Élections communales de 2016 à Francfort-sur-le-Main

Les électeurs de Francfort-sur-le-Main, la cinquième plus grande ville d’Allemagne, se sont rendus aux urnes le 6 mars 2016 pour élire les 93 membres de leur assemblée communale. Ces élections ont été marquées par le fort recul des Verts – les élections de 2011 avaient eu lieu deux semaines après Fukushima et les écologistes avaient enregistrés un score historique – mais également des démocrates-chrétiens de la CDU, tandis que l’Alternative pour l’Allemagne (AfD, droite populiste) fait son entrée au parlement.

Résultats détaillés des élections communales de 2016 à Francfort-sur-le-Main

  • Union chrétienne-démocrate (CDU), 24.1% des voix (-6.4%), 22 sièges (-6).
  • Parti social-démocrate (SPD), 23.8% des voix (+2.5%), 22 sièges (+2).
  • Les Verts, 15.3% des voix (-10.5%), 14 sièges (-10).
  • Alternative pour l’Allemagne (AfD, droite populiste), 8.9% des voix (+8.9%), 8 sièges (+8).
  • La Gauche (gauche de la gauche), 8.0% des voix (+2.6%), 8 sièges (+3).
  • Parti libéral-démocrate (FDP), 7.5% des voix (+3.6%), 7 sièges (+3).
  • Citoyens pour Francfort (BFF, droite), 2.7% des voix (-1.1%), 3 sièges (-1).
  • ÖkoLinX (gauche écologiste), 2.1% des voix (+0.9%), 2 sièges (+1).
  • Le Parti, 1.4% des voix (+1.2%), 1 siège (+1).
  • Liste Europe de Francfort (ELF), 1.2% des voix (+0.1%), 1 siège (-).
  • Parti pirate, 0.8% des voix (-1.2%), 1 siège (-1).
  • Les Francfortois (dFfm), 0.8% des voix (+0.8%), 1 siège (+1).
  • Panthères grises (défense des retraités), 0.6% des voix (+0.2%), 1 siège (-).
  • Électeurs libres (FW, conservateur), 0.6% des voix (+0.6%), 1 siège (+1).
  • Alliance pour le progrès et le renouveau (ALFA, eurosceptique), 0.5% des voix (+0.5%), 1 siège (-).

Taux de participation: 39.0% (-3.4%).

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Élections communales de 2015 en Rhénanie-du-Nord-Westphalie

Des élections ont eu lieu dimanche 13 septembre 2015 dans onze villes de plus de 100’000 habitants du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Les citoyens de ces villes devaient élire leurs maires pour un mandat de cinq ans. Les sociaux-démocrates du SPD ont conservé les mairies de Herne et Mülheim an der Ruhr et se sont emparés de Leverkusen. La CDU (démocrate-chrétien) compense largement la perte de Leverkusen en s’emparant non seulement de Bonn, une ville traditionnellement plutôt conservatrice, mais aussi d’Oberhausen, un fief social-démocrate depuis soixante ans. Elle conserve par ailleurs la mairie de Münster.

Les citoyens de Bochum, Essen, Krefeld, Solingen et Wuppertal devront se rendre à nouveau aux urnes le 27 septembre prochain, aucun candidat n’ayant obtenu la majorité absolue au premier tour. Les élections des parlements de ces communes avaient eu lieu en 2014. Notons enfin que l’élection du maire de Cologne aura lieu les 18 octobre et 8 novembre prochains.

Élection des maires des villes de plus de 100’000 habitants

Bochum

La maire sociale-démocrate sortante, Ottilie Scholz, ne se représentait pas. Aucun candidat n’a été élu à l’issue du premier tour. Le social-démocrate Thomas Eiskirsch et le démocrate-chrétien Klaus Franz s’affronteront au second tour le 27 septembre.

Bonn

La CDU s’est emparée de la mairie de Bonn dès le premier tour de l’élection. Son candidat, Ashok-Alexander Sridharan, a en effet battu ses rivaux social-démocrate et écologiste. Le maire social-démocrate sortant, Jürgen Nimptsch, ne se représentait pas. La mairie de Bonn, qui avait été un fief de la CDU pendant toute la Guerre froide, était détenue par le SPD depuis 1994.

Essen

Un second tour sera nécessaire à Essen sera nécessaire le 27 septembre prochain. Le maire social-démocrate sortant, Reinhard Pass, a été assez nettement devancé au premier tour par le candidat démocrate-chrétien Thomas Markus Kufen. Le SPD avait longuement détenue la mairie d’Essen, neuvième plus grande ville d’Allemagne, de 1956 à 1999 et était revenu aux commandes en 2009 après dix ans d’intermède démocrate-chrétien.

Herne

Les sociaux-démocrates conservent la mairie de Herne, une ancienne ville minière de 150’000 habitants, qu’ils détiennent sans interruption depuis 1948. Frank Dudda, le candidat du SPD, a été élu dès le premier tour avec 55.9% des voix et succède donc à son camarade de parti Horst Schiereck.

Krefeld

Un deuxième tour sera nécessaire à Krefeld pour départager les candidats démocrate-chrétien Peter Vermeulen et social-démocrate Frank Meyer. Ce dernier a devancé assez nettement son rival et pourrait donc succéder au démocrate-chrétien Gregor Kathstede. Depuis la Seconde guerre mondiale, Krefeld à, à deux exceptions près (1956-1961 et 1989-1994), toujours été dirigée par des maires de centre droit, démocrates-chrétiens ou libéraux.

Leverkusen

Leverkusen passe à gauche! Le social-démocrate Uwe Richrath l’a en effet emporté dès le premier tour sur le maire démocrate-chrétien sortant Rinhard Buchhorn. Ce dernier a enregistré un sévère revers personnel puisqu’il a obtenu moins de 30% des voix. La ville de Leverkusen est habituée à une certaine alternance entre sociaux-démocrates et démocrates-chrétiens depuis la Seconde guerre mondiale.

Mülheim an der Ruhr

Le social-démocrate Ulrich Scholten a été élu dès le premier tour à la mairie de