Élections législatives de 2014 en Bulgarie

Des élections législatives anticipées ont eu lieu ce dimanche en Bulgarie, à peine plus d’une année après les précédentes. Le parti politique conservateur de Boïko Borissov, au pouvoir entre 2009 et 2013, est arrivé en tête, mais est loin d’avoir obtenu la majorité absolue des sièges au parlement. Le paysage politique bulgare sera d’ailleurs extrêmement morcelé, huit partis ayant atteint le quorum de 4%, contre seulement quatre l’année passée. Boïko Borissov pourrait former une coalition gouvernementale avec le Bloc réformiste (conservateur) et le Front patriotique (nationaliste).

Si la situation n’est pas idéale pour Borissov qui rêvait de gouverner seul, la droite sort globalement renforcée de ces élections. D’une part, l’entrée au parlement de l’Alternative pour la Renaissance bulgare de l’ancien président socialiste Georgui Parvanov ne compense pas les pertes subies par le Parti socialiste bulgare qui, avec 15.4% des voix, est à son plus bas niveau depuis la démocratisation du pays il y a vingt-cinq ans. D’autre part, les sondages prédisaient que les nationalistes d’Ataka n’atteindraient pas le quorum. Ils l’ont non seulement fait, mais sont désormais secondés au parlement par un autre groupement nationaliste, le Front patriotique.

Ces élections législatives anticipées ont fait suite à la démission du gouvernement le 23 juillet dernier, qui résultait elle-même de la défaite des deux partis gouvernementaux lors des élections européennes de mai dernier. Le président bulgare Rossen Plevneliev a proposé ensuite aux trois principaux partis – le BSP, le GERB et le DSP – de tenter de former un gouvernement, mais aucun n’a accepté. La Bulgarie est le pays le plus pauvre de l’Union européenne, souffre d’un niveau très élevé de corruption et connaît par ailleurs une instabilité politique chronique: aucun gouvernement n’a jamais été reconduit par les électeurs depuis la démocratisation en 1990.

Résultats détaillés

  • Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB, conservateur), 32.7% des voix (+2.2%), 84 sièges (-13).
  • Parti socialiste bulgare (PSB, social-démocrate), 15.4% des voix (-11.3%), 39 sièges (-45).
  • Mouvement pour les droits et les libertés (DPS ou MRF dans la carte ci-dessous, libéral, minorité turque), 14.8% des voix (+3.6%), 38 sièges (+2).
  • Bloc réformiste (conservateur), 8.9% des voix (+1.1%), 23 sièges (+23).
  • Front patriotique (nationaliste), 7.3% des voix (+5.4%), 19 sièges (+19).
  • Bulgarie sans censure (BBC, droite populiste), 5.7% des voix (+5.7%), 15 sièges (+15).
  • Ataka (nationaliste), 4.5% des voix (-2.8%), 11 sièges (-12).
  • Alternative pour la Renaissance bulgare (social-démocrate), 4.2% des voix (+4.2%), 11 sièges (+11).
  • Mouvement 21, 1.2% des voix (+1.2%), 0 siège (-).
  • Voix du peuple, 1.1% des voix (+1.1%), 0 siège (-).

Système électoral bulgare

Le parlement bulgare, nommé Assemblée nationale, est unicaméral et compte 240 députés élus pour une durée de quatre ans au suffrage universel. Le système électoral est mixte: 209 députés sont élus selon le système proportionnel (méthode de Hare-Niemeyer) dans des circonscriptions régionales comptant au moins trois députés; 31 députés sont élus au système majoritaire à un tour dans des circonscriptions individuelles. Seuls les partis ou les coalitions ayant atteint un quorum de 4% peuvent obtenir les sièges répartis selon le système proportionnel.

Les candidats doivent être âgés d’au moins 21 ans, tandis que les partis politiques souhaitant présenter des listes doivent déposer une somme d’argent (remboursée si le parti obtient plus d’1% des voix) et 7’000 signatures.

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Élections cantonales de 2014 à Zoug

Des élections régionales ont eu lieu aujourd’hui à Zoug, un canton du centre de la Suisse. Les Zougois ont réélu les sept membres de leur gouvernement ainsi que les 80 membres du parlement cantonal. Pas de changement au gouvernement, qui reste composé de deux membres du Parti démocrate-chrétien (PDC), deux membres du Parti libéral-radical (PLR, libéral), deux membres de l’Union démocratique du centre (UDC, droite populiste) et une membre de l’Alternative (écologiste de gauche). Le gouvernement zougois, qui était élu depuis plus de 120 ans au système proportionnel, a connu un changement de système électoral puisque c’est désormais le système majoritaire qui est utilisé.

