Histoire politique du Royaume-Uni

Des origines à 1945

La tradition parlementaire est extrêmement ancienne en Angleterre puisque le parlementbicaméral – qui comprend Chambre des communes et Chambre des Lords – remonte au quatorzième siècle. Les membres du parlement représentent au début la seule Angleterre, avant que le Pays de Galles ne soit incorporé au début du seizième siècle, puis l’Écosse en 1707. Des représentants irlandais siègent au parlement britannique depuis 1801, d’abord en provenance de toute l’Irlande, puis de la seule Irlande du Nord après 1921.

Le parlement britannique est à l’origine un organe consultatif pour le roi, puis obtient des compétences en matière fiscale. Il deviendra progressivement un parlement avec toutes les compétences du pouvoir législatif dans une démocratie.

En 1832, le Reform Act abolit les circonscriptions qui pouvaient être achetées et crée des circonscriptions pour représentant des villes de plus en plus peuplées. Le système majoritaire à un tour (first past the top) est déjà en vigueur, mais certaines circonscriptions comptent deux sièges. Comme ailleurs en Europe, seuls les plus riches peuvent alors voter. Par ailleurs, jusqu’en 1883 au moins un quart des élections ont lieu de manière tacite, faute de concurrence entre plusieurs candidats.

Au milieu du dix-neuvième siècle, conservateurs et libéraux commencent à se rassembler en groupes distincts au sein du parlement et à organiser la nomination des candidats pour les élections législatives. Le vote secret est introduit en 1872, tandis que les seuils de richesse à partir desquels des individus (masculins, évidemment) peuvent voter sont abaissés en 1867 et en 1884. A partir de cette année-là, la majorité des hommes adultes ont le droit de vote.

Avec le Parliament Act de 1911, la Chambre des Communes devient la chambre qui peut trancher en cas de désaccord entre les deux chambres du parlement, prenant ainsi la prééminence sur une Chambre des Lords sans légitimité démocratique. En 1918, le suffrage universel est introduit. En 1922, le Parti travailliste (Labour), fondé en 1900, devance pour la première fois le Parti officiel et constitue ainsi l’opposition officielle au Parti conservateur.

Le consensus d’après-guerre

En 1940, Winston Churchill crée un gouvernement d’union nationale regroupant conservateurs, libéraux et travaillistes. L’État-providence commence à ce développer dans le cadre de ce gouvernement, notamment avec la publication du Rapport Beveridge ou l’adoption de la Butler Education Act. En 1945, le Parti travailliste remporte pour la première fois les élections législatives, procède à de nombreuses nationalisations et établit le Service national de santé (National Health Service, NHS). Les gouvernements conservateurs qui se succèdent ensuite entre 1951 et 1964 ne remettent pas en cause l’État providence mis en place au cours des années précédentes.

Dans les années 1960, le système britannique commence à être critiqué. Les travaillistes remportent les élections de 1964, sans toutefois mettre en œuvre de grandes réformes. Les conservateurs reviennent au pouvoir entre 1970 et 1974 et votent l’adhésion à l’Union européenne, à laquelle les travaillistes étaient alors opposés (oui, les fronts étaient complètement inverses à ceux d’aujourd’hui).

En 1974, le Parti travailliste revient au pouvoir. Trois ans plus tard, le gouvernement travailliste doit avoir recours à un prêt du Fonds monétaire international (FMI) et doit abandonner les politiques keynésiennes mises en œuvre jusque-là tant par les conservateurs que par les travaillistes.

Margaret Thatcher et la révolution conservatrice…

Margaret Thatcher remporte les élections législatives de 1979, devenant la première femme à diriger le gouvernement d’un grand pays européen et engage de profondes réformes économiques. Les conservateurs remportent trois élections successives, sans toutefois obtenir jamais plus de 43% des voix, notamment grâce aux divisions du Parti travailliste. Ce dernier a en effet glissé à gauche, tandis qu’un Parti social-démocrate (SDP), plus centriste, est fondé en 1981 par d’anciens ministres travaillistes.

En 1990, Margaret Thatcher est poussée à la démission par les parlementaires conservateurs et John Major devient Premier ministre. Il remporte les élections législatives de 1992, mais l’effondrement de la Livre Sterling une année plus tard le rend extrêmement impopulaire. En 1997, les travaillistes, qui ont effectué un recentrage sous la houlette de Tony Blair, reviennent au pouvoir après une traversée du désert qui aura duré près de vingt ans. Les travaillistes restent au pouvoir jusqu’en 2010, année au cours de laquelle ils doivent laisser la place à un gouvernement de coalition réunissant conservateurs et libéraux-démocrates.

Le Royaume-Uni est un État unitaire au sein duquel certains pouvoirs ont été décentralisés (devolution). En Irlande du Nord, un parlement régional a été créé en 1921 et a subsisté jusqu’en 1972. Depuis lors, différents parlements ont été élus par les nord-irlandais. L’Assemblée d’Irlande du Nord actuelle a été créée en 1998. En Écosse et au Pays de Galles, des parlements régionaux ont été mis en place en 1999.

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