Partis politiques estoniens

L’Estonie est une ancienne République soviétique et, avec un peu plus d’un million d’habitants, le plus petit des trois États baltes. Depuis les élections législatives du 1er mars 2015, six partis politiques sont représentés au parlement. Les autres partis en lice n’ont pas atteint le quorum de 5%. Nous vous présentons dans cet article les principaux partis politiques estoniens.

Mis à jour le 18.07.2015

Parti de la Réforme

Le Parti de la Réforme (ER) est un parti politique estonien fondé en 1994 par le Parti libéral-démocrate et des membres sécessionnistes du parti Pro Patria. Le Parti de la Réforme suit une ligne politique libérale, est membre du Parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs (ALDE), et a contribué à faire de l’Estonie l’un des pays économiquement les plus libéraux d’Europe. Il soutient notamment le maintien d’une flat tax sur les revenus, la suppression de l’impôt sur les entreprises, demande la suppression du service militaire obligatoire. L’électorat du parti est majoritairement urbain. Le Parti de la Réforme détient le poste de Premier ministre sans interruption depuis 2005. Taavi Rõivas, le président du Parti de la Réforme, occupe ce poste depuis mars 2014.

Parti du Centre

Le Parti du Centre (K) est un parti politique estonien fondé en 1991  en scission du Front populaire d’Estonie. Ce parti est dirigé depuis sa fondation par Edgar Savisaar. Membre de l’Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe (ALDE) comme le Parti de la Réforme, il est moins libéral économiquement que ce dernier. Il soutient par exemple, comme le Parti social-démocrate, la réintroduction d’un impôt progressif sur le revenu, en lieu et place de la flat tax en vigueur depuis 1994. Majoritairement eurosceptique avant l’adhésion de l’Estonie à l’Union européenne en 2004, le Parti du Centre a depuis changé d’avis sur la question.

Les critiques du parti n’hésitent pas à l’accuser de populisme, d’être partiellement financé par des entreprises russes et reprochent à Savisaar son autoritarisme. En 2001, l’Internationale libérale a par exemple rejeté la demande d’adhésion du Parti du centre, jugeant la conduite de Savisaar pas toujours conforme aux principes du libéralisme. En 2012, cinq députés nationaux et deux députés européens ont quitté le parti en raison de leurs désaccords avec Savisaar.

Actuel deuxième plus grand parti du pays, le Parti du Centre n’a jamais dirigé le gouvernement estonien, mais a participé à plusieurs gouvernements, pour la dernière fois entre 2005 et 2007. Le Parti du Centre est par ailleurs le parti le plus populaire auprès de l’importante minorité russe d’Estonie qui représente pas moins de 26% de la population. Edgar Savisaar est le maire de Tallinn, la capitale du pays qui compte pas moins de 37% de Russes. Il a été réélu en octobre 2013, son parti obtenant 53% des voix et 46 sièges sur 79. Le comté d’Ida-Viru, situé au nord-est du pays et dont 73% de la population est d’origine russe, constitue l’autre fief électoral du Parti du Centre.

Lors des élections européennes de 2014, le parti a perdu l’un de ses deux sièges au Parlement européen. Plus surprenant encore, le président du parti, Edgar Savisaar, s’est fait brûler la politesse par Yana Toom, une Estonienne d’origine russe.

Parti libre estonien (EVA)

Le Parti libre estonien (EVA) est un parti politique estonien. Il a été fondé en 2014 par Andres Herkel, un ancien membre de l’Union Pro Patria et Res publica (IRL) et suit une ligne politique conservatrice. Le parti est favorable à l’appartenance du pays à l’Union européenne et à l’OTAN. Lors des élections législatives de 2015, il a obtenu près de 9% des voix et est entré au parlement.

Parti populaire conservateur d’Estonie (EKRE)

Le Parti populaire conservateur d’Estonie est un parti politique fondé en 2012 par la fusion de l’Union populaire estonienne – un parti politique agrarien – et du Mouvement patriotique estonien. Le Parti populaire conservateur d’Estonie (EKRE) est un parti politique nationaliste, à la fois opposé à la Russie et à l’appartenance de l’Estonie à l’Union européenne. Lors des élections municipales de 2013, il a obtenu quelques sièges dans les parlements locaux, puis est entré au parlement national lors des élections législatives de mars 2015.

Parti social-démocrate (SDE)

Le Parti social-démocrate (SDE) est un parti politique estonien fondé en 1990 par la fusion de différents mouvements sociaux-démocrates. Ce parti est, comme son nom l’indique, d’inspiration sociale-démocrate et, contrairement à d’autres partis sociaux-démocrates de l’ancien bloc communiste, il n’a pas de lien avec l’ancien Parti communiste estonien. Il est membre du Parti socialiste européen comme la plupart de ses homologues du continent et suit une ligne politique modérée. Il obtient généralement de particulièrement bons résultats dans le comté de Võru, dans le sud-est du pays. Le Parti social-démocrate estonien n’a jamais dirigé le gouvernement du pays, et n’a participé que deux fois à des coalitions gouvernementales: de 2007 et 2009 et à nouveau depuis le printemps 2014.

Union Pro Patria et Res Publica (IRL)

L’Union Pro Patria et Res Publica (IRL) est un parti politique estonien fondé en 2006 par la fusion de l’Union Pro Patria et de Res Publica. L’IRL est un parti politique conservateur, membre du Parti populaire européen. Il a participé de 2007 au printemps 2014 à la coalition gouvernementale dirigée par le Parti de la Réforme du Premier ministre Andrus Ansip. Lorsque ce dernier a démissionné, le parti a été remplacé par le Parti social-démocrate (SDE) au sein de la coalition gouvernementale. Après les élections législatives de 2015, une coalition incluent aussi bien le Parti de la réforme, le Parti social-démocrate et l’IRL a été formée.

Verts estoniens

Les Verts estoniens est enregistré officiellement comme parti politique depuis novembre 2006, même si ses racines sont en fait beaucoup plus anciennes. Les Verts estoniens sont membres du Parti vert européen, même s’ils suivent une ligne politique moins à gauche que la plupart de leurs homologues d’Europe occidentale. Ils ont obtenu six sièges au Parlement estonien lors des élections législatives de 2007, mais n’ont pas obtenu le quorum en 2011.

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