Invalidation de l’élection présidentielle autrichienne

L’élection présidentielle qui a eu lieu les 24 avril et 22 mai 2016 en Autriche a été annulée aujourd’hui par la Cour suprême autrichienne. Cette élection avait été remportée de justesse par Alexander van der Bellen, qui avait obtenu 50.4% des voix contre 49.6% à son adversaire Norbert Hofer. Le Parti de la liberté (FPÖ, droite populiste), auquel appartient ce dernier, a fait recours contre les résultats de l’élection. La Cour suprême lui a donné raison aujourd’hui et le deuxième tour du scrutin sera répété cet automne.

De nombreuses irrégularités, mais pas de fraude

La Cour suprême n’a pas constaté de fraudes ou de manipulations électorales – en clair, les écologistes n’ont pas bourré les urnes – mais de nombreuses irrégularités dans le processus de dépouillement du vote par correspondance. Ainsi, dans quatorze des vingt districts, les enveloppes de vote ont été ouvertes en l’absence des membres des bureaux électoraux. Le droit électoral a ainsi été violé.

La légèreté avec laquelle les opérations de dépouillement ont été effectuées a choqué de nombreux autrichiens, et ce depuis le début des audiences publiques de la Cour suprême consacrées à cette affaire. Le gouvernement autrichien a annoncé aujourd’hui que la formation des membres des bureaux électoraux sera renforcée. Les personnes responsables des irrégularités constatées par la Cour pourront par ailleurs faire l’objet de mesures disciplinaires.

Quand est-ce que la prochaine élection aura lieu?

La date exacte de la future élection présidentielle autrichienne n’est pas encore connue. Selon le quotidien Der Standard, elle devrait se tenir à la fin du mois de septembre ou durant le mois d’octobre.

Qui sera président d’ici là?

Le mandat du président sortant, Heinz Fischer, se termine le 8 juillet. Les trois présidents de la chambre basse autrichienne assureront l’intérim jusqu’à l’élection de cet automne.

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Élections législatives de 2015 au Danemark

Des élections législatives ont eu lieu dimanche 18 juin 2015 au Danemark. Les sociaux-démocrates de la cheffe du gouvernement danois Helle Thorning-Schmidt sont arrivés en tête de ce scrutin, améliorant légèrement leur score de 2011, mais la coalition de centre-gauche qui la soutenait a perdu la majorité au parlement. Le scrutin a été marqué par l’importante progression du Parti du peuple danois, une formation de droite populiste, devant des libéraux en fort déclin. C’est pourtant le chef de ces derniers, Lars Løkke Rasmussen, qui devrait être le prochain Premier Ministre, soit à la tête d’un gouvernement minoritaire, soit à la tête d’une coalition réunissant les différents partis de droite.

Résultats détaillés des élections législatives de 2015 au Danemark

  • Parti social-démocrate, 26.3% des voix (+1.4%), 47 sièges (+3).
  • Parti du peuple danois (DF, droite populiste), 21.1% des voix (+8.8%), 37 sièges (+15).
  • Parti libéral (V), 19.5% des voix (-7.2%), 34 sièges (-13).
  • Liste d’unité – Les Rouges-Verts (gauche de la gauche), 7.8% des voix (+1.1%), 14 sièges (+2).
  • Alliance libérale, 7.5% des voix (+2.5%), 13 sièges (+4).
  • Alternative (écologiste), 4.8% des voix (+4.8%), 9 sièges (+9).
  • Parti social-libéral (RV), 4.6% des voix (-4.9%), 8 sièges (-9).
  • Parti socialiste populaire (SF, écologiste, gauche de la gauche), 4.2% des voix (-5.0%), 7 sièges (-9).
  • Parti conservateur populaire (KF), 3.4% des voix (-1.5%), 6 sièges (-2).

