Suisse: Election du Conseil Fédéral

La Suisse est dotée d’un exécutif de sept membres élus pour quatre ans par le parlement et nommé Conseil fédéral. Les Conseillers fédéraux sont élus l’un après l’autre, en commençant par ceux qui se représentent. Une fois élu, les membres du Conseil fédéral ne peuvent pas être révoqués pendant toute la durée de la législature. Ils ne dépendent pas non plus d’une majorité au parlement, comme dans la plupart des pays européens, mais cherchent des majorités pour chaque objet qu’ils tentent de faire passer.

Entre 1959 et 2003, la composition du Conseil fédéral est restée inchangée: le Parti radical-démocratique (devenu depuis lors le Parti libéral-radical, PLR), le Parti socialiste (PSS) et le Parti démocrate-chrétien (PDC), soit les trois plus grands partis, avaient chacun deux sièges, et l’Union démocratique du centre (UDC, droite populiste), quatrième parti, un seul. C’est ce qui est appelé en Suisse la « Formule magique ».

Entre temps, l’UDC était devenue le plus grand parti du pays et a revendiqué, en 2003, un second siège au détriment du PDC, qui était lui devenu le quatrième parti. Evènement extrêmement rare dans l’Histoire suisse, le parlement n’a pas réélu un membre du Conseil fédéral sortant, la démocrate-chrétienne Ruth Metzler, pour la remplacer par le leader de l’UDC Christoph Blocher. Le style politique de ce dernier n’a pas convenu durant la législature 2003-2007 – les Conseillers fédéraux ne se comportent traditionnellement pas comme des chefs de parti et respectent la collégialité, c’est-à-dire qu’ils défendent les positions sur lesquelles ils ont été minorisés au sein du gouvernement – si bien que l’élection au Conseil fédéral de 2007 a été l’occasion d’un nouveau coup de théâtre: Christoph Blocher n’a pas été réélu, et c’est une autre membre de l’UDC, Eveline Widmer-Schlumpf, qui a été élue à sa place.

La Formule magique était sauve en apparence. Au grand dam de son propre parti, Eveline Widmer-Schlumpf a accepté son élection et a ensuite été exclue de l’UDC. Une section a alors eu lieu au début de l’année 2008, des membres de l’aile modérée de l’UDC ont quitté le parti pour créer le Parti bourgeois-démocratique (PBD, centre-droite).

Lors des élections fédérales suisses de 2011, l’UDC a connu un léger recul, mais est restée le premier parti du pays et a donc continué à revendiquer un deuxième siège au Conseil fédéral, considérant qu’Eveline Widmer-Schlumpf, ayant été élue contre sa volonté, ne la représentait pas. Lors de l’élection du Conseil fédéral qui s’est tenue mercredi, l’UDC a essayé, avec le soutien du Parti libéral-radical, de ravir le siège d’Eveline Widmer-Schlumpf, mais n’a pas réussi devant le soutien que cette dernière a obtenu du PDC, du Parti socialiste, des Verts, des Verts libéraux et de son propre PBD. L’UDC a ensuite attaqué un siège des libéraux-radicaux et les deux sièges socialistes, avec encore moins de succès.

La composition de 2007 est finalement restée inchangée: deux PSS, dont un nouveau élu mercredi, deux PLR, une PDC, un UDC et une PBD. Les Conseillers fédéraux se sont répartis les différents départements hier, les plus anciennement élus pouvant choisir en premier quel département ils veulent.

Composition détaillée du Conseil fédéral suisse:
  • Alain Berset (PSS, nouveau), Département fédéral de l’intérieur (DFI).
  • Didier Burkhalter (PLR), Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).
  • Doris Leuthard (PDC), Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC).
  • Ueli Maurer (UDC), Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS).
  • Johann Schneider-Ammann (PLR), Département fédéral de l’économie (DFE).
  • Simonetta Sommaruga (PSS), Département fédéral de justice et police (DFJP).
  • Eveline Widmer-Schlumpf (PBD), Département fédéral des finances (DFF).