Monthly Archives: février 2012

Autriche: vers une réduction de la taille du parlement?

L’Autriche, qui a récemment vu sa note être dégradée par les agences de notation, s’est engagée dans un ambitieux programme de réduction du déficit qui inclut aussi bien des coupes dans les dépenses que des hausses d’impôts. Parmi les mesures proposées par le gouvernement autrichien, la réduction de la taille du Conseil National, la chambre basse du Parlement, fait débat.

Le gouvernement autrichien – un gouvernement de coalition réunissant sociaux-démocrates et conservateurs sous la direction du chancelier social-démocrate Werner Faymann – souhaite réduire le nombre de députés de 183 à 165. Outre les économies que générerait une telle réduction de la taille du parlement, le gouvernement autrichien espère une efficacité accrue du législatif. Le président autrichien, le social-démocrate Heinz Fischer, soutient la réforme en soulignant que le monde politique doit lui aussi faire des efforts dans ce contexte de crise économique.

La réforme risque pourtant d’échouer… au parlement! Les députés autrichiens ne semblent en effet ne rien vouloir savoir d’une telle réduction. Des députés de presque tous les partis se sont exprimés contre une réduction de leurs effectifs. Parmi les arguments énoncés, une telle réduction du nombre de députés éloignerait les parlementaires de leurs électeurs et augmenterait la charge de travail des députés.

Le chef du groupe conservateur Karlheinz Kopf exige que le nombre de commissions permanentes soit réduit. Une propostion soutenue par Josef Cap, le leader des députés socialistes, qui exige également une refonte du système électoral. Les Verts et le Parti de la liberté (FPÖ, droite nationaliste) se montrent eux fermement opposés à la réforme. Seule l’Alliance pour le future de l’Autriche (BZÖ, droite nationaliste et libérale) soutient une réduction du nombre de députés, mais juge la réforme… trop timorée! Et d’exiger une réduction de moitié du nombre de députés.

Notons que le nombre de députés autrichiens n’est pas très élevé en comparaison européenne, bien au contraire: l’Autriche compte 183 députés pour 8.4 millions d’habitants, alors que la Suisse en compte 200 pour 7.9 millions d’habitants et la Suède 349 députés pour 9.5 millions d’habitants.

Les Autrichiens ne sont pas les seuls à plancher sur une réduction de la taille de leur parlement: le Royaume-Uni envisage actuellement une réduction de la taille de la Chambre des Lords – la chambre haute – et l’Italie une réduction de la taille des deux chambres du parlement national.

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Pays-Bas: les travaillistes dans la tourmente

Le parti travailliste néerlandais (PvdA, social-démocrate) – le deuxième parti politique du pays et le principal parti d’opposition depuis les élections législatives de juin 2010 – doit se chercher un nouveau chef de groupe parlementaire. Job Cohen, ancien maire d’Amsterdam et président du groupe parlementaire du PvdA depuis le début de l’année 2010, a en effet annoncé sa démission lundi.

Cette démission intervient alors que les travaillistes sont au plus bas dans les sondages: crédités de moins de la moitié des sièges obtenus en 2010, ils souffrent de l’immense popularité du Parti socialiste, situé sur à gauche des travaillistes, qui serait actuellement le premier parti politique du pays. Si des élections avaient lieu actuellement, le Parti socialiste obtiendrait 33 sièges selon les derniers sondages, contre 14 en 2010, et le Parti travailliste 15, contre 30 en 2010.
Le Parti travailliste a annoncé la semaine passée vouloir effectuer un virage à gauche. Le PvdA avait engagé très tôt, dès le milieu des années 1990, un virage vers le centre, adoptant une ligne proche de la Troisième Voie incarnée par l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Les députés travaillistes néerlandais ont décidé mardi de ne pas procéder eux-mêmes à l’élection du nouveau chef de groupe, mais de laisser les membres du parti faire ce choix, une procédure plutôt inhabituelle. Jusqu’à maintenant, trois députés se sont déclarés intéressés: l’ancien Ministre de la culture Ronald Plasterk, le jeune député Martijn van Dam et le porte-parole du parti sur les questions environnementales Diederik Samsom.
Les militants travaillistes se prononceront début mars…

Suède: les sociaux-démocrates reprennent des couleurs

Nous en relations au début du mois de janvier la chute impressionnante des sociaux-démocrates suédois dans les sondages, tombés à 24.8% des intentions de vote alors qu’ils étaient habitués à des scores bien plus élevés. La cote de popularité de Hakan Jukolt, le président du parti et, de ce fait, le chef de l’opposition, n’était que de 16%. Moins de deux mois plus tard, les sociaux-démocrates ont changé de président et repris des couleurs!

