Dossier sur les élections cantonales de 2013 en Valais

Les élections cantonales valaisannes de 2013 auront lieu le 3 mars prochain. Les citoyens du canton du Valais, situé au sud de la Suisse, sont appelés aux urnes pour élire les cinq membres de leur gouvernement – nommé Conseil d’État – et les 130 députés au Grand Conseil, le parlement cantonal. Le Parti démocrate-chrétien (PDC) détient la majorité absolue tant au Conseil d’État qu’au Grand Conseil, et ce depuis la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. L’un des grands enjeux de ces élections et de savoir si le PDC parviendra à conserver sa majorité absolue au Grand Conseil, beaucoup d’analyste prédisant que ce ne sera plus le cas.

Résultats des élections cantonales de 2013 en Valais!

Elections du Conseil d’Etat valaisan

Système électoral

Le Conseil d’État valaisan est le gouvernement du canton du Valais. Il est composé de cinq membres qui sont élus pour une durée de quatre ans au système majoritaire à deux tours. Les candidats qui obtiennent la majorité absolue des voix au premier tour sont élus directement. Les autres doivent participer au second tour où les premiers arrivés obtiennent les sièges restés vacants à l’issue du premier tour.

Afin de préserver les équilibres régionaux dans ce canton bilingue, les sièges au Conseil d’État ne peuvent pas être attribués n’importe comment. Un siège est réservé pour le Bas-Valais (districts de Martigny, Entremont, St-Maurice et Monthey), un pour le Valais central (districts de Sierre, Sion, Hérens et Conthey) et un pour le Haut-Valais (districts de Conches, Brigue, Viège, Rarogne et Loèche). Les deux autres sièges sont élus par les électeurs de tout le canton. Toutefois, il ne peut y avoir plus d’un Conseiller d’État par district.

Législature 2009-2013

Le Conseil d’État a été formé, pendant la législature 2009-2013, par trois membres du Parti démocrate-chrétien (PDC), un membre du Parti libéral-radical (PLR, libéral) et une représentante du Parti socialiste (PSS, social-démocrate). Les trois démocrate-chrétiens Jean-Michel Cina, Jacques Melly et Maurice Tornay ainsi que la socialiste Esther Waeber Kalbermatten se représentent, tandis que le libéral-radical Claude Roch a renoncé à briguer un nouveau mandat.

Candidats au Conseil d’État valaisan

Sept candidats se présentent pour l’élection du Conseil d’État valaisan. Le PDC, le PLR et le PSS présentent le même nombre de candidats qu’ils avaient de sièges pendant la législature 2009-2013, à savoir trois, un et un, tandis que l’UDC (droite populiste) et les Verts présentent chacun un candidat:

  • Jean-Michel Cina, PDC, sortant.
  • Christophe Clivaz, Les Verts.
  • Oskar Freysinger, UDC.
  • Jacques Melly, PDC, sortant.
  • Maurice Tornay, PDC, sortant.
  • Christian Varone, PLR.
  • Esther Waeber Kalbermatten, PSS, sortant.

Elections du Grand Conseil valaisan

Système électoral

Le Grand Conseil est composé de 130 députés élus par le peuple selon le système de la représentation proportionnelle. Les quatorze districts du canton du Valais – Brigue, Conches, Conthey, Entremont, Hérens, Loèche, Martigny, Monthey, Rarogne occidental, Rarogne oriental, Saint-Maurice, Sierre, Sion et Vièges – forment les circonscriptions électorales.

Un quorum électoral est fixé à 8%, ce qui est relativement élevé en comparaison européenne. De plus, au vu du grand nombre de districts, beaucoup de circonscriptions électorales ne comptent que très peu de députés. Les partis politiques doivent donc obtenir des score très élevés pour obtenir un siège dans la plupart des districts, ce qui favorise les grands partis et, notamment, le Parti démocrate-chrétien.

Les listes ne sont pas bloquées et les électeurs peuvent donc tracer des candidats, ajouter des candidats d’autres listes ou prendre une liste sans dénomination et ajouter les candidats qui leur conviennent.