Au parlement, l’Alternative et les Verts’libéraux gagnent chacun deux sièges, au détriment du PLR, du PDC et du Parti socialiste. Les Verts’libéraux, qui avaient fait leur entrée au législatif il y a quatre ans, continuent donc à progresser, tandis que l’Alternative regagne une partie du terrain perdu. Les élections de 2010 avaient en effet été très mauvaises pour l’Alternative qui avait perdu un de ses deux sièges gouvernementaux et quatre de ses douze sièges au parlement. Une année plus tard, elle perdait son unique siège au Conseil National.

Résultats détaillés

  • Parti démocrate-chrétien (PDC), 22 sièges (-1).
  • Union démocratique du centre (UDC, droite populiste), 19 sièges (-).
  • Parti libéral-radical (PLR, libéral), 18 sièges (-2).
  • Alternative (Alliance des Verts (PES, écologiste de gauche) et du Parti chrétien-social (PCS, centre-gauche)), 10 sièges (+2).
  • Parti socialiste suisse (PSS, social-démocrate), 7 sièges (-1).
  • Parti vert’libéral (PVL, écologiste de droite), 4 sièges (+2).
  • Parti pirate, 0 siège (-).

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Élections législatives de 2014 en Lettonie

Des élections législatives ont eu lieu hier en Lettonie. Le Parti social-démocrate Harmonie, qui représente l’importante minorité russophone, a remporté ces élections, comme cela avait déjà été le cas il y a trois ans, mais a reculé de cinq points. Ce résultat ne signifie toutefois pas qu’il pourra diriger le prochain gouvernement, les autres partis ayant toujours formé des coalitions gouvernementales sans les représentants de la minorité russophone et ayant la claire intention de continuer à le faire. Les évènements actuels en Ukraine n’ont évidemment pas contribué à détendre le climat politique en Lettonie.

Unité, le parti politique conservateur de la cheffe du gouvernement Laimdota Straujuma, arrive en deuxième position et progresse légèrement par rapport à 2011. Les partenaires de coalition d’Unité – l’Union des Verts et des Paysans (écologistes et agrariens) ainsi que l’Alliance nationale (nationaliste) – progressent également, si bien que ces trois partis disposeraient d’une majorité au parlement s’ils souhaitaient continuer à gouverner ensemble, et ce malgré le fait que le Parti de la Réforme ne se représentait pas. Enfin, deux nouveaux partis politiques font leur entrée au parlement. Un petit parti politique conservateur nommé Pour la Lettonie avec le cœur et un parti centriste intitulé Association des régions lettones.

Résultats détaillés

  • Parti social-démocrate Harmonie (SDPS, minorité russophone, social-démocrate), 23.0% des voix (-5.4%), 24 sièges (-7).
  • Unité (V, conservateur), 21.9% des voix (+2.9%), 23 sièges (+3).
  • Union des Verts et des Paysans (ZZS, écologistes et agrariens), 19.5% des voix (+7.3%), 21 sièges (+8).
  • Alliance Nationale (NA, nationaliste), 16.6% des voix (+2.7%), 17 sièges (+3).
  • Du cœur pour la Lettonie (NSL, conservateur), 6.9% des voix (+6.9%), 7 sièges (+7).
  • Association des régions lettones (LRA, centriste), 6.6% des voix (+6.6%), 8 sièges (+8).
  • Union russe de Lettonie (minorité russophone, socialiste), 1.6% des voix (+1.6%), 0 siège (-).
  • Unis pour la Lettonie, 1.2% des voix (+1.2%), 0 siège (-).
  • Parti de la Réforme, 0.0% des voix (-20.8%), 0 siège (-22).

Taux de participation: 57% (-2.5%).

Système électoral

Le parlement monocaméral letton, la Saeima, compte 100 députés élus pour quatre ans au suffrage universel. L’élection se déroule dans cinq grandes circonscriptions, selon le système proportionnel (méthode de Sainte-Lagüe). Les électeurs ont la possibilité d’exprimer une préférence pour certains candidats de la liste qu’ils ont choisie, ou au contraire de tracer d’autres candidats. Un quorum est fixé à 5% au niveau national, empêchant les partis qui obtiennent un score moindre d’obtenir des élus. La loi lettonne ne prévoit par ailleurs pas la possibilité de se présenter en tant qu’indépendant, disposition souvent critiquée par les observateurs internationaux.

