Élections législatives de 2012 en Grèce

Les élections législatives anticipées grecques se sont tenues hier pour renouveler les 300 sièges du parlement grec. Le PASOK (social-démocrate), au pouvoir depuis les élections législatives de 2009, ne termine qu’en troisième position, enregistrant le plus mauvais score de son histoire et perdant les deux tiers de ses députés. Les conservateurs de Nouvelle Démocratie, partenaires de coalition du PASOK depuis la fin de l’année 2011, sont arrivés en tête, comme l’annonçaient les sondages, mais sont en nette régression par rapport à 2009 et n’atteignent pas les 20% des voix. Les deux partis politiques traditionnels de la Grèce démocratique paient ainsi le prix fort des mesures d’austérité imposées au pays depuis le début de la crise.

La formation d’un nouveau gouvernement s’annonce extrêmement difficile. Il manque à Nouvelle Démocratie et au PASOK – qui sont les deux seules formations représentées au parlement qui soutiennent les plans d’austérité – un siège pour détenir une majorité, et ce malgré les 50 sièges que la loi électorale grecque offre au parti arrivé en tête des élections. Le président de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, a d’ores et déjà déclaré forfait et la balle est désormais dans le camp de SYRIZA, formation d’extrême-gauche et deuxième force politique du pays depuis hier. Si les partisans de l’austérité ne détiennent pas de majorité, un gouvernement de coalition des anti-austérité s’annonce quasiment mission impossible: les clivages idéologiques sont immenses, puisque ces partis vont de la gauche la plus dure – KKE et SYRIZA – à la droite la plus dure – l’Aube dorée – en passant par des formations plus modérées, créées lors de scission du PASOK et, respectivement, de Nouvelle Démocratie – la Gauche démocratique et les Grecs indépendants. La situation est telle que nombre d’observateurs parlent d’ores et déjà de nouvelles élections…

La Coalition de la gauche radicale (SYRIZA), une formation située à la gauche du PASOK, est le grand vainqueur de ces élections puisqu’elle arrive en deuxième position et qu’elle quadruple son score de 2009. La gauche de la gauche pèse, avec un Parti communiste grec stagnant, environ un quart de l’électorat grec, une situation rare dans un pays de l’Europe d’aujourd’hui. Les autres vainqueurs du scrutin sont  trois nouveaux partis qui entrent au parlement pour la première fois: les Grecs indépendants, la Gauche démocratique et l’Aube dorée. L’entrée de ce dernier parti – qualifié généralement de fasciste ou de néonazi par la presse européenne – a été particulièrement médiatisée.

Relevons enfin que plusieurs partis politiques ratent de peu un quorum fixé, en Grèce, à 3%. Les écologistes, qui avaient obtenu un élu lors des élections européennes de 2009, obtiennent 2.9%. Le LAOS – une formation populiste de droite – enregistre un score similaire synonyme, dans son cas, de sortie du parlement. Deux autres partis politiques, d’inspiration centriste et libérale, obtiennent plus de 2% des voix.

Résultats détaillés des élections législatives de 2012 en Grèce:

  • Nouvelle Démocratie (ND, conservateur), 18.9% des voix (-14.6%), 108 sièges (+17).
  • Coalition de la gauche radicale (SYRIZA, gauche de la gauche), 16.8% des voix (+12.2%), 52 sièges (+39).
  • Mouvement socialiste panhellénique (PASOK, social-démocrate), 13.2% des voix (-30.7%), 41 sièges (-119).
  • Grecs indépendants (conservateur, anti-austérité), 10.6% des voix (+10.6%), 33 sièges (+33).
  • Parti communiste grec (KKE, communiste), 8.5% des voix (+1.0%), 26 sièges (+5).
  • Aube dorée (néo-fasciste), 7.0% des voix (+6.7%), 21 sièges (+21).
  • Gauche démocratique (DIMAR, social-démocrate), 6.1% des voix (+6.1%), 19 sièges (+19).
  • Les Verts, 2.9% des voix (+0.4%), 0 siège (-).
  • Rassemblement populaire orthodoxe (LAOS, droite populiste), 2.9% des voix (-2.7%), 0 siège (-15).
  • Alliance démocrate (DISY, libéral), 2.6% des voix (+2.6%), 0 siège (-).
  • Recréer la Grèce (libéral), 2.2% des voix (+2.2%), 0 siège (-).

Système électoral:

Les élections législatives ont lieu normalement tous les quatre ans en Grèce, même s’il n’est pas rare que des élections anticipées soient convoquées. Les Grecs élisent les 300 députés de leur parlement unicaméral (l’Assemblée hellénique) au système proportionnel dans 56 circonscriptions, 48 comptant plusieurs sièges et 8 un seul siège. Le système proportionnel grec est dit “renforcé”, car le parti arrivé en tête de l’élection remporte automatiquement un bonus de 50 sièges. Un quorum est fixé à 3%.

Voir aussi:

 

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