Election présidentielle italienne de 2013

Giorgio Napolitano a été réélu hier pour un second mandat en tant que Président de la République italienne, au terme du sixième tour de scrutin. Giorgio Napolitano avait initialement exclu de se représenter, mais devant le blocage politique résultant des cinq premiers tours, il est finalement revenu sur sa décision, à la demande tant de la coalition de centre-gauche de Pier Luigi Bersani que de la coalition de centre-droite de Silvio Berlusconi. Giorgio Napolitano, âgé de 87 ans, est un ancien membre du Parti communiste italien.

Le système électoral italien prévoit que le Président est élu par un collège électoral regroupant les députés, les sénateurs et cinquante-huit représentants des parlements régionaux, soit un total de 1007 personnes. Pour être élu, un candidat doit obtenir les deux-tiers des voix lors des trois premiers tours de scrutin. Ensuite, la majorité absolue suffit.

Au vu de l’absence de majorité au parlement italien – du moins au Sénat – une coalition de plusieurs partis politiques était nécessaire pour qu’un président puisse être élu. Cela semblait bien parti, puisque gauche et droite étaient parvenu à se mettre d’accord peu avant le scrutin sur la candidature Franco Marini, ancien président du Sénat italien et homme politique classé plutôt à la droite du Parti démocrate (PD, social-démocrate). Franco Marini n’a toutefois pas obtenu toutes les voix qu’il aurait dû au terme du premier tour, notamment dans son propres camps (200 voix du centre-gauche ont manqué), de nombreux démocrates votant pour d’autres candidats de gauche ou pour le candidat du Mouvement 5 Etoiles, Stefano Rodotà.

Lors des deuxième et troisième tours de scrutin, aucun candidat officiel ne fut présenté, à l’exception du candidat du Mouvement 5 Etoiles. Plus de la moitié des électeurs s’abstinrent ou votèrent blanc. La majorité des deux-tiers étaient de toute façon inatteignable et il fallait attendre qu’une victoire à la majorité absolue soit possible, au quatrième tour.

Lors du quatrième tour de scrutin, la coalition de centre-gauche désigna, à l’unanimité, l’ancien Premier ministre et ancien président de la Commission européenne Romano Prodi, avec un résultat catastrophique: le centre-droite et la droite s’abstinrent, tandis qu’une bonne centaine d’électeurs du centre-gauche votèrent pour d’autres candidats. Romano Prodi retira sa candidature et Pier Luigi Bersani, privé d’une grande partie de sa crédibilité, démissionna de son poste de premier secrétaire du Parti démocrate.

Le cinquième tour de scrutin se déroula sans qu’aucun candidat officiel ne soit proposé, en-dehors de celui du Mouvement 5 étoiles.

Au sixième tour, enfin, la gauche, le centre et la droite parvinrent à convaincre Giorgio Napolitano, président depuis 2006, de se porter candidat pour un second mandat, chose qu’il avait toujours exclue. Napolitano obtint alors 738 votes sur 1007, soit même plus que la majorité des deux-tiers nécessaires lors des premiers tours de scrutin – et fut reconduit pour un second mandat.

Un happy end, certes, mais qui laisse un Parti démocrate profondément divisé et sans chef. Pas sûr que ce soit de bonne augure pour les élections régionales qui se déroulent aujourd’hui et demain dans le Frioul-Vénétie julienne.

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