Partis politiques grecs

La Grèce traverse une période de grande difficulté économique et sociale depuis plusieurs années. Recevant une aide financière importante des États européens au prix d’importants sacrifices, elle est actuellement au centre de l’actualité politique et économique. Cet article présente les principaux partis politiques grecs. Les élections législatives grecques anticipées de janvier 2015 ont été remportées par SYRIZA, une coalition de la gauche de la gauche. Manquant de quelques voix pour être majoritaires au parlement, ils forment désormais un gouvernement de coalition avec les Grecs indépendants (ANEL). Les prochaines élections anticipées devraient avoir lieu le 20 septembre 2015.

Mis à jour le 23.08.2015

Partis politiques grecs actuels

Accord social

Accord social est un parti politique grec fondé en mars 2012 par deux anciens Ministres et huit députés membres jusqu’ici du PASOK, le parti socialiste grec. La création du parti a fait suite au refus par ces députés et ministres d’un nouveau plan d’austérité et à leur exclusion du parti. Dirigé par l’ancien Ministre du travail Louka Kasteli, Accord social suit une ligne politique sociale-démocrate. Le parti a obtenu moins de 1% des voix lors des élections législatives de mai 2012 et n’a pas présenté de listes lors des élections de juin de la même année. En 2015, Accord social a présenté ses candidats sur les listes de SYRIZA.

Aube dorée (XA)

L’Aube dorée (XA) est un parti politique grec fondé en 1993. L’Aube dorée est un parti politique néonazi, resté groupusculaire jusqu’à la terrible crise économique qui ravage le pays depuis 2010. En novembre 2010, lors des élections communales à Athènes, le parti avait obtenu 5.3% des voix et un siège au parlement communal. Lors des élections législatives de mai 2012, Aube dorée a obtenu 7% des voix et 21 sièges au parlement, puis 6.9% des voix et 18 sièges lors des élections de juin 2012 et enfin 6.3% des voix et 17 sièges lors des élections de janvier 2015. En 2014, l’Aube dorée a par ailleurs obtenu trois sièges au Parlement européen, qui siègent désormais en tant que non inscrits.

Gauche démocratique (DIMAR)

La Gauche démocratique a été fondée en juin 2010 par des dissidents de l’aile modérée de SYRIZA. Comptant quatre députés parmi ses membres, la Gauche politique suit une politique socialiste et écologiste, à la fois anti-austérité, mais pro Euro. En mars 2012, six députés socialistes du PASOK ont rejoint le parti, lui permettant de former un groupe au parlement. Obtenant un peu plus de 6% des voix lors des élections législatives de juin 2012, le DIMAR a choisi de participer au gouvernement conduit par les conservateurs de Nouvelle Démocratie, mais l’a quitté une année plus tard après la décision de fermer l’audio-visuel public. Lors des élections européennes de 2014, la Gauche démocratique n’a obtenu qu’1.2% des voix, puis 0.5% lors des législatives de l’année suivante, perdant l’ensemble de ses sièges au Parlement.

Grecs indépendants (ANEL)

Les Grecs indépendants sont un parti politique fondé en mars 2012 par Panos Kammenos et d’autres anciens députés de Nouvelle Démocratie (ND, conservateur) exclus du parti pour avoir refusé le plan d’austérité. Ce parti politique conservateur et nationaliste s’oppose à l’accord conclu entre la Grèce, l’Union européenne et le FMI et parle de « conspiration contre la Grèce ». Lors des élections législatives de juin 2012, les Grecs indépendants sont arrivés au quatrième rang, obtenant 7.5% des voix et 20 députés. Les Grecs indépendants ont obtenu leur premier siège au Parlement européen lors des élections européennes de 2014. Le député européen de l’ANEL a rejoint le groupe parlementaire de l’Alliance des conservateurs et réformistes européens. En janvier 2015, après avoir obtenu 4.8% des voix et 13 sièges, les Grecs indépendants ont formé une coalition gouvernementale avec SYRIZA.

LAOS – Rassemblement populaire orthodoxe

Le LAOS est un parti populiste de droite fondé en l’an 2000. Le parti s’oppose à l’entrée de la Turquie au sein de l’Union européen, veut limiter drastiquement l’immigration et demande des baisses d’impôts massives. Il a siégé au Parlement européen de 2009 à 2014 au sein du groupe Europe libertés démocratie, en compagnie de la Ligue du Nord italienne, des Vrais finlandais ou du Mouvement pour la France. Le parti a connu une progression électorale constante de sa création aux élections de 2009. Il y a obtenu son meilleur score en réunissant 5.6% des électeurs, mais s’est effondré lors des élections législatives de juin 2012, obtenant 1.6% des voix et disparaissant du parlement. En janvier 2015, le LAOS n’a plus réuni que 1% des voix. Le LAOS paie certainement sa ligne plus que floue en matière d’austérité, ayant changé de politique à plusieurs reprises depuis le début de la crise économique.

