Élections européennes de 2019

Les prochaines élections du Parlement européen auront lieu en mai ou juin 2019. Les 500 millions d’habitants des vingt-huit pays européens sont actuellement représentés par 751 députés élus au suffrage universel selon le système proportionnel. Le nombre de députés, ou du moins leur répartition entre les pays, devrait changer puisque le Royaume-Uni a décidé par référendum, le 23 juin 2016, de sortir de l’Union européenne, une décision qui devrait être effective d’ici aux prochaines élections européennes.

Mis à jour le 03.07.2016

Système électoral

Les élections européennes se déroulent obligatoirement au système proportionnel – par liste de partis ou au scrutin à vote unique transférable – et ce quel que soit le mode de scrutin utilisé par ailleurs pour les autres élections dans les différents pays.

Les États européens bénéficient toutefois d’une certaine marge de manœuvre puisqu’ils peuvent décider eux-même de:

  • La mise en place ou non de circonscriptions électorales.
  • L’établissement d’un quorum (seuil minimum pour être représenté au parlement). Il ne doit toutefois pas dépasser 5%.
  • La méthode de répartition des sièges (plus fort reste ou plus forte moyenne).

Querelle sur les têtes de listes entre le Parlement européen et le Conseil

Lors des élections européennes de 2014, un certain consensus régnait sur le fait que la tête de liste (Spitzenkandidat) désignée par le parti politique européen remportant les élections européennes devait devenir pour ainsi dire automatiquement président de la Commission européenne. Les chefs d’États et de gouvernements, qui nomment formellement le président de la Commission européenne, s’y sont pliés en 2014, choisissant Jean-Claude Juncker, la tête de liste du Parti populaire européen (PPE, conservateur), comme nouveau président de la Commission. Cette règle donne une légitimité démocratique accrue au président de la Commission européenne.

La majorité des députés européens est attaché à cette pratique et a adopté, en novembre 2015, une proposition visant à inscrire cette règle dans la législation européenne. Pour ce faire, ils ont toutefois besoin de l’accord unanime du Conseil de l’Union européenne, représentant les gouvernements nationaux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est mal parti puisque selon des informations parues en avril 2016, les gouvernements européens veulent abolir complètement la pratique de 2014 et revenir à l’ancien système dans lequel les partis politiques européens ne désignaient pas de têtes de listes.

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Élection de 2016 à la direction du Parti conservateur britannique

David Cameron, chef du Parti conservateur et Premier ministre britannique, a annoncé sa démission le 24 juin, quelques heures après la décision des Britanniques de sortir de l’Union européenne (Brexit). Le Parti conservateur doit par conséquent choisir un nouveau leader qui deviendra automatiquement Premier ministre, puisque le parti dispose de la majorité absolue à la Chambre des Communes depuis les élections de 2015. Le nom du nouveau leader sera annoncé le 9 septembre 2016.

Système électoral pour l’élection du leader du Parti conservateur

Introduction

Le Parti conservateur britannique élit son leader dans un processus en plusieurs étapes, les parlementaires effectuant une première sélection, mais la décision finale revenant aux membres du parti. Dans un premier temps, les personnes intéressées doivent évidemment déclarer leurs candidatures. S’il y a un seul candidat, il est automatiquement déclaré élu; s’il y a deux candidats, on passe directement au vote des membres; s’il y a plus de deux candidats, les parlementaires en retiennent deux, puis ces deux noms sont soumis au vote des militants. Cinq candidats se sont déclarées pour l’élection de 2016.

Vote des parlementaires

Si plus de deux candidats se sont déclarés, les parlementaires conservateurs de la Chambre des Communes sont chargés de sélectionner les deux candidats qui seront soumis aux membres du Parti conservateur.

Le vote se déroule en plusieurs tours de scrutin. A chaque tour de scrutin, le candidat qui obtient le moins de voix est éliminé, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que deux noms. Si les candidatures sont nombreuses, le processus peut prendre du temps puisque les députés ne procèdent qu’à un seul tour de scrutin par jour et que ces scrutins n’ont lieu que les mardis et les jeudis.

