Élections législatives italiennes de 2013

Des élections législatives auront lieu le 25 février 2013. Le gouvernement de technocrates dirigé par Mario Monti devra alors probablement céder la place à un gouvernement plus politique, qu’il soit de gauche ou de droite. Les sondages placent depuis plusieurs mois la coalition de centre-gauche « Italie. Bien commun » en tête des intentions de vote, mais avec un score relativement bas qui ne lui garantit pas une majorité au Sénat.

Résultats des élections législatives

Système électoral italien

Les élections législatives ont lieu normalement tous les cinq ans en Italie, même s’il n’est pas rare que des élections anticipées soient convoquées. Les Italiens élisent les 630 membres de la Chambre des députés (chambre basse) et les 315 membres du Sénat (chambre haute) au système proportionnel. Le système électoral a été modifié pour la dernière fois en 2004.

Chambre des députés

Les membres de la Chambre des députés sont élus au système proportionnel dans 26 circonscriptions – les régions ou des subdivisions des plus grandes régions. Douze députés sont par ailleurs élus par les Italiens de l’étranger. Un quorum électoral existe au niveau national pour éviter un trop grand nombre de partis politiques: 10% pour les coalitions, 2% pour chaque parti politique membre d’une coalition et 4% pour chaque parti politique non membre d’une coalition. Finalement, un bonus est donné à la coalition ou au parti arrivé en tête de l’élection afin qu’il détienne au moins 340 sièges, soit la majorité absolue des sièges. Ce système est sensé assurer une certaine stabilité.

Sénat

Les membres du Sénat sont élus au système proportionnel dans les 20 régions italiennes. Six sénateurs sont par ailleurs élus par les Italiens de l’étranger. Un quorum électoral existe dans chaque région: 20% pour les coalitions, 3% pour chaque parti politique membre d’une coalition et 8% pour chaque parti politique non membre d’une coalition. Dans chaque région, le parti ou la coalition arrivé en tête reçoit automatiquement au moins 55% des sièges de la région. Là aussi, ce système est sensé assurer une certaine stabilité.

Retour sur les élections italiennes de 2008

Les élections législatives italiennes de 2008 se sont tenues après que le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi a perdu un vote de confiance au Sénat. Les élections se sont terminées par une victoire nette de la coalition de droite formée par le Peuple de la Liberté de Silvio Berlusconi, la Ligue du Nord d’Umberto Bossi et le Mouvement pour les Autonomies. Obtenant près de 47% des voix, la coalition a obtenu une confortable majorité dans les deux chambres du parlement, permettant à Silvio Berlusconi de redevenir Président du Conseil.

A gauche, les sociaux-démocrates du Parti Démocrate et les sociaux-libéraux de l’Italie des Valeurs n’ont pas démérité, mais l’extrême-gauche – pourtant historiquement forte en Italie – n’a pas obtenu le quorum et n’est depuis lors plus représentée au parlement.

Le gouvernement de Silvio Berlusconi tiendra plus de trois ans avant que, miné par les scandales, les défections toujours plus nombreuses et les difficultés financières du pays, il doive céder sa place à un gouvernement de technocrates placé sous la direction de Mario Monti.

Forces en présence

La coalition « Italie. Bien commun » emmenée par Pier Luigi Bersani, le président du Parti démocrate (PD, social-démocrate) est en tête dans tous les sondages depuis des mois. Elle comprend, outre le Parti démocrate, différentes formations de gauche et d’extrême-gauche, ainsi que le Parti populaire du Tyrol du Sud (régionaliste, conservateur) et deux ou trois petits partis centristes.

En deuxième position dans les sondages, la coalition de centre-droite emmenée par l’infatigable Silvio Berlusconi, qui avait pourtant annoncé qu’il ne jouerait pas ce rôle-là il y a quelques mois. Cette coalition comprend le Peuple de la liberté (PdL, conservateur) de Silvio Berlusconi, la Ligue du Nord (droite populiste), le Parti des retraités et différents partis politiques de droite et d’extrême-droite.

Signe de la faiblesse des partis politiques italiens traditionnels, ce n’est pas une formation traditionnelle qui occupe la troisième place dans les sondages, mais le Mouvement 5 étoiles de l’humoriste Beppe Grillo. Ce parti, au programme relativement flou, a remporté d’importants succès aux élections locales du début de l’année 2012, conquérant notamment la mairie de Parme. Il est régulièrement crédité de scores allant de dix à quinze pour-cents des voix.

En quatrième position seulement vient la coalition Avec Monti pour l’Italie, une coalition centriste regroupant l’Union du Centre (UDC, démocrate-chrétien), le parti Futur et Liberté (conservateur) de Gianfranco Fini et le Choix civique, parti politique fondé en janvier 2013 par Mario Monti lui-même.

Enfin, en cinquième position, créditée d’environ cinq pour-cents des intentions de vote, la Révolution civile. Cette liste unitaire comprend les sociaux-libéraux de l’Italie des Valeurs (IdV), ainsi que le Parti des communistes italiens, le Mouvement orange (social-démocrate), le Parti de la refondation communiste et les Verts.

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