Le vent a commencé à tourner lorsque Hakan Jukolt a démissionné le 21 janvier dernier avec effet immédiat, reconnaissant des erreurs et son incapacité à remettre le parti sur la voie du succès. Moins d’une semaine plus tard, Stefan Löfven devenait président des sociaux-démocrates. Löfven était jusque-là, et depuis plus de dix ans, président d’IF Metall, le syndicat de la métallurgie, une organisation forte de 370’000 membres en Suède.

Surfant sur la popularité de leur nouveau président, les sociaux-démocrates ont regagné 4.6 points dans les sondages en moins d’un mois. L’heure n’est toutefois pas au triomphalisme puisque, avec 29.2% des intentions de vote, les sociaux-démocrates restent loin des scores auxquels ils ont été habitués par le passé et en-dessous du score obtenu lors des élections législatives suédoises de septembre 2010. Les Verts et les communistes font largement les frais du retour en force des sociaux-démocrates: -1.3% à 10.5% pour les premiers, -2.1% à 6.7% pour les seconds.

A droite, les conservateurs du Premier ministre Fredrik Reinfeldt restent stables à 32.9% des intentions de vote, tandis que leurs partenaires de coalition connaissent des fortunes diverses: les libéraux remontent légèrement à 6.5% et que les agrariens du Parti du centre baissent à 5.1%, tout comme les démocrates-chrétiens qui, avec 3.8%, n’atteignent plus le quorum. A l’extrême-droite de l’échiquier politique, les Démocrates suédois régressent assez nettement à 4.7%, en chute de 2.2%.

Vers une restriction de la démocratie directe en Lettonie?

Les Lettons se sont prononcés samedi dernier sur une initiative populaire demandant que le russe devienne la seconde langue officielle du pays, à côté du letton. Si 75% des citoyens lettons ont rejeté cette initiative comme le demandait la coalition au pouvoir à Riga, ce référendum pourrait en revanche avoir des conséquences institutionnelles pour la Lettonie.

Actuellement, l’article 78 de la Constitution lettone prévoit que 10% des électeurs peuvent soumettre une proposition de modification de la Constitution au parlement (initiative populaire): si le parlement l’accepte, elle entre en vigueur directement; si le parlement la refuse, l’initiative est soumise à un référendum populaire: si le peuple accepte l’initiative, elle entre en vigueur malgré le refus du parlement. Ce mécanisme est semblable à celui en vigueur en Suisse.

Le président de la République lettone, Andris Berzins, a toutefois proposé hier de modifier la Constitution pour que le nombre de signatures requises – jusque-là 10% des électeurs – soit revu à la hausse. Berzins a justifié sa position en argumentant qu’il n’est pas normal qu’une initiative populaire, qui est sensé représenter la volonté du peuple, ne recueille que 25% d’approbation en référendum. Cette proposition ne manquera pas d’être vivement débattue, et probablement contestée par une partie de la classe politique lettone.

La proposition d’Andris Berzins, qui implique une modification de l’article 78 de la Constitution, devra être approuvée par au moins deux tiers des membres du Parlement pour entrer en vigueur…

Le président tchèque sera désormais élu par le peuple

Le système politique de la République tchèque va connaître un important changement puisque le président sera désormais élu au suffrage universel, alors qu’il était auparavant élu par le parlement. Le Sénat, où la coalition gouvernementale de centre-droite du Premier ministre Petr Necas n’est pas majoritaire, a donné récemment son accord à une réforme qui avait déjà été approuvée par la chambre basse du parlement tchèque.

Selon un sondage publié récemment, environ 75% des électeurs approuvent l’introduction du suffrage universel direct pour l’élection du président de la République. Si le principe est désormais ancré dans la Constitution tchèque, tout n’est pas encore clarifié: les principaux partis politiques tchèques ne sont en effet pas encore parvenus à se mettre d’accord sur les modalités exactes de l’élection. Il ne reste pourtant plus beaucoup de temps puisque les prochaines élections devraient avoir lieu au début de l’année 2013 déjà.

Joachim Gauck devrait être le prochain président allemand!

