Élections régionales de 2015 en Andalousie

Des élections régionales ont eu lieu hier en Andalousie, une région du sud de l’Espagne. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, social-démocrate) est arrivé en tête, conservant le nombre de sièges obtenus il y a trois ans. Ce résultat est inespéré pour le PSOE qui craignait l’arrivée dans le paysage politique de Podemos, une formation d’extrême-gauche née des mouvements de protestation contre les politiques d’austérité. Podemos, justement, se hisse à la troisième position avec près de 15% des voix. Un excellent score pour une nouvelle formation, mais pas aussi élevé que ce certains s’étaient mis à espérer – ou à craindre – depuis les élections législatives grecques de janvier. Podemos n’est ainsi pas parvenu à surclasser le Parti populaire (PP, conservateur) qui enregistre certes de très lourdes pertes, mais qui arrive en deuxième position avec près de 27% des voix. La quatrième place est occupée par le parti social-libéral Citoyens, une formation qui avait limité ses activités jusque-là à la Catalogne et qui obtient près de 10% des voix. La Gauche unie (IU, gauche de la gauche), enfin, fait les frais de l’arrivée de Podemos et ne conserve que cinq de ses douze sièges, son plus mauvais score historique en Andalousie.

Le PSOE va donc se maintenir au pouvoir en Andalousie, la seule région qu’il détient sans interruption depuis le retour de l’Espagne à la démocratie à la fin des années 1970. Il devra trouver un partenaire de coalition ou former un gouvernement minoritaire, mais ces résultats restent de bonne augure en vue des prochaines échéances électorales. Le PSOE peut par exemple espérer récupérer en mai prochain certaines mairies perdues en 2011. A Séville, il devance ainsi le PP où ce dernier n’a obtenu que 27% des voix, contre 49% en 2011.

La gauche de la gauche obtient un très bon score avec un peu plus de 20% des voix entre Podemos et la Gauche unie, mais est loin de répéter l’exploit de SYRIZA, et ce malgré les 34% de chômage en Andalousie et l’absence de formation populiste sur l’autre bord de l’échiquier politique.

Le Parti populaire de Mariano Rajoy a de quoi être inquiet au début d’une année qui sera encore marquée par le renouvellement de l’ensemble des conseils communaux et des mairies, des parlements de nombreuses régions et, en décembre, du parlement national. De plus, le Parti populaire partira d’un niveau de départ très élevé, la quasi-totalité des parlements locaux, régionaux et nationaux renouvelés cette année ayant été élus en 2011, année de tous les records pour les conservateurs.

Notons encore que le système électoral andalous, bien que proportionnel, favorise les grands partis, notamment en raison du nombre élevé de circonscriptions. Le PSOE obtient ainsi 43% des sièges avec 35% des voix, tandis que la Gauche unie obtient 4.6% des sièges avec 7% des voix.

Résultats détaillés des élections régionales de 2015 en Andalousie :

  • Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, social-démocrate), 35.4% des voix (-4.1%), 47 sièges (-).
  • Parti populaire (PP, conservateur), 26.8% des voix (-13.9%), 33 sièges (-17).
  • Podemos (gauche de la gauche), 14.8% des voix (+14.8%), 15 sièges (+15).
    • Podemos (gauche de la gauche), 13 sièges.
    • Candidature unitaire des travailleurs (régionaliste, socialiste), 2 sièges.
    • Equo, 0 siège.
  • Citoyens (CS, social-libéral), 9.3% des voix (+9.3%), 9 sièges (+9).
  • Gauche unie (IU, gauche de la gauche), 6.9% des voix (-4.4%), 5 sièges (-7).
  • Union Progrès & Démocratie (UPyD, social-libéral), 1.9% des voix (-1.5%), 0 siège.
  • Parti andalous (PA, régionaliste), 1.5% des voix (-1.0%), 0 siège.

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