Législature 2009-2013

Le Parti démocrate-chrétien (PDC) a obtenu la majorité des sièges au Parlement pendant la législature 2009-2013. Les résultats détaillés des élections cantonales valaisannes de 2009 étaient les suivants:

  • Parti démocrate-chrétien (PDC), 68 sièges (-5).
  • Parti libéral-radical (PLR, libéral), 28 sièges (-2).
  • Parti socialiste suisse (PSS, social-démocrate), 18 sièges (-).
  • Union démocratique du centre (UDC, droite populiste), 12 sièges (+6).
  • Les Verts, 2 sièges (-).
  • Parti chrétien-social (PCS, démocrate-chrétien, centre-gauche), 2 sièges (+1).

Candidats au Grand Conseil valaisan en 2013

Les partis politiques représentés au Grand Conseil pendant la législature 2009-2013, à savoir le Parti démocrate-chrétien (PDC), le Parti libéral-radical (PLR, libéral), le Parti socialiste (PSS, social-démocrate), l’UDC (droite populiste), les Verts et le Parti chrétien-social (PCS, démocrate-chrétien de centre-gauche), présentent tous des candidats en 2013. Une liste Entremont Autrement présente par ailleurs des candidats dans le district d’Entremont.

sources

  • Constitution du canton du Valais du 8 mars 1907.
  • Loi sur les droits politiques du 13 mai 2004.

Voir aussi

10 réflexions au sujet de « Dossier sur les élections cantonales de 2013 en Valais »

  1. Je trouve quand même étonnant cette constance à mettre systématiquement: « (droite populiste) » après le terme UDC. Il faudrait alors, pour être cohérent, rajouter également « gauche » après le PSS, « centre-mou » après le PDC et « centre ultra-libéral » après le PLR. Cette remarque dénote une estimation incorrecte du positionnement des partis, ou une mauvaise information, ou encore, une mauvaise foi ! De plus, le terme « populiste » est sans fondement dans ce cas et pourrait s’attribuer à tous les partis. Le populisme étant la politique de mise en oeuvre de mesures populaires visant à s’attirer la sympathie du peuple….

  2. Merci pour votre commentaire.

    Si vous regardez un petit peu plus haut dans l’article, dans le paragraphe Législature 2009-2013, vous verrez que le PLR et le PSS sont eux aussi dotés d’un qualificatif. Ce qualificatif n’est évidemment pas répété dans la suite de l’article. Cet état de fait reflète la logique générale qui est suivie sur Elections en Europe, même si vous trouverez certainement un endroit ou un autre sur le site Internet où cela pourrait être corrigé ou précisé. La mention de la tendance politique des partis est d’autant plus importante pour les partis où le nom lui-même peut se relever trompeur pour quelqu’un qui ne connaîtrait pas le paysage politique local. L’UDC n’est pas un parti politique centriste, de même que le Parti social-démocrate portugais n’est pas un parti politique social-démocrate. Moins de surprise possible pour le parti socialiste ou le parti démocrate-chrétien…

    Le terme de droite populiste est, à ma connaissance, largement utilisé pour décrire l’UDC et d’autres partis politiques similaires en Europe, y compris dans la littérature scientifique. Cet terme a par exemple été utilisé par le FNS (http://www.swissinfo.ch/fre/archive/LUDC,_heritiere_dune_vieille_tradition_xenophobe.html?cid=6220254). Ce terme n’est d’ailleurs pas péjoratif.

  3. Qu’un terme soit largement utilisé ou non n’en donne pas une légitimité certaine. Son association systématique est d’ailleurs le fruit des médias (tous bien à droite comme vous le savez). Quant à la description du nom non correspondante à la réalité, elle provient du fait que le centre-droit historique (PDC par ex) a glissé à gauche sous la gouvernance de certains présidents et par son souci tout particulier et unique à sauvegarder ses sièges. Pour ne pas se voir déplacé, il change la qualification des autres. Cela étant rapidement et presque automatiquement suivi par ces mêmes médias qui qualifient d’extrême tout ce qui ne va pas dans leur propre direction, que ce soit à gauche (très rarement) ou à droite. Ne dit-on pas que le fait de se déterminer au centre, laisse aux autres le soin de nous situer!

    Mais ce n’était pas tant les qualificatifs ajoutés à ce parti qui m’ont interpellé, mais bien leur répétition systématique. Cela pourrait donc se faire avec le PS (gauche libérale, par ex) qui n’a de social plus que le nom, ni du PDC qui ne représente plus rien de chrétien!

    Le choix de votre référence d’ailleurs donne le ton.

