Partis politiques slovaques

Le paysage politique de la Slovaquie est marqué actuellement par la domination de Direction – Social-démocratie (Smer), le parti politique du Premier ministre Robert Fico, qui reste de loin le plus grand parti du pays même s’il a perdu sa majorité en 2016. Vous trouverez ci-dessous une description des principaux partis politiques slovaques. Les dernières élections législatives slovaques ont eu lieu en mars 2016.

Mis à jour le 02.07.2016

Direction – Social-démocratie (Smer)

Direction – Social-démocratie (Smer) est un parti politique slovaque fondé en 1999 en scission du Parti de la gauche démocratique, un parti issu du Parti communiste slovaque et dissout en 2004. Dirigé par le Premier ministre Robert Fico, le Smer est un parti politique social-démocrate, membre du Parti socialiste européen (PSE). Ce parti avait fait parler de lui à l’étranger lorsqu’il avait formé une coalition gouvernementale, après les élections législatives de 2006, avec le Parti national slovaque (nationaliste) et le Parti populaire de Vladimir Meciar, un ancien Premier ministre autoritaire qui a dominé les premières années de la Slovaquie indépendante. Cette alliance avec conduit le Smer à être suspendu du PSE entre 2006 et 2008. Conforté en tant que premier parti politique de Slovaquie après les élections législatives de 2010, le Smer n’avait toutefois pas réussi à former une majorité au parlement en raison de l’effondrement de ses alliés, conduisant à la formation d’une coalition gouvernementale par quatre partis politiques de centre-droite.

Suite à la chute de cette coalition, le Smer a recueilli la majorité absolue des sièges au parlement lors des législatives de 2012 et dirige désormais seul le pays. Afin de réduire les déficits, le Smer a aboli la flat tax introduite par la droite en 2004 et augmenter les impôts tant pour les entreprises que pour les grandes fortunes. Contrairement aux partis sociaux-démocrates occidentaux, le Smer a des positions plutôt conservatrices au niveau sociétal. Avec le soutien du KDH, il a par exemple fait passer un amendement constitutionnel interdisant le mariage gay. En 2010, il avait par ailleurs supprimé la possibilité pour les Slovaques d’avoir une double citoyenneté, réagissant à la décision du Premier ministre hongrois Viktor Orban de faciliter l’octroi de la nationalité aux (nombreux) Hongrois vivant à l’étranger, notamment en Slovaquie.

En mars 2014, Robert Fico s’est présenté, sans succès, à l’élection présidentielle qui a finalement été remportée par un candidat indépendant. Lors des élections européennes du mois de mai, le Smer est certes arrivé en tête, mais a obtenu moins d’un quart des votes, bien loin des 44% obtenus lors des législatives de 2012.

Pendant la crise migratoire, Robert Fico s’est toujours opposé à l’accueil par la Slovaquie de réfugiés dans le cadre d’un plan de répartition européen, rejoignant en cela ses homologues polonais et hongrois. Contrairement à la Pologne, Robert Fico s’est également opposé aux sanctions européennes contre la Russie qui ont fait suite à l’annexion de la Crimée. Lors des élections législatives de 2016, le Smer est resté le plus grand parti du pays, mais a subi des pertes sévères – atteignant son plus bas niveau depuis 2002 – et perdant sa majorité au parlement. Après les élections, Robert Fico a formé une coalition gouvernementale avec le Parti national slovaque (SNS, nationaliste), MOST-HÍD (minorité hongroise) et la formation de centre droit Réseau.

Kotleba – Parti populaire « Notre Slovaquie »

Kotleba – Parti populaire « Notre Slovaquie » est un parti politique slovaque fondé en février 2010. Considéré comme un parti politique d’extrême-droite, le Parti populaire « Notre Slovaquie » revendique l’héritage du régime autoritaire, clérical et fasciste de Jozef Tiso (1939-1945). Depuis 2015, il est membre, comme l’Aube dorée, de l’Alliance pour la paix et la liberté, un groupement européen de partis politiques d’extrême-droite. En 2013, le Parti populaire « Notre Slovaquie » a créé la sensation lorsque son leader, Marian Kotleba, a été élu gouverneur de la région de Banská Bystrica, et ce alors même que son parti n’avait obtenu qu’un seul des 49 sièges au parlement régional. Le parti a obtenu un important succès lors des élections législatives de 2016 lorsqu’il a obtenu 8% des voix et fait son entrée au parlement national.

Les gens ordinaires et personnalités indépendantes (OL’aNO)

Les gens ordinaires et personnalités indépendantes (OL’aNO) est un parti politique slovaque fondé en octobre 2011. Les gens ordinaires ont été, avant 2011, un mouvement allié aux libéraux de Liberté et Solidarité (SaS) et avaient obtenu quatre sièges sur leurs listes en 2010. Lors des élections législatives de 2012 – les premières où Les gens ordinaires concouraient sous leurs propres couleurs – le parti est devenu la troisième force politique du pays en obtenant 8.6% des voix et 16 sièges au parlement. Ce parti politique conservateur a rejoint, après les élections européennes de mai 2014, le groupe parlementaire de l’Alliance des conservateurs et réformistes européens, la formation eurosceptique créée par David Cameron, sans toutefois adhérer au parti politique européen du même nom. En 2016, OL’aNO a amélioré le score obtenu en 2012, confortant ainsi sa position de troisième force politique du pays.

Liberté et Solidarité (SaS)

Liberté et Solidarité (SaS) est un parti politique slovaque fondé en 2009 par Richard Sulik, l’économiste qui a introduit le système de flat tax en Slovaquie. Liberté et Solidarité est un parti politique libéral, membre, depuis 2014, de l’Alliance des conservateurs et réformistes européens, après avoir appartenu quelques années au Parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs (ELDR). Liberté et Solidarité est eurosceptique et s’est notamment opposé au Traité de Lisbonne et, plus récemment, à l’aide financière européenne pour la Grèce, provoquant en 2011 la chute du gouvernement de centre droit auquel il participait depuis 2010. Son euroscepticisme n’a guère été récompensé puisque le parti a perdu la moitié de ses députés lors des législatives anticipées de 2012. Liberté et Solidarité se signale également par ses positions libérales en matières sociétales, soutenant notamment le mariage pour les homosexuels ou la décriminalisation du cannabis. En 2016, ce parti a doublé son nombre de voix et de sièges, devenant ainsi la deuxième force politique du pays.

Most-Híd

Most-Híd (littéralement, “le pont” en slovaque et en hongrois) est un parti politique slovaque fondé en juin 2009. Ce parti politique défend les intérêts de l’importante minorité hongroise vivant en Slovaquie et cherche à promouvoir la coopération entre les Hongrois de Slovaquie et les Slovaques. Most-Hid a été créé comme alternative au Parti de la coalition hongroise, un parti défendant également les intérêts de la minorité hongroise et jugé trop nationaliste (hongrois s’entend). Most-Híd a supplanté lors le Parti de la coalition hongroise dès les élections législatives de 2010 et dit avoir environ deux tiers d’électeurs hongrois et un tiers d’électeurs slovaques. Most-Hid a fait partie de la coalition gouvernementale d’Iveta Radicova de 2010 à 2012 et est membre du Parti populaire européen. En 2016, malgré de légères pertes aux élections législatives, MOST-HÍD a pu faire son retour au gouvernement, cette fois-ci en coalition avec les sociaux-démocrates.

Mouvement chrétien-démocrate (KDH)

Le Mouvement chrétien-démocrate (KDH) est un parti politique slovaque fondé en 1990. Le KDH est un parti politique démocrate-chrétien, membre, comme la SDKU-DS, du Parti populaire européen. Très attaché au rôle de l’Église dans la société, le KDH est opposé au mariage des homosexuels et à l’avortement, ainsi qu’à la séparation de l’Église et de l’État. Le Mouvement démocrate-chrétien a participé au gouvernement de centre droit dirigé par Iveta Radicova entre 2010 et 2012. Il est le seul parti de la coalition gouvernementale de centre droit à avoir (légèrement) progressé lors des élections législatives de 2012 et a également enregistré de bons résultats lors des élections européennes de 2014. Quatre ans plus tard, le parti a raté de justesse la barre des 5% et n’est désormais plus représenté au parlement slovaque.

Nous sommes une famille

Nous sommes un famille est un parti politique slovaque conservateur fondé en novembre 2015 par l’entrepreneur Boris Kollár. Lors des élections législatives de 2016, le parti a obtenu près de 7% des voix et onze sièges au parlement.

Nouvelle majorité (NOVA)

Nouvelle majorité (NOVA) est un parti politique slovaque conservateur fondé en septembre 2012 par un ancien membre du Mouvement démocrate-chrétien et rejoint quelques mois plus tard par des dissidents de Liberté et Solidarité. Le parti demande notamment l’introduction d’instruments de démocratie directe, des baisses d’impôts, et l’élection directe des juges par la population. NOVA a obtenu près de 7% des voix lors des élections européennes de 2014. Son député au Parlement européen siège au sein du groupe de l’Alliance des conservateurs et réformistes européens. Lors des élections législatives de 2016, NOVA a présenté des candidats sur les listes de l’OL’aNO, obtenant deux élus au parlement.

Parti de la coalition hongroise (MK)

Le Parti de la coalition hongroise (MK) est un parti politique slovaque fondé en 1998. Il représente, comme son nom l’indique, la minorité hongroise et poursuit par ailleurs une politique de tendance démocrate-chrétienne. Il est issu d’une fusion de trois partis préexistants et est membre du Parti populaire européen. Représenté au parlement slovaque depuis 1998, il en a été écarté lors des élections législatives de 2010, lorsque le nouveau parti Most-Híd, plus modéré, s’est présenté pour la première fois et que le Parti de la coalition hongroise n’a pas atteint le seuil minimum de 5% pour être représenté au parlement. Lors des élections législatives de 2012, il n’a pas non plus atteint le quorum, obtenant un score pour ainsi dire inchangé (4.28% en 2012 contre 4.33% en 2010). Le parti n’a pas eu plus de succès en 2016, obtenant 4.1% des voix, s’éloignant encore un peu plus du seuil de 5%. Entre-deux, en 2014, le Parti de la coalition hongroise avait par ailleurs perdu l’un de ses deux sièges au Parlement européen.

Parti national slovaque (SNS)

Le Parti national slovaque (SNS) est un parti politique fondé en 1989. Le Parti national slovaque est un parti politique nationaliste membre, pendant la législature 2009-2014, du Groupe Europe libertés démocratie auquel appartenaient  également la Ligue du Nord et le Mouvement pour la France. Son ancien leader, Jan Slota, s’est régulièrement signalé par des déclarations prenant à partie à l’importante minorité hongroise vivant dans le pays. Lors des élections législatives de 2012, il n’a pas atteint le quorum, mais a fait son retour au parlement slovaque lors des élections de 2016. Le parti semble ainsi bénéficier de la stratégie de dédiabolisation poursuivie par Andrej Danko, son nouveau chef. Le parti ne demande ainsi plus une sortie de la zone Euro et ménage désormais la minorité hongroise.

Le SNS a participé à plusieurs reprises au gouvernement slovaque, que ce soit sous le Premier ministre conservateur Vladimir Meciar entre 1992 et 1998 ou sous le Premier ministre social-démocrate Robert Fico entre 2006 et 2010 et à nouveau depuis 2016. Il a en revanche perdu son siège au parlement européen en 2014.

Réseau

Réseau est un parti politique démocrate-chrétien fondé en juin 2014 par Radoslav Procházka, un ancien membre du Mouvement chrétien-démocrate (KDH). Réseau a obtenu 5.6% des voix, entrant du même coup au parlement slovaque. Le parti a rejoint la coalition gouvernementale emmenée par les sociaux-démocrates de Robert Fico, et ce alors même que Procházka avait affirmé pendant la campane qu’il ne s’allierait jamais avec eux.

Union démocrate et chrétienne slovaque – Parti démocrate (SDKU-DS)

L’Union démocrate et chrétienne slovaque – Parti démocrate (SDKU-DS) est un parti politique slovaque fondé en l’an 2000 par la fusion des deux partis dont cette formation a gardé le nom. Le SDKU-DS est un parti politique d’inspiration démocrate-chrétienne et conservatrice, membre du Parti populaire européen (PPE) comme l’UMP ou la CDU. Iveta Radicova, alors présidente du parti, est devenue Première ministre de Slovaquie après les élections législatives de 2010 qui ont vu la SDKU-DS devenir le deuxième parti du pays. Le parti s’est effondré moins de deux ans plus tard en raison, notamment, d’un scandale de corruption. Pendant la législature 2012-2016, de nombreux membres ont quitté le parti et, malgré un résultat honorable lors des élections européennes de 2015, le parti n’a plus obtenu, lors des élections législatives de 2016, que 0.3% des voix, perdant toute représentation au parlement slovaque.

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