Histoire politique de la Croatie

La Croatie a longtemps été divisée entre plusieurs pays, l’Empire des Habsbourg et l’Empire ottoman notamment. Lors du Congrès de Vienne qui s’est tenu en 1815 après la défaite de Napoléon, la Croatie a été entièrement intégrée à l’Empire austro-hongrois.

En 1918, après le démantèlement de l’Empire austro-hongrois, la Croatie fusionne avec d’autres parties de l’Empire austro-hongrois (Slovénie et Bosnie-Herzégovine actuelles) ainsi qu’avec la Serbie et le Monténégro pour former la Yougoslavie. En 1941, les troupes de l’Axe occupent la Yougoslavie et créent un État indépendant de Croatie (Nezavisna Drzava Hrvatska, NDH), en fait un État fantoche de l’Allemagne nazie, dirigé par les Oustachis, un mouvement fasciste croate.

Après la guerre, les communistes de Tito prennent le pouvoir en Yougoslavie et la Croatie devient l’une des républiques populaires membres de la République fédérative socialiste de Yougoslavie. La Croatie a bénéficié d’un niveau assez important d’autonomie dans ce cadre. Pendant les années 1980, les élites communistes se déchirent sur l’organisation de la Yougoslavie, les communistes serbes demandant une centralisation accrue tandis que slovènes et croates soutiennent la création d’une Confédération. On assiste ainsi à une nationalisation des élites communistes.

En 1989, le Congrès de la Ligue communiste de Croatie décide l’organisation d’élections libres qui ont lieu au printemps 1990. Ces élections sont remportées par l’Union démocrate croate (HDZ, conservatrice) et une transition pacifique du pouvoir a lieu avec les communistes. Une nouvelle Constitution, adoptée dès le mois de décembre 1990, instaure un système semi-présidentiel, le président disposant de vastes pouvoirs, notamment dans le domaine de la sécurité. Franco Tudjman, président de la HDZ, devient président de la Croatie en 1990 et le restera jusqu’à sa mort en 1999.

Peu après l’arrivée au pouvoir de la HDZ, la Croatie doit faire face à une insurrection de l’importante minorité serbe – qui représente alors 12% de la population – soutenue par l’Armée populaire yougoslave. La guerre se poursuit pendant quatre ans après une défaite militaire serbe.

L’indépendance de la Croatie est décidée par référendum en mai 1991, avant d’être proclamée par le parlement en juin de la même année. Le 15 janvier 1992, les États membres de l’Union européenne la reconnaissent.

En 1995, la HDZ, dont la popularité est renforcée par la victoire militaire sur la Serbie, remporté une large victoire, mais est finalement défaite en janvier 2000 après la mort de Tudjman. La HDZ perd également la présidence du pays un mois plus tard. L’alternance politique conduit à de profondes réformes constitutionnelles (en 2000 et 2001) qui transforment le régime semi-présidentiel en un régime parlementaire. Le président perd donc une grande partie de ses prérogatives, tandis que la chambre haute du parlement est supprimée.

En 2005, la Croatie – qui est à nouveau dirigée par la HDZ depuis la victoire de cette dernière aux élections de 2003 – entame des négociations d’adhésion à l’Union européenne. La HDZ elle-même se réforme et perd le côté autoritaire qui l’a caractérisée pendant le règne de Franco Tudjman.

En juillet 2013, la Croatie devient le 28ème État membre de l’Union européenne, et la seconde ancienne république yougoslave à le faire après la Slovénie.

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