Histoire politique de l’Ukraine

L’Ukraine n’existe en tant qu’État indépendant que depuis la proclamation de son indépendance vis-à-vis de l’Union soviétique en 1991. Une république ukrainienne a certes été proclamée en 1919, mais son existence n’a été qu’éphémère. Une république socialiste soviétique ukraienne a ensuite été formée au sein de l’URSS. Son territoire a été agrandi à plusieurs reprises. Pendant la Seconde guerre mondiale, l’Ukraine a en effet reçu la Transcarpathie tchécoslovaque, la Galicie et la Volhynie polonaises et le nord de la Bukovine roumaine. En 1954, Nikita Khrouchtchev, lui-même d’origine ukrainienne, cède la péninsule de Crimée à l’Ukraine pour célébrer les 300 ans de l’union de la Russieet de l’Ukraine. La période soviétique a également été marquée par une russification de l’Ukraine, que ce soit en raison des nombreux immigrés russes qui sont venus s’y installer ou du fait que la langue russe a été adoptée par de nombreux Ukrainiens.

Des élections législatives au parlement ukrainien, la Verkhovna Rada, sont organisées en mars 1990, avant la proclamation de l’indépendance du pays. Organisées régulièrement depuis lors, elles n’ont jamais vu un parti politique obtenir la majorité absolue des sièges.

En août 1991, l’Ukraine déclare son indépendance à l’occasion de l’effondrement de l’Union soviétique. Un référendum, organisé sur cette question en décembre de la même année, est approuvé par environ 90% des votants. Tous les comtés ukrainiens ont alors dit oui, même si la Crimée, majoritairement russophone, ne l’a approuvé qu’à 54% des voix.

La première élection présidentielle ukrainienne, organisée elle aussi en décembre 1991, voit la victoire de Leonid Kravtchouk, ancien secrétaire du Parti communiste ukrainien. Il ne reste en poste que jusqu’en 1994, année où il doit céder son poste à Leonid Koutchma, un industriel, qui sera réélu en 1999.

En 1996, l’Ukraine remplace enfin sa Constitution, qui datait de l’époque soviétique. Cette constitution établit un régime semi-présidentiel, prévoyant un parlement unicaméral et une cour constitutionnelle. En avril 2000, le président Leonid Koutchma organise une série de référendums constitutionnels visant à renforcer ses pouvoirs. La population accepte ces modifications, mais le parlement refuse de les faire entrer en vigueur, alléguant des vices de forme. En 2004, le Parlement décide au contraire de renforcer les pouvoirs du Premier ministre et du parlement et de prolonger la durée des législatures de quatre à cinq ans. Ces changements entrent en vigueur en 2006.

En 2004, Leonid Koutchma renonce à se représenter pour un troisième mandat. L’élection présidentielle oppose Viktor Iouchtchenko, considéré comme pro-occidental, à Viktor Ianoukovytch, soutenu par Koutchma et par la Russie. Ianoukovytch remporte de justesse le second tour de l’élection présidentielle, mais des manifestations massives éclatent à Kiev et dans d’autres villes, provoquant l’annulation du résultat de la présidentielle. Cette dernière est répétée et Iouchtchenko l’emporte finalement. C’est ce qu’on a appelé la Révolution orange.

Les élections législatives de 2006 amènent toutefois le Parti des régions de Ianoukovytch, le Parti communiste et le Parti socialiste au gouvernement. Ianoukovytch redevient Premier ministre. Une année plus tard, le Président Iouchtchenko dissout le parlement et convoque de nouvelles élections législatives, permettant à Ioulia Tymochenko, une politicienne pro-occidentale, de devenir cheffe du gouvernement.

L’élection présidentielle de 2010 est marquée par la profonde division des « révolutionnaires » de 2004, tant le président sortant Iouchtchenko que la Première ministre Tymochenko se portant candidats. Iouchtchenko obtient un score misérable et c’est Ianoukovytch qui devient Président au terme du second tour qui l’oppose à Ioulia Tymochenko.

Le mandat présidentiel de Ianoukovytch est marqué par un rapprochement avec la Russie, symbolisé notamment par l’extension en 2010 du bail de la base navale russe en Crimée de vingt-cinq ans et par le renoncement à un accord d’association à l’Union européenne en 2013. Ianoukovytch est également régulièrement accusé de corruption et d’autoritarisme, l’emprisonnement de sa rivale Ioulia Tymochenko en devenant le principal symbole aux yeux de l’Occident.

A la fin du mois de février 2014, suite à des mois de manifestations, puis à des affrontements entre la police et les manifestants qui font environ 80 morts, le président Ianoukovytch est destitué par le parlement. Une élection présidentielle anticipée est convoquée pour le 25 mai et est remportée largement par Petro Porochenko. La Crimée a, elle voté sa sécession et son rattachement à la Fédération de Russie.

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