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Élections d’octobre 2014 en Europe

Électoralement parlant, le mois d’octobre s’annonce chargé en Europe puisque des élections législatives auront lieu dans pas moins de quatre pays. Les élections législatives ukrainiennes du 26 octobre seront sans aucun doute celles qui retiendront le plus l’attention dans les médias occidentaux. A ces quatre élections législatives s’ajouteront des élections régionales dans différents pays, ainsi qu’une élection présidentielle en Bosnie-Herzégovine.

La série d’élections législatives commence dès demain avec des élections législatives en Lettonie. La crise en Ukraine a évidemment réveillé des peurs dans un pays qui compte une très importe minorité russophone. Le Centre de l’Harmonie – une coalition regroupant plusieurs partis représentant cette minorité – avait remporté les élections législatives d’il y a trois ans, mais n’avait pas pu former de coalition gouvernementale, faute de partenaires.

La Bulgarie suit dimanche. Les élections bulgares interviennent à peine plus d’une année après les dernières. Les conservateurs de l’ancien Premier ministre Boïko Borissov devraient remporter ces élections, mais ils ne sont pas sûrs d’obtenir une majorité au parlement. L’instabilité politique pourrait donc se prolonger…

Le 12 octobre, ce sont les citoyens de Bosnie-Herzégovine qui se rendront aux urnes pour des élections générales. En plus du parlement du pays, ils renouvelleront en effet également la présidence – qui compte trois membres – ainsi que les parlements régionaux de la République serbe de Bosnie et de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine.

Le 26 octobre, finalement, des élections législatives anticipées auront lieu en Ukraine. Le parlement ukrainien a été dissout fin août, après que les députés ont refusé de reconnaître les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk comme des organisations terroristes, suscitant la colère du président Porochenko. Le parlement actuel, élu en 2012, compte toujours de nombreux membres du Parti des régions, le parti de l’ancien Président Viktor Ianoukovytch. Les sondages prédisent une victoire pour le Bloc Porochenko – nouvellement constitué – ainsi qu’une forte abstention dans le sud et l’est du pays, régions comptant une importante population russophone.

Outre ces nombreuses élections législatives, le mois d’octobre verra également le renouvellement d’une partie du Sénat de la République tchèque, des élections régionales dans le canton de Zoug en Suisse et sur l’île de Jersey et, enfin, des élections locales en Hongrie et en Slovénie.

Nouveau sur Élections en Europe

Plusieurs articles de fond décrivant les systèmes politiques de différents pays européens ont été publiés en septembre sur Élections en Europe:

Elections législatives de 2014 en Lettonie – Aperçu

Des élections législatives auront lieu le 4 octobre 2014 en Lettonie. Ces élections interviennent trois ans après les élections législatives anticipées de 2011, en raison d’une clause spécifique à la Lettonie: les législatures résultant d’élections législatives anticipées ne durent que trois ans, contre quatre pour les autres. Si l’on en croit les résultats des élections européennes de ce printemps, le parti conservateur Unité de la Première ministre Laimdota Straujuma a de bonnes chances d’arriver en tête de ces élections.

Les résultats sont ici

La Lettonie est celui des trois États baltes dont le paysage politique est le plus polarisé entre les Lettons « de souche » et l’importante minorité russophone vivant dans le pays. En février 2012, les Lettons ont par exemple refusé de faire du russe la deuxième langue officielle du pays. Les russophones votent presque exclusivement pour des partis politiques représentant leurs intérêts et plutôt ancrés à gauche, tels que le Centre de l’Harmonie, tandis que les lettonophones votent presque exclusivement pour des partis politiques ancrés à droite, la gauche étant associée avec l’occupation soviétique.

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Pourcentage de Russophones par communes (source: Wikipedia).

A ce clivage linguistique s’ajoute un climat économique difficile, la Lettonie ayant été violemment frappée par la crise économique de 2008, année au cours de laquelle le PIB letton a reculé de 17.7%. La situation économique s’est considérablement améliorée depuis lors, le pays étant à nouveau en croissance depuis 2011, mais le chômage reste relativement haut avec un taux de 11.5%.