La Rivière

La Rivière est un parti politique grec fondé en février 2014 par le présentateur TV Stavros Theodorakis. Lors des élections européennes de mai 2014, La Rivière a obtenu 6.6% des voix et deux sièges. Les deux députés européens de La Rivière siègent dans le groupe du Parti socialiste européen (PSE). En janvier 2015, le parti a obtenu 6.1% des voix et 17 sièges au parlement, devenant le quatrième parti du pays.

Mouvement socialiste panhellénique – PASOK

Le PASOK est le parti socialiste grec et a été jusqu’en 2012 l’un des deux principaux partis politiques du pays. Fondé en 1974 par Andreas Papandreou après la fin de la dictature dite “des colonels”, il a connu une progression fulgurante, devenant le premier parti d’opposition en 1977 et accédant au gouvernement en 1981. Membre du Parti socialiste européen comme le Parti socialiste français ou le Parti social-démocrate allemand, le PASOK suit aujourd’hui une ligne politique sociale-démocrate classique, après des débuts eurosceptiques, légèrement nationalistes et plus marqués à gauche. Contrairement à la plupart des partis politiques sociaux-démocrates européens, le PASOK n’a pas d’origines syndicales ou marxistes fortes. Andreas Papandreou était un héritier, bien que plus marqué à gauche, du vénizélisme, un courant politique grec républicain, nationaliste, pro-occidental, nationaliste et libéral. Après la démission de Papandreou en 1996, le PASOK a viré au centre, abandonnant dans la foulée son euroscepticisme et son nationalisme.

Le PASOK a été au pouvoir à trois reprises depuis 1974: de 1981 à 1989, de 1993 à 2004 et de 2009 à 2011, ce qui en fait le parti qui a le plus longtemps présidé aux destinées de la Grèce démocratique. Lors des élections législatives de 2012, le PASOK s’est effondré, passant de plus de 40% de l’électorat à à peine plus de 12%. Lors des élections européennes de 2014, le PASOK n’a obtenu que 8% des voix et deux sièges. Le socle électoral du parti s’est encore réduit lors des législatives de juin 2015, le parti n’obtenant plus que 4.7% des voix et treize sièges. Il est désormais le plus petit parti politique représenté au parlement grec.

Nouvelle Démocratie – ND

Nouvelle Démocratie (ND) est l’un des grands partis politiques grecs, situé sur la droite de l’échiquier politique. Parti conservateur et économiquement libéral, il est membre du Parti populaire européen à l’image des Républicains, de la CDU ou du Parti populaire espagnol. Fondé en 1974 par Konstantinos Karamanlis, un opposant à la dictature des colonels, il a présidé aux destinées de la Grèce de 1974 à 1981, de 1990 à 1993, de 2004 à 2009 et à nouveau de 2012 à 2015. Karamanlis, qui avait déjà été un homme politique conservateur avant la dictature, ambitionnait avec ce nouveau parti de rassembler à la fois les conservateurs monarchistes et une partie des libéraux. Antonis Samaras, qui a présidé Nouvelle Démocratie de 2009 à 2015, a parfois donné des accents plus nationalistes au parti, notamment sur la question macédonienne.

C’est le gouvernement conservateur de Karamanlis qui fit entrer la Grèce dans l’Union européenne en 1981, alors que tous les autres partis, y compris le PASOK (social-démocrate), y étaient alors opposés. Nouvelle Démocratie a recueilli 33.5% des voix lors des élections grecques de 2009, l’un des plus mauvais résultats de son histoire. Il a encore chuté, à moins de 30%, lors des élections législatives de 2012, mais n’en est pas moins devenu la première force politique du pays. Son président, Antonis Samaras, a alors été le Premier ministre du pays jusqu’en janvier 2015. Lors des élections législatives qui ont eu lieu ce mois-là, ND a encore chuté à 27.6% et a dû céder la première place à SYRIZA.

Parti communiste de Grèce – KKE

Le Parti communiste de Grèce a été fondé en 1918 et est à ce titre le plus ancien parti politique grec encore actif actuellement. Ancien membre du Komintern, le KKE suit depuis toujours une ligne clairement marxiste et ne s’est pas réformé à la suite de la chute de l’Union soviétique, contrairement à la plupart de ses homologues occidentaux. Le KKE est par ailleurs toujours resté farouchement eurosceptique. Interdit après la Seconde guerre mondiale, a été à nouveau autorisé en 1974, lors de la démocratisation du pays. Existant clandestinement, il a été marqué en 1968 par la scission de son aile réformiste et anti-soviétique qui a fondé le KKE-Intérieur.

Le KKE reçoit généralement le soutien d’entre 5 et 10% de la population lors des élections législatives. Contrairement à SYRIZA, le Parti communiste grec n’a pas profité de la crise économique, tombant sous la barre des 5% lors des élections législatives de juin 2012, mais remontant à 5.5% en janvier 2015.

SYRIZA – Coalition de la gauche radicale

SYRIZA est un parti créé en 2004 et rassemblant différentes formations politiques situées à l’extrême-gauche de l’échiquier politique grec, comprenant à la fois des dissidents eurocommunistes du KKE, des trotskystes, des sociaux-démocrates, des écologistes ou encore des eurosceptiques de gauche. SYRIZA avait, jusqu’en 2012, la forme d’une coalition, mais les partis membres ont alors fusionné. Elle rassemble aussi bien des partis marxistes que des mouvements écosocialistes ou trotskystes. SYRIZA est membre du Parti de la gauche européenne, comme le Parti communiste français ou Die Linke. Jusqu’en 2012, elle a trouvé ses soutiens essentiellement dans les trois grandes villes d’Athènes, de Thessalonique et du Pirée et a obtenu entre 3% et 5% aux élections législatives auxquelles elle s’est présentée. En 2012, une série de facteurs – notamment la crise économique, le discrédit dans lequel sont tombés les deux grands partis traditionnels et le charisme incontestable de son leader Alexis Tsipras – ont propulsé SYRIZA au rang de deuxième parti politique du pays, devant le PASOK, avec 26.9% des voix. En 2014, SYRIZA a remporté les élections européennes et s’est emparée de deux régions: l’Attique et les Iles Ioniennes. En janvier 2015, le parti a remporté les élections législatives en obtenant 36.3% des voix et a pu former une coalition gouvernementale avec les Grecs indépendants. Alexis Tsipras est devenu le nouveau chef du gouvernement grec. Suite au refus de nombreux députés de SYRIZA de soutenir au parlement l’accord conclu avec les créanciers de la Grèce en août 2015, le gouvernement d’Alexis Tsipras ne dispose plus de majorité au parlement, le forçant à convoquer de nouvelles élections huit mois après les précédentes. Vingt-cinq députés hostiles à cet accord fondent alors leur propre groupe parlementaire nommé Unité populaire.

Union pour la patrie et le peuple (EPAL)

L’Union pour la patrie et le peuple (EPAL) est un parti politique grec fondé en février 2014. L’EPAL est issu d’une scission de Nouvelle Démocratie et des Grecs indépendants. Ce parti suit une ligne politique conservatrice. Il dispose de trois élus au parlement national et de quelques députés dans les régions. Il n’a obtenu qu’un pour-cent des voix lors des élections législatives de janvier 2015 et n’a donc pas obtenu d’élus au Parlement.

Unité populaire

Unité populaire (LE) est un parti politique grec fondé en août 2015 par vingt-cinq députés issus de l’aile gauche de Syriza et opposés à l’accord conclus par le gouvernement d’Alexis Tsipras avec les créanciers de la Grèce. Unité populaire est un parti politique situé à la gauche de la gauche et favorable à la réintroduction du drachme.

Verts écologistes

Les Verts écologistes sont un parti politique grec, fondé en 2002. Les Verts écologistes sont membres du Parti vert européen, comme la plupart des partis écologistes du continent. Les Verts écologistes ne sont pas représentés au parlement grec, mais ont en revanche obtenu un siège au parlement européen lors des élections européennes de 2009, avant de le perdre à nouveau en 2014. Lors des élections législatives de janvier 2015, le parti s’est allié à SYRIZA et a obtenu un siège au parlement.

Anciens partis politiques grecs

Alliance démocratique (DISY)

L’Alliance démocratique est un petit parti libéral fondé en mai 2011 par quatre députés exclus de Nouvelle Démocratie pour avoir soutenu le plan de stabilité conclu entre la Grèce, l’UE et le FMI. Un député européen a également rejoint le parti. L’Alliance démocratique est membre du Parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs. Lors des élections législatives de mai 2012, l’Alliance démocratique a obtenu 2.6% des voix et n’a donc pas obtenu de sièges, faute d’atteindre le quorum. Lors des élections de juin 2012, le parti s’est allié avec la Nouvelle Démocratie. En mai 2014, le parti a été dissout et ses membres ont réintégré Nouvelle Démocratie.

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