Quelques jours à peine après la démission du président démocrate-chrétien Christian Wulff, les principaux partis politiques allemands se sont mis d’accord sur le choix d’un candidat. Les trois partis politiques membres de la coalition gouvernementale – la CDU d’Angela Merkel (démocratie chrétienne), la CSU (démocratie chrétienne en Bavière) et le FDP (libéral) – se sont ralliés au candidat que les sociaux-démocrates du SPD et les Verts avaient déjà présenté lors de la précédente élection présidentielle en 2010: Joachim Gauck. Ce pasteur protestant est l’une des figures de la démocratisation de l’ancienne Allemagne de l’Est. Il a notamment été en charge pendant dix ans du traitement des archives de la Stasi, l’ancienne police secrète, une tâche très délicate dont il s’est sorti avec brio. Joachim Gauck, qui n’est membre d’aucun parti politique, est très populaire en Allemagne.

Si les sociaux-démocrates et les Verts n’ont eu aucune peine à soutenir un candidat qu’ils avaient déjà proposé lors de l’élection présidentielle de 2010, il n’en a pas été de même au sein de la coalition gouvernementale. Angela Merkel avait annoncé dès le début du week-end qu’elle ne soutiendrait en aucun cas une candidature de Joachim Gauck: elle souhaitait d’une part faire élire une personnalité de son parti, la CDU, et, d’autre part, ne pouvait que difficilement soutenir la candidature de celui qui était le principal concurrent de Christian Wulff en 2010 sans avouer implicitement avoir fait une erreur à l’époque. Les libéraux du FDP lui ont toutefois forcé la main, annonçant qu’ils soutiendraient dans tous les cas la candidature de Gauck, au risque de mettre en péril la coalition gouvernementale. Philipp Rösler, président contesté d’un FDP au plus bas dans les sondages, a ainsi joué son va-tout pour offrir enfin un succès à son parti. Le pari est gagné puisque Angela Merkel a fini par céder, mais certains démocrates-chrétiens parlent déjà de se venger…

Quoiqu’il en soit, cinq des six principaux partis politiques du pays soutiennent désormais officiellement Joachim Gauck et celui-ci devrait donc l’emporter dès le premier tour de scrutin lorsque l’Assemblée fédérale se réunira le 18 mars prochain pour élire le successeur de Christian Wulff.

Lettonie: le russe ne sera pas la deuxième langue officielle

Les citoyens lettons étaient appelés à dire hier par référendum s’ils souhaitaient que le russe devienne la seconde langue officielle, à côté du letton. Ce référendum s’est tenu après qu’une initiative populaire lancée par l’association Langue vivante a abouti et a suscité une vive polémique en Lettonie, où les principaux partis gouvernementaux se sont opposés à ce que le russe devienne une langue officielle. Ils ont été suivis puisqu’environ 75% des citoyens ont refusé la proposition des initiants. La participation, qui s’élève à 69%, a été qualifiée d’étonnamment élevée par de nombreux observateurs, montrant que la question avait été jugée importante par beaucoup de Lettons.

La minorité russe représente environ un quart de la population totale du pays. Beaucoup de Russes sont arrivés dans le pays pendant la guerre froide, Staline ayant tenté de « russifier » les États baltes après leur occupation en 1940. Environ 15% de la population lettone – dont beaucoup de russophones – ne disposent toujours pas de la nationalité lettone. Lors des élections législatives lettones du 18 septembre 2011 ont vu la victoire du Centre de l’Harmonie, une formation principalement russophone qui a obtenu 28.8% des voix. Les autres partis représentés au parlement se sont alors alliées pour former un gouvernement sans les Russophones, reprochant notamment au Centre de l’Harmonie d’être trop proche du Kremlin.

Démission du président allemand Christian Wulff

Le président allemand Christian Wulff a donné sa démission aujourd’hui après plusieurs semaines de polémiques dues à différentes affaires remontant à son mandat de Ministre-président de Basse-Saxe (2003-2010). Christian Wulff est membre de la CDU, le parti démocrate-chrétien de la chancelière Angela Merkel. Wulff a été élu président le 1er juillet 2010 pour succéder à un autre démocrate-chrétien démissionnaire, Horst Köhler. Ce dernier avait démissionné à la suite de propos maladroits émis sur la guerre en Afghanistan.

La démission de Christian Wulff moins de deux ans après celle de Horst Köhler constitue un véritable revers pour Angela Merkel. Cette dernière a désormais indiqué vouloir négocier avec les Verts et les sociaux-démocrates du SPD pour trouver un nouveau candidat. Ce sera, au final, à l’Assemblée fédérale allemande d’élire le nouveau président. Cet organe, composé de députés fédéraux et régionaux, se réunit uniquement à l’occasion des élections présidentielles.
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