Vote des membres

Les membres du Parti conservateur peuvent ensuite choisir entre les deux candidats sélectionnés par les parlementaires britanniques. Seuls peuvent voter les personnes qui ont été membres du parti depuis au moins trois mois avant l’annonce de l’élection. Le vote se déroule par correspondance.

Calendrier de l’élection de 2016 à la direction du Parti conservateur

  • 24.06.2016: David Cameron annonce sa démission.
  • 30.06.2016: Dépôt des candidatures.
  • 05.07.2016: Premier tour de scrutin des parlementaires.
  • 07.07.2016: Deuxième tour de scrutin des parlementaires.
  • 12.07.2016: Troisième tour de scrutin des parlementaires.
  • 08.09.2016: Vote des membres du parti.
  • 09.09.2016: Annonce des résultats.

Candidats

Cinq personnes ont déposé leurs candidatures pour la présidence du Parti conservateur. Parmi ces cinq, deux font figure de favoris: Michael Gove et Theresa May. Boris Johnson, ancien maire de Londres et l’un des leaders des partisans de la sortie de l’Union européenne, a renoncé à se présenter après l’annonce de la candidature de Michael Gove.

Liste des candidats:

  • Stephen Crabb, député depuis 2005, Ministre du travail et des retraites, favorable au maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne.
  • Liam Fox, député depuis 1992, Ministre de la défense, favorable à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
  • Michael Gove, député depuis 2005, Ministre de la justice, favorable à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
  • Andrea Leadsome, députée depuis 2005, Ministre de l’énergie et du changement climatique, favorable à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
  • Theresa May, députée depuis 1997, Ministre de l’Intérieur, favorable au maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne.

La position par rapport à l’Union européenne est celle que les candidats ont défendue lors du référendum du 23 juin 2016. Tant les partisans que les opposants au Brexit ne se sont pas moins engagés à respecter la décision populaire et à conduire les négociations de sortie de l’UE.

Résultats

Groupe parlementaire

Lors du 1er tour de scrutin qui s’est tenu le 5 juillet, Theresa May a obtenu le plus de voix, suivie par Andrea Leadsome, Michael Gove, Stephen Crabb et Liam Fox. Ce dernier est donc éliminé. Stephen Crabb a lui aussi annoncé qu’il se retirait. Tous deux soutiennent désormais Theresa May.

Il reste donc trois candidats: May, Leadsome et Gove. Celui qui terminera troisième lors du deuxième tour de scrutin jeudi 7 juillet sera éliminé et les deux autres seront départagés par les membres du Parti conservateur qui pourront voter jusqu’au 8 septembre.

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Élections d’octobre 2014 en Europe

Électoralement parlant, le mois d’octobre s’annonce chargé en Europe puisque des élections législatives auront lieu dans pas moins de quatre pays. Les élections législatives ukrainiennes du 26 octobre seront sans aucun doute celles qui retiendront le plus l’attention dans les médias occidentaux. A ces quatre élections législatives s’ajouteront des élections régionales dans différents pays, ainsi qu’une élection présidentielle en Bosnie-Herzégovine.

La série d’élections législatives commence dès demain avec des élections législatives en Lettonie. La crise en Ukraine a évidemment réveillé des peurs dans un pays qui compte une très importe minorité russophone. Le Centre de l’Harmonie – une coalition regroupant plusieurs partis représentant cette minorité – avait remporté les élections législatives d’il y a trois ans, mais n’avait pas pu former de coalition gouvernementale, faute de partenaires.

La Bulgarie suit dimanche. Les élections bulgares interviennent à peine plus d’une année après les dernières. Les conservateurs de l’ancien Premier ministre Boïko Borissov devraient remporter ces élections, mais ils ne sont pas sûrs d’obtenir une majorité au parlement. L’instabilité politique pourrait donc se prolonger…

Le 12 octobre, ce sont les citoyens de Bosnie-Herzégovine qui se rendront aux urnes pour des élections générales. En plus du parlement du pays, ils renouvelleront en effet également la présidence – qui compte trois membres – ainsi que les parlements régionaux de la République serbe de Bosnie et de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine.

