Vladimir Poutine

Vladimir Poutine est l’homme fort de la Fédération de Russie depuis plus de dix ans, comme président entre 2000 et 2008, puis comme Premier ministre depuis 2008, la Constitution russe lui interdisant de briguer un troisième mandat consécutif. Tout est dans le “consécutif” puisque, après avoir cédé la présidence pendant quatre ans à Dmitri Medvedev, il se présente à nouveau à l’élection présidentiel du 4 mars 2012. Vladimir Poutine doit faire face, depuis les élections législatives russes du 4 décembre 2011, à une vague de protestation sans précédent. “Elections en Europe” vous propose un article biographique sur un homme qui fera, sans aucun doute, la une de l’actualité à de nombreuses reprises au cours des prochains mois.

Jeunesse et études de Vladimir Poutine

Vladimir Poutine est né le 7 octobre 1952 à Saint-Pétersbourg, qui s’appelait alors Leningrad. Sa mère était ouvrière et son père soldat dans la marine. Vladimir Poutine passa toute sa jeunesse dans sa ville natale et fait des études de droit à l’Université d’État de la ville, obtenant sa licence en 1975 après avoir écrit un mémoire en droit international. Pendant ses études, il adhère au Parti communiste, dont il reste membre jusqu’à sa dissolution en 1991.

Vladimir Poutine au KGB

Vladimir Poutine entre en 1975, peu après avoir obtenu sa licence universitaire, au KGB, le principal service de renseignement de l’Union soviétique. Vladimir Poutine travaille dans différents services du KGB – le contre-espionnage, la surveillance des diplomates étrangers en poste à Saint-Pétersbourg – et passe cinq ans à Dresde, en Allemagne de l’Est, entre 1985 et 1990. A son retour en URSS, il travaille à l’Université de Saint-Pétersbourg où il s’occupe de la surveillance des étudiants. Il quitte les services de sécurité en 1992, après le coup d’État manqué contre Mikhaïl Gorbatchev.

De la mairie de Saint-Pétersbourg au FSB

Dans le Saint-Pétersbourg post-URSS, Vladimir Poutine peut profiter des services d’un ancien assistant à l’Université de la ville, qu’il avait connu alors qu’il était encore étudiant: Anatoli Sobtchak. Entre temps, ce dernier est devenu le premier maire démocratiquement élu de la ville. Vladimir Poutine occupe différents postes dans l’administration de la ville et, lorsque Sobtchak perd les élections de 1996, est appelé à Moscou pour travailler dans l’administration présidentielle de Boris Eltsine où il passe par plusieurs échelons. En 1998, Boris Eltsine nomme Vladimir Poutine chef du FSB, le service qui a succédé au KGB la Russie post-soviétique. Il entre également au Conseil de sécurité de la Fédération de Russie.

Vladimir Poutine, Premier ministre

En août 1999, Vladimir Poutine est nommé Premier ministre de la Fédération de Russie par Boris Eltsine, sans avoir occupé auparavant aucun mandat de type parlementaire ou ministériel. Personne ne pensa alors que ce cinquième Premier ministre en moins de deux ans allait connaître la carrière politique que l’on sait, le maire de Moscou Iouri Loujkov semblant alors tout désigné pour remplacer Boris Eltsine à la présidence de la Fédération. Les évènements se précipitent toutefois: les positions dures que Vladimir Poutine tient vis-à-vis de l’insurrection en Tchétchénie le rendent rapidement populaire. Lors des élections législatives russes du 19 décembre, Unité, le parti soutenu par Vladimir Poutine, arrive devant le parti de Loujokov et ce dernier renonce à ses ambitions présidentielles. Le 31 décembre 1999, Boris Eltsine démissionne, à la surprise générale…

Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie

Boris Eltsine ayant démissionné en cours de mandat et aucunes élections n’ayant été organisées, Vladimir Poutine est nommé président ad interim le 31 décembre 1999. Une élection présidentielle est organisée en mars 2000 – alors qu’elle aurait dû avoir lieu en juin, réduisant ainsi le temps à disposition pour d’éventuelles autres candidatures – et Vladimir Poutine est élu président dès le premier tour de scrutin.

Dès sa première année de présidence, Vladimir Poutine renforce la surveillance sur les régions russes et fait adopter une loi qui l’autorise à congédier les gouverneurs des différentes républiques, territoires et districts. Il supprimera au cours de son second mandat l’élection directe des gouverneurs par la population, réduisant encore un fédéralisme russe déjà assez théorique. Au cours de son premier mandat, il réduit également les pouvoirs des oligarques, rétablit l’hymne national de l’Union soviétique et atteint bientôt un taux de popularité dépassant les 80%.

Lors de l’élection présidentielle russe de 2004, Vladimir Poutine est réélu pour un second mandat avec plus de 70% des suffrages. Pendant son second mandat, les accusations d’atteinte à la démocratie, à la liberté de la presse et au pluralisme de la vie politique russe se multiplient. Le procès intenté contre le milliardaire Mikhaïl Khodorkovski lui vaut beaucoup de critiques à l’étranger où de nombreux observateurs y voient un procès politique.

Bénéficiant toujours d’une forte popularité, Vladimir Poutine voit son parti Russie unie triompher aux élections législatives de décembre 2007. A la fin de son second mandat présidentiel, Poutine ne peut pas briguer un troisième mandat, la Constitution russe interdisant trois mandats successifs. Il renonce donc à se présenter et soutient la candidature de son vice-Premier ministre, Dmitri Medvedev.

Vladimir Poutine, à nouveau Premier ministre

Peu après la victoire de Dmitri Medvedev à l’élection présidentielle qui se tient en mai 2008, Vladimir Poutine est nommé Premier ministre. A l’été 2008, la Russie intervient militairement en Ossétie du Sud et en Abkhazie, deux républiques autonomes en Géorgie, et reconnaît leur indépendance.

En matière de politique intérieure, le régime politique ne va pas vers davantage d’ouverture et de démocratie. Au début du mandat de Dmitri Medvedev, les spécialistes de la politique russe se demandent si Dmitri Medvedev ne sera que la marionnette de Vladimir Poutine ou s’il tentera de s’en émanciper… La réponse est donnée en 2011, lorsque les deux hommes annoncent que Medvedev ne se présentera pas à l’élection présidentielle de 2012 et laissera sa place à Vladimir Poutine…

Entre-temps, la popularité de Vladimir Poutine, qui ne bénéficie plus de l’excellente conjoncture économique du début des années 2000, est en baisse. Lorsque le pouvoir russe annonce la victoire de Russie unie aux élections législatives de décembre 2011, des manifestations d’une ampleur jamais vue depuis des années sont organisées par l’opposition dans les rues de Moscou et d’autres villes russes. Poutine, lui, ne semble pas disposé à abandonner le pouvoir… La prochaine élection présidentielle russe aura lieu le 4 mars 2012!