  4. Bonjour,
    est-ce qu’un Valaisan, un Suisse, le rédacteur ou quelqu’un d’autre de bien informé peut me préciser combien de voix les Valaisans ont droit au scrutin majoritaire plurinominal pourvoyant à l’élection de leur gouvernement cantonal (le Conseil d’État) ?

    J’ai compté pour ce scrutin 281’520 voix pour 135’739 bulletins valables. Cela fait une proportion de 2,07 voix par bulletin.

    Cela voudrait-il dire que parmi les 7 candidats les Valaisans sont libres de voter pour autant de gens qu’ils veulent ? Et que ce ne sont que les considérations partisanes qui ont lourdement réduit leur choix ? Nous aurions donc, dans le cadre d’un « scrutin majoritaire », un vote par approbation qui reviendrait à demander oui ou non pour chaque nom, et les plus approuvés de l’emporter !

    Ou alors il s’agit d’un scrutin majoritaire plurinominal limité, mais à combien de voix alors : 3 ?

    En vous remerciant (et désolé du double-post).

  5. Les Valaisans disposaient de cinq voix et étaient libres d’élire des personnalités de différents partis politiques ou de n’utiliser qu’une partie de ces voix..

    On peut imaginer que beaucoup d’électeurs de gauche ont voté uniquement pour les candidats socialiste et vert, voir un seul des deux; beaucoup d’électeurs UDC ont probablement voté uniquement pour leur candidat; beaucoup d’électeurs PLR ont fait de même et beaucoup de PDC ont voté pour les trois leurs…

    On peut aussi imaginer que les réflexes régionalistes ont marché… Par exemple que les Hauts-Valaisans (germanophones) ont voté pour les deux (ou trois en comptant Freysinger) germanophones afin de sauver leurs deux sièges.

    Mais ce sont uniquement des intuitions. Je n’ai pas connaissance d’une enquête plus détaillée.

  6. Pour le scrutin majoritaire, il est possible de mettre sur un bulletin de vote au maximum un nombre de noms équivalent aux postes à pourvoir. En l’occurrence pour l’élection au conseil d’Etat, le nombre est de cinq. Par contre, comme l’élection est majoritaire (majorité absolue au premier tour, la moitié plus un, et relative au deuxième tour, le plus de voix) il n’est pas courant de mettre les candidats de plusieurs partis sur un bulletin, surtout au 2e tour. Par exemple, les PDC, comme aucun de leurs candidats n’a obtenu la majorité absolue au 1er tour, personne n’est certain de passer au 2e. Il faut donc une plus grande discipline de vote de la part de l’électorat. C’est pour cela que l’on peut quasiment exclure des reports de voix du PDC ou du PLR vers l’UDC et les socialistes. Mais, ont encore joué un rôle aussi, la représentation régionale (francophone et germanophone) du canton. Ainsi, au 2e tour, les votes des haut-valaisans s’est reportée de manière massive vers la candidate socialiste (leur 2e siège et la candidate la plus menacée après le 1er tour). Le vote des femmes a également eu son importance quoique de manière très limitée. En effet, les femmes PLR ou PDC ne reconnaissant pas forcément dans une femme de gauche. Par contre, report des voix des Verts, il y a eu puisque ceux-ci n’étaient pas présents au 2e tour. Pour Freysinger, on peut écarter le vote régional puisqu’il a été élu aussi bien dans le haut que dans le bas du canton. Il n’est pas d’explication politique cohérente habituelle pour ce score. Un fort désir de changement des valaisans et un certain ras-le-bol de la politique des copains a conduit à ce résultat. De même, il est certain que sa personnalité franche et directe ait amené un bon nombre de citoyens à voter pour lui. Quoi qu’il en soit, les résultats ont été un gros coup de tonnerre dans le ciel politique. Le PDC, ultra-majoritaire jusque là, voit ses trois candidats arriver en queue de classement, derrière la socialiste et loin derrière l’UDC. Tous les pronostics d’avant votre donnaient un résultat quasiment inverse.

    Voilà, j’espère que j’ai pu vous éclairer un tout petit peu. Meilleures salutations.

    • J’avais finalement trouvé les conseils pratiques sur le site du Canton, qui précisait « pas plus de votes qu’il n’y a de sièges ». Merci bien pour les précisions sur la stratégie des centristes.