Système électoral letton

Le parlement letton, la Saeima, compte 100 députés élus pour quatre ans au suffrage universel. L’élection se déroule dans cinq grandes circonscriptions, selon le système proportionnel (méthode de Sainte-Lagüe). Les électeurs ont la possibilité d’exprimer une préférence pour certains candidats de la liste qu’ils ont choisie, ou au contraire de tracer certains candidats. Un quorum est fixé à 5% au niveau national, empêchant les partis qui obtiennent un score moindre d’obtenir des élus. La loi lettonne ne prévoit par ailleurs pas la possibilité de se présenter en tant qu’indépendant. Il s’agit d’un parlement unicaméral.

Retour sur élections lettones de 2011

Le Centre de l’Harmonie, un parti politique de gauche représentant les intérêts de l’importante minorité russe du pays, était arrivé en tête des élections, mais les quatre autre partis politiques représentés au parlement avaient formé une coalition gouvernementale sans le Centre de l’Harmonie.

Résultats détaillés des élections de 2011

  • Centre de l’Harmonie (socialiste, minorité russophone), 28.8% des voix (+2.8%), 31 sièges (+2).
  • Parti réformateur de Zatlers (centre-droite), 20.6% des voix (+20.6%), 22 sièges (+22).
  • Unité (conservateur), 18.5% des voix (-12.7%), 19 sièges (-14).
  • Alliance nationale (nationaliste), 13.6% des voix (+5.9%), 14 sièges (+6).
  • Union des Verts et des Paysans (écologistes et agrariens), 12.3% des voix (-7.4%), 13 sièges (-9).
  • Pour une bonne Lettonie! (conservateur), 2.4% des voix (-5.2%), 0 siège (-8).

Forces en présence

Unité, le parti de la Premier ministre Laimdota Straujuma semble bien placé pour remporter ces élections, d’autant plus qu’il a formé une alliance électorale avec le Parti de la réforme – ancien Parti réformateur de Zatlers. Unité est un parti politique conservateur, membre du Parti populaire européen, fondé en 2010 par plusieurs anciens partis politiques lettons pour faire contrepoids au Centre de l’Harmonie. Il est à l’origine d’une sévère politique d’austérité mise en place après la catastrophique crise économique de 2010. Valdis Dombrovskis, le politicien qui avait amené Unité au pouvoir, a démissionné en novembre 2013 après l’effondrement d’un toit à Riga, accident qui avait fait 54 morts et 41 blessés. Laimdota Straujuma, jusque-là Ministre de l’agriculture, lui a succédé.

Le Centre de l’Harmonie, qui est l’autre force politique qui pourrait arriver en tête le 4 octobre, est une alliance composée de partis politiques de gauche et défendant les intérêts de l’importante minorité russophone du pays. Selon le recensement de 2011, 26.9% de la population est d’origine russe. Les fiefs du Centre de l’Harmonie se situent là où la minorité russophone est la plus importante, à savoir à Riga, la capitale, ainsi que dans l’est du pays. En raison du lourd passé du pays, aucun gouvernement n’a jamais inclus de parti politique représentant la minorité russe.

L’Alliance Nationale est un parti politique fondé en 2010 par la fusion de deux partis politiques nationalistes. Le parti est violemment anti-russe et demande des lois plus sévères concernant la naturalisation de la partie de la minorité russophone qui ne dispose pas encore de passeport letton. Bien que quelque peu eurosceptique, l’Alliance Nationale préfère l’Union européenne et l’OTAN à la Russie, ce qui la conduit à être moins europhobe que beaucoup d’autres partis politiques européens. Au Parlement européen, l’Alliance Nationale siège au sein de l’Alliance des conservateurs et réformistes européen (AECR), la parti eurosceptique de David Cameron.

L’Union des Verts et des Paysans (ZZS) est une alliance comprenant Les Verts et l’Union des paysans de Lettonie. Considéré comme un parti populiste dominé par les oligarques, l’Union des Verts et des Paysans a été exclue du gouvernement de Dombrovskis après les élections de 2011. Straujuma les a toutefois intégré dans son gouvernement à la fin de l’année 2013. Aivars Lembergs, l’un des hommes les plus riches de Lettonie et membre du ZZS, détient la mairie de Ventspils, sixième ville du pays et important port sur la Baltique, depuis 1988.

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