Élections législatives de juin 2012 en Grèce

Les partisans du maintien de la Grèce dans la zone euro peuvent respirer: les conservateurs de Nouvelle Démocratie sont arrivés en tête des élections législatives anticipées qui se sont déroulées hier en Grèce et ils pourront former un gouvernement avec les sociaux-démocrates du PASOK. La Grèce devrait donc sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouve depuis les élections législatives du mois de mai dernier, après lesquelles aucun gouvernement n’avait pu être formé.

Les Grecs n’ont toutefois pas donné un chèque en blanc aux partisans de l’Euro et des programmes d’austérités: les conservateurs sont certes arrivés en tête du scrutin et ont certes amélioré considérablement leur score, mais ils restent loin de leur score de 2009 et n’obtiennent pas la majorité absolue, malgré le bonus de 50 sièges que le système électoral grec accorde au vainqueur. Les sociaux-démocrates du PASOK ont, de leur côté, réussi à faire encore moins bien qu’en mai, alors qu’ils avaient déjà obtenu un résultat historiquement bas, passant de 44% en 2009 à 12% aujourd’hui.

La coalition d’extrême-gauche SYRIZA peut en revanche fêter un résultat extraordinaire: avec 26.9% des voix, elle progresse de plus de 10 points, réalisant du même coup le meilleur score de son Histoire et l’un des meilleurs scores d’un parti européen d’extrême-gauche à des élections nationales. SYRIZA s’impose de plus comme la seconde force politique du pays, totalisant plus du double des voix du PASOK.

Face à la progression importante des conservateurs et de SYRIZA, les autres partis politiques grecs représentés au Parlement n’ont, au mieux, que fait du surplace. Les communistes grecs du KKE ont perdu près de la moitié de leurs voix par rapport au mois de mai et les très conservateurs Grecs indépendants un tiers. Les néonazis de l’Aube dorée et les sociaux-démocrates du DIMAR s’en sortent mieux puisqu’ils maintiennent, à quelques détails près, leurs scores du mois de mai.

Ce sont toutefois les partis politiques non représentés au Parlement qui ont, le plus, fait les frais de la progression des conservateurs et de SYRIZA: 16% des Grecs avaient voté pour un parti politique qui n’avait pas atteint le quorum de 3% en mai dernier; hier, seuls 4% l’ont fait, alors que les partis représentés ou non représentés au parlement sont restés les mêmes. L’intense compétition à laquelle se sont livrées la Nouvelle Démocratie et SYRIZA pour la première place semble donc avoir convaincu bon nombre d’électeurs de « voter utile » en accordant son suffrage à l’une des deux formations qui semblait avoir le plus de chances de diriger le pays au cours des prochaines années.

Les négociations gouvernementales devraient commencer immédiatement afin qu’un gouvernement puisse être formé cette semaine déjà. Le but est en effet que la Grèce puisse être représentée à la réunion de l’Eurogroupe qui se tiendra ce jeudi. Si la composition exacte du gouvernement n’est pas encore connue – ni d’ailleurs la liste complète des partis politiques devant participer au gouvernement – le conservateur Antonis Samaras sera sans aucun doute le futur Premier ministre.

Résultats détaillés des élections législatives grecques du 17 juin 2012:

  • Nouvelle Démocratie (ND, conservateur), 29.7% des voix (+9.8%), 129 sièges (+21).
  • Coalition de la gauche radicale (SYRIZA, gauche de la gauche), 26.9% des voix (+10.1%), 71 sièges (+19).
  • Mouvement socialiste panhellénique (PASOK, social-démocrate), 12.3% des voix (-0.9%), 33 sièges (-8).
  • Grecs indépendants (ANEL, conservateur, anti-austérité), 7.5% des voix (-3.1%), 20 sièges (-13).
  • Aube dorée (néo-fasciste), 6.9% des voix (-0.1%), 18 sièges (-3).
  • Gauche démocratique (DIMAR, social-démocrate), 6.2% des voix (+0.2%), 17 sièges (-2).
  • Parti communiste grec (KKE, communiste), 4.5% des voix (-4.0%), 12 sièges (-14).
  • Recréer la Grèce – Action – Alliance libérale (libéraux), 1.6% des voix (-0.6%), 0 siège (-).
  • Rassemblement populaire orthodoxe (LAOS, droite populiste), 1.6% des voix (-1.73%), 0 siège (-).
  • Les Verts, 0.9% des voix (-2.0%), 0 siège (-).

Système électoral:

Les élections législatives ont lieu normalement tous les quatre ans en Grèce, même s’il n’est pas rare que des élections anticipées soient convoquées. Les Grecs élisent les 300 députés de leur parlement unicaméral (l’Assemblée hellénique) au système proportionnel dans 56 circonscriptions, 48 comptant plusieurs sièges et 8 un seul siège. Le système proportionnel grec est dit “renforcé”, car le parti arrivé en tête de l’élection remporte automatiquement un bonus de 50 sièges. Un quorum est fixé à 3%.

Voir aussi:

 

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