      Pour Freysinger, une explication qui concorderait bien avec les explications des résultats des autres candidats, c’est qu’il est bilingue. Même s’il n’a peut-être pas fait campagne aussi activement dans les deux langues cela joue sans doute. Autre facteur, c’est une superstar des nationalistes dans toute l’Europe, qui ont le vent en poupe puisqu’ils représentent l’opposition face à Bruxelles.

      Cette réapparition soudaine des identitaires au moment de la construction d’un Machin fédéral me rappelle qu’aux États-Unis dans les années 1800 on s’opposait entre fédéralistes et anti-fédéralistes, et si les gens ont arrêté c’est parce que la lutte est devenue tour à tour sanglante (sécession) ou sournoise (droit de vote), mais surtout sournoise comme dans les histoires de pouvoir fédéral américain. Petite note pessimiste à notre patriote suisse donc, sur la manière d’interpréter la montée des nationalismes. Le vainqueur final est celui qui pourra donner assez de cadeaux pour attirer à son projet.

  7. On peut bien évidemment tirer des conclusions différentes. J’ai seulement donné mon opinion. Par contre, le coup du bilinguisme est un peu boiteux car Jean-Michel Cina aussi a fait campagne des deux côtés et il est aussi parfait bilingue.

    Quant à la petite remarque au « patriote suisse » que je trouve, en l’occurrence détestable car elle n’apporte rien au débat mais tente, comme de coutume, de dénigrer l’autre sans apporter aucun argument objectif, je la laisse à son auteur.

    Par contre, la montée des identitaires me rappelle à moi, les révoltes des barbares de l’époque romaine, voir aussi les combats acharnés entre les homo-sapiens et les Néanderthaliens, terribles luttes pour la souveraineté de leurs tribus sur un tertre quelconque.

    Comme quoi, autres temps, autres mœurs !

    • Ouh ! Comme vous êtes sensible ! Il n’y a pourtant aucune volonté de médire ici. Vous refusez à l’auteur du blog, qui tente d’être aussi objectif que possible, de préciser que « l’Union du centre » se situe à droite et est populiste, malgré qu’elle s’appelle Volkspartei en allemand, qu’elle a souvent joué du peuple contre le gouvernement aux initiatives et qu’elle s’oppose sur presque tout aux partis de gauche. L’admettre ne relève pas de l’imagination, mais de l’objectivité propre au politiste.

      Pire ici, j’avais voulu substituer « nationaliste » par « patriote » parce que plusieurs auteurs font une distinction péjorative – méliorative. Du coup je ne sais plus sur quel pied danser, vous tirez à bout portant sur chaque.

      Jean-Michel Cina 3e et 1er PDC était bilingue, c’est noté.

  8. Ce n’est pas tant le mot « patriote » en lui-même qui m’a fait réagir, mais l’ensemble: « petit patriote suisse ». Comme vous le savez certainement, l’adjectif « petit » placé devant un nom inadéquat devient un adjectif péjoratif. C’est donc cet attelage que je trouve déplacé.

    Pour le modérateur, ce n’est pas tant (non plus) le terme ou la définition du parti qui était déplacés mais sa répétition systématique. De plus, vous comme moi, savez que dans les pays (même voisins) autres, on ne connaît pas vraiment les positions générales des partis mais leur opinion sur quelques points qui ressortent lors de reprises de dépêches de presse. Les termes: « populistes », « nationalistes », etc… sont régulièrement utilisés pour donner un sentiment négatifs (a contrario de « ouvert », « tolérant », etc…).

    Quant à la position politique de l’UDC, je maintiens qu’elle ne se trouve pas à droite, mais au centre-droit, malgré tout ce que l’on peut en dire. Dans le système suisse, le fait d’être contre la position du gouvernement et de l’attaquer sur le plan populaire (initiative et referendum) fait partie de la culture politique.

    Là aussi, je réagis de manière spontanée car je trouve que, si le modérateur veut participer à un site objectif, il se doit de faire attention aux termes utilisés et ne pas reprendre in-extenso ceux donnés habituellement par la presse, qui est souvent d’ailleurs beaucoup moins objective qu’elle ne veut bien l’admettre.

    Par contre, je suis conscient que dans l’écrit, il manque l’intonation et que celle-ci détermine souvent la véhémence de la réaction, qui est bien souvent moins explosive que les mots ne veulent bien le dire.

    Meilleures salutations

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