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Elections législatives de juin 2015 en Turquie

Des élections législatives ont eu lieu le 7 juin 2015 en Turquie. Pour la première fois depuis 1999, aucun parti politique n’a obtenu la majorité absolue des sièges à la Grande assemblée nationale turque. Le Parti de la justice et du développement (AKP, conservateur) est certes arrivé largement en tête avec 40.9% des voix, mais il ne dispose plus que de 258 sièges sur 550. Le président Erdogan ne pourra donc vraisemblablement pas réaliser son rêve de transformer le système politique turc en régime présidentiel. Pire, son parti, l’AKP, devra trouver un partenaire de coalition ou constituer un fragile gouvernement minoritaire.

Le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) et le Parti d’action nationaliste (MHP, nationaliste) occupent, comme lors des élections législatives de 2011, les deuxième et troisième places. Outre la perte de la majorité absolue détenue depuis 2002 par l’AKP, l’arrivée au parlement du Parti démocratique des peuples (HDP, minorité kurde, gauche de la gauche) constitue l’autre événement du scrutin. Une bonne trentaine de députés kurdes avaient certes déjà été élus en 2011, mais en tant qu’indépendant. Cette fois-ci, le HDP s’est lancé en tant que parti, prenant le risque de n’obtenir aucun élu s’il ne dépassait pas le quorum fixé à 10%, un seuil extrêmement élevé en comparaison européenne.

Résultats détaillés des élections législatives turques de 2015

  • Parti pour la justice et le développement (AKP, conservateur), 40.9% des voix (-9.0%), 258 sièges (-53).
  • Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), 25.0% des voix (-1.0%), 132 sièges (+7).
  • Parti d’action nationaliste (MHP, nationaliste), 16.3% des voix (+3.3%), 80 sièges (+28).
  • Parti démocratique des peuples (HDP, minorité kurde, gauche de la gauche), 13.1% des voix (+7.5%), 80 sièges (+51).
  • Parti du bien-être (SP, conservateur), 2.1% des voix (+0.9%), 0 sièges (-).

Système électoral

Les élections législatives ont lieu normalement tous les quatre ans en Turquie, même s’il arrive que des élections anticipées soient convoquées. Les Turcs élisent les 550 députés de leur parlement unicaméral (Grande assemblée nationale) au système proportionnel (méthode d’Hondt). Le pays est divisé en 85 circonscriptions correspondant aux 81 provinces, la province d’Istanbul étant divisée en trois circonscriptions et celles d’Ankara et d’Izimir en deux. Deux règles électorales compliquent considérablement la vie des petits partis et des minorités: au quorum déjà élevé de 10% s’ajoute l’obligation pour les partis de présenter des candidats dans au moins la moitié des provinces du pays. Suite à une réforme adoptée en 2010, il ne faut désormais plus être âgé que de vingt-cinq ans pour être élu au parlement turc, contre trente ans auparavant.

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Elections régionales de 2015 en Italie

Des élections régionales ont eu lieu le 31 mai 2015 dans sept des vingt régions italiennes. Peu de changements de majorité, puisque seule la Ligurie passe à droite et la Campanie à gauche. Pour le reste, les rapports de force sont maintenus. Vous trouverez les résultats détaillés de ces élections dans une série d’articles spécifiques:

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Élections régionales de 2015 en Espagne

Des élections régionales ont eu lieu le 24 mai 2015 dans douze des dix-sept communautés autonomes espagnoles. Le Parti populaire (PP, conservateur) et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, social-démocrates), les deux grands partis politiques traditionnelles espagnols, ont subi de lourdes pertes au profit de Podemos (gauche de la gauche) et des Citoyens (C’s, social-libéral). Le Parti populaire, qui détenait toutes les régions en jeu sauf les Asturies et la Navarre, en a perdu cinq au profit des sociaux-démocrates (Aragon, Baléares, Castille-La Manche, Estrémadure et Valence) et une au profit d’une formation régionaliste (Cantabrie), ne conservant au final que la Castille-et-León, La Rioja, Madrid et la Murcie. Vous trouverez les résultats détaillés de ces élections dans une série d’articles spécifiques:

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