Elections régionales de 2012 en Andalousie

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a perdu hier la majorité absolue qu’il détenait depuis la chute de la dictature de Franco, dans les années 1970, en Andalousie. Contrairement à ce qu’annonçaient les sondages, le recul du PSOE n’a finalement que peu profité aux conservateurs du Parti populaire, qui restent assez loin eux aussi de la majorité absolue même s’ils terminent en tête du scrutin pour la première fois de leur histoire.

Pour le PSOE, cette défaite est importante puisque l’Andalousie constitue le fief majeur du parti. Comme l’a fait remarquer le site World Elections dans son article consacré à ces élections, l’Andalousie a apporté près d’un quart des voix socialistes lors des élections législatives de novembre 2011, et ce alors même que l’Andalousie pèse moins d’un cinquième de la population espagnole. L’érosion du vote socialiste en Andalousie est très inquiétant pour le parti, et ce même si les socialistes devaient parvenir finalement à se maintenir au pouvoir.

Le Parti populaire a remporté le meilleur résultat de son histoire lors de ces élections, mais personne ne peut s’empêcher de les voir comme une défaite puisque, il y a peu de temps encore, tout le monde lui promettait la majorité absolue des sièges. Le PP obtient d’ailleurs 5% de suffrages en moins que lors des élections législatives de novembre 2011. De plus, il n’arrive en tête que dans cinq provinces sur huit, alors qu’une seule lui échappait en novembre dernier. Cette demi-victoire constitue probablement un avertissement pour le Premier ministre conservateur Mariano Rajoy, dont le programme d’austérité ne fait pas que des heureux.

Les communistes de la Gauche unie – qui réalisent un excellent résultat et doublent leur nombre de sièges – détiennent désormais les clés du pouvoir. Ils peuvent soit choisir de faire alliance avec le PSOE – et sauver ainsi le gouvernement de gauche dans la région – soit tolérer un gouvernement minoritaire du Parti populaire, comme ils l’ont fait l’année passée en Estrémadure.

Le président socialiste sortant José Antonio Griñan ou le conservateur Javier Arenas? Réponse dans les prochaines semaines…

Résultats détaillés des élections régionales en Andalousie:

  • Parti populaire (PP, conservateur), 40.7% des voix (+2.1%), 50 sièges (+3).
  • Parti socialiste ouvrier (PSOE, social-démocrate), 39.5% des voix (-8.7%), 47 sièges (-9).
  • Gauche unie (IU), communiste), 11.3% des voix (+4.2%), 12 sièges (+6).
  • Unité, progrès et démocratie (UPyD, social-libéral), 3.4% des voix (+2.8%), 0 siège (-).
  • Parti andalou (PA, régionaliste), 2.5% des voix (-0.2%), 0 siège (-).

Taux de participation: 62.2% (-10.5%).

Source: El País.

Analyse géographique des élections régionales en Andalousie

Le Parti populaire est arrivé en tête dans cinq provinces andalouses sur huit, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) l’emportant dans les trois autres. Si on effectue une comparaison avec les élections régionales depuis 1982, il s’agit d’un record dans les deux cas, positif pour le PP, négatif pour le PSOE.

Le Parti populaire l’emporte ainsi pour la première fois dans les provinces de Cadiz et de Cordoue et pour la deuxième fois, après les élections régionales de 1994, dans celle de Grenade.  Il l’emporte également dans les provinces de Malaga et Almeria, deux provinces où il était déjà arrivé en tête en 1994, en 2000 et en 2008. A Almeria, le PP obtient même la majorité absolue des suffrages. Le PSOE conserve les provinces de Séville, de Huelva et de Jaen, qu’il n’a encore jamais perdues lors d’élections régionales.

Les régionalistes du Parti andalou obtiennent leur meilleur résultat (4.9%) dans le province de Cadiz, un pourcentage certes supérieur au quorum fixé à 3%, mais qui ne leur permet tout de même pas d’obtenir un siège.

Carte: © By Tyk (Own work) [CC-BY-SA-3.0], via Wikimedia Commons.

Système électoral en Andalousie

L’élection du parlement de la communauté autonome d’Andalousie se déroule tous les quatre ans au système proportionnel, selon la méthode d’Hondt. Le parlement compte 109 députés. L’Andalousie est divisée en huit circonscriptions électorales, qui sont en fait les huit provinces andalouses. Les sièges sont répartis comme suit entre les différentes provinces:

  • Almeria: 12.
  • Cadiz: 15.
  • Cordoba: 12.
  • Granada: 13.
  • Huelva: 11.
  • Jaen: 11.
  • Malaga: 17.
  • Séville 18.
Chaque province est assurée de compter au moins 8 sièges au parlement, quelque soit sa population. Soixante-quatre sièges sont ainsi attribués d’office, les 45 restant étant répartis entre les provinces en fonction de leur population. Cette répartition favorise fortement les provinces les moins peuplées: la province de Huelva compte un député pour 47’383 habitants tandis que la province de Séville compte un député pour 107’061 habitants. Le quorum est fixé à 3% et doit être atteint province par province.

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