Le 26 octobre, finalement, des élections législatives anticipées auront lieu en Ukraine. Le parlement ukrainien a été dissout fin août, après que les députés ont refusé de reconnaître les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk comme des organisations terroristes, suscitant la colère du président Porochenko. Le parlement actuel, élu en 2012, compte toujours de nombreux membres du Parti des régions, le parti de l’ancien Président Viktor Ianoukovytch. Les sondages prédisent une victoire pour le Bloc Porochenko – nouvellement constitué – ainsi qu’une forte abstention dans le sud et l’est du pays, régions comptant une importante population russophone.

Outre ces nombreuses élections législatives, le mois d’octobre verra également le renouvellement d’une partie du Sénat de la République tchèque, des élections régionales dans le canton de Zoug en Suisse et sur l’île de Jersey et, enfin, des élections locales en Hongrie et en Slovénie.

Nouveau sur Élections en Europe

Plusieurs articles de fond décrivant les systèmes politiques de différents pays européens ont été publiés en septembre sur Élections en Europe:

Elections législatives de 2014 en Lettonie – Aperçu

Des élections législatives auront lieu le 4 octobre 2014 en Lettonie. Ces élections interviennent trois ans après les élections législatives anticipées de 2011, en raison d’une clause spécifique à la Lettonie: les législatures résultant d’élections législatives anticipées ne durent que trois ans, contre quatre pour les autres. Si l’on en croit les résultats des élections européennes de ce printemps, le parti conservateur Unité de la Première ministre Laimdota Straujuma a de bonnes chances d’arriver en tête de ces élections.

Les résultats sont ici

La Lettonie est celui des trois États baltes dont le paysage politique est le plus polarisé entre les Lettons « de souche » et l’importante minorité russophone vivant dans le pays. En février 2012, les Lettons ont par exemple refusé de faire du russe la deuxième langue officielle du pays. Les russophones votent presque exclusivement pour des partis politiques représentant leurs intérêts et plutôt ancrés à gauche, tels que le Centre de l’Harmonie, tandis que les lettonophones votent presque exclusivement pour des partis politiques ancrés à droite, la gauche étant associée avec l’occupation soviétique.

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Pourcentage de Russophones par communes (source: Wikipedia).

A ce clivage linguistique s’ajoute un climat économique difficile, la Lettonie ayant été violemment frappée par la crise économique de 2008, année au cours de laquelle le PIB letton a reculé de 17.7%. La situation économique s’est considérablement améliorée depuis lors, le pays étant à nouveau en croissance depuis 2011, mais le chômage reste relativement haut avec un taux de 11.5%.

Système électoral letton

Le parlement letton, la Saeima, compte 100 députés élus pour quatre ans au suffrage universel. L’élection se déroule dans cinq grandes circonscriptions, selon le système proportionnel (méthode de Sainte-Lagüe). Les électeurs ont la possibilité d’exprimer une préférence pour certains candidats de la liste qu’ils ont choisie, ou au contraire de tracer certains candidats. Un quorum est fixé à 5% au niveau national, empêchant les partis qui obtiennent un score moindre d’obtenir des élus. La loi lettonne ne prévoit par ailleurs pas la possibilité de se présenter en tant qu’indépendant. Il s’agit d’un parlement unicaméral.

Retour sur élections lettones de 2011

Le Centre de l’Harmonie, un parti politique de gauche représentant les intérêts de l’importante minorité russe du pays, était arrivé en tête des élections, mais les quatre autre partis politiques représentés au parlement avaient formé une coalition gouvernementale sans le Centre de l’Harmonie.

Résultats détaillés des élections de 2011

  • Centre de l’Harmonie (socialiste, minorité russophone), 28.8% des voix (+2.8%), 31 sièges (+2).
  • Parti réformateur de Zatlers (centre-droite), 20.6% des voix (+20.6%), 22 sièges (+22).
  • Unité (conservateur), 18.5% des voix (-12.7%), 19 sièges (-14).
  • Alliance nationale (nationaliste), 13.6% des voix (+5.9%), 14 sièges (+6).
  • Union des Verts et des Paysans (écologistes et agrariens), 12.3% des voix (-7.4%), 13 sièges (-9).
  • Pour une bonne Lettonie! (conservateur), 2.4% des voix (-5.2%), 0 siège (-8).

Forces en présence

Unité, le parti de la Premier ministre Laimdota Straujuma semble bien placé pour remporter ces élections, d’autant plus qu’il a formé une alliance électorale avec le Parti de la réforme – ancien Parti réformateur de Zatlers. Unité est un parti politique conservateur, membre du Parti populaire européen, fondé en 2010 par plusieurs anciens partis politiques lettons pour faire contrepoids au Centre de l’Harmonie. Il est à l’origine d’une sévère politique d’austérité mise en place après la catastrophique crise économique de 2010. Valdis Dombrovskis, le politicien qui avait amené Unité au pouvoir, a démissionné en novembre 2013 après l’effondrement d’un toit à Riga, accident qui avait fait 54 morts et 41 blessés. Laimdota Straujuma, jusque-là Ministre de l’agriculture, lui a succédé.

Le Centre de l’Harmonie, qui est l’autre force politique qui pourrait arriver en tête le 4 octobre, est une alliance composée de partis politiques de gauche et défendant les intérêts de l’importante minorité russophone du pays. Selon le recensement de 2011, 26.9% de la population est d’origine russe. Les fiefs du Centre de l’Harmonie se situent là où la minorité russophone est la plus importante, à savoir à Riga, la capitale, ainsi que dans l’est du pays. En raison du lourd passé du pays, aucun gouvernement n’a jamais inclus de parti politique représentant la minorité russe.

L’Alliance Nationale est un parti politique fondé en 2010 par la fusion de deux partis politiques nationalistes. Le parti est violemment anti-russe et demande des lois plus sévères concernant la naturalisation de la partie de la minorité russophone qui ne dispose pas encore de passeport letton. Bien que quelque peu eurosceptique, l’Alliance Nationale préfère l’Union européenne et l’OTAN à la Russie, ce qui la conduit à être moins europhobe que beaucoup d’autres partis politiques européens. Au Parlement européen, l’Alliance Nationale siège au sein de l’Alliance des conservateurs et réformistes européen (AECR), la parti eurosceptique de David Cameron.

L’Union des Verts et des Paysans (ZZS) est une alliance comprenant Les Verts et l’Union des paysans de Lettonie. Considéré comme un parti populiste dominé par les oligarques, l’Union des Verts et des Paysans a été exclue du gouvernement de Dombrovskis après les élections de 2011. Straujuma les a toutefois intégré dans son gouvernement à la fin de l’année 2013. Aivars Lembergs, l’un des hommes les plus riches de Lettonie et membre du ZZS, détient la mairie de Ventspils, sixième ville du pays et important port sur la Baltique, depuis 1988.

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Retour sur la composition actuelle du Sénat

A quelques jours des élections sénatoriales en France, nous avons jugé utile de revenir sur la composition actuelle du Sénat. Le Sénat issu des élections de 2011 a ceci d’historique qu’il a, pour la première fois de son histoire, eu une (courte) majorité de gauche, et ce même si le groupe UMP compte deux députés de plus que le groupe socialiste. Au vu du succès de la droite lors des élections communales de ce printemps, il y a toutefois fort à parier que cela n’aura été qu’une brève parenthèse dans l’histoire de la chambre haute et que la droite reprendra la majorité ce dimanche. Pour rappel, le Sénat est élu de manière indirecte et seule la moitié des sièges sera renouvelée ce week-end. N’hésitez d’ailleurs pas à consulter notre mode d’emploi sur les élections sénatoriales.

Composition du Sénat pendant la période 2011-2014

Le graphique ci-dessous présente la composition du Sénat français pendant la période 2011-2014:

composition-senat-france-2011-2014Le Groupe communiste, républicain et citoyen compte 21 sénateurs, le Groupe socialiste et apparentés 128, le Groupe écologiste 10, le Groupe du Rassemblement démocratique et social européen 19 (social-libéral), le Groupe de l’Union des démocrates et indépendants (UDI, centriste) 31, le Groupe de l’Union pour un mouvement populaire (UMP, conservateur) 130. Enfin, cinq sénateurs n’appartiennent à aucun groupe et quatre sièges sont vacants. Europe Écologie Les Verts est le seul groupe qui ne peut pas perdre dimanche puisque l’ensemble de ses dix sièges seront renouvelés dans trois ans.

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