à Bilbao et pourra donc se passer de l’appui des socialistes. A San Sebastian et à Vitoria, jusque-là dirigées par des coalitions dominées par le PSOE, tout est encore ouvert. Bildu pourrait tenter de former le nouveau gouvernement local à San Sebastian, où il est désormais le premier parti.

Ajout du 12 juin 2011: San Sebastian sera bel et bien dirigée par les indépendantistes de Bildu tandis que Vitoria passe à droite.

Valence
Le Parti populaire triomphe à Valence, puisqu’il conserve ses majorités absolues à Alicante, Castellón de la Plana, Torrevieja et Valence elle-même, et prend Elche à la gauche, qui ressort bredouille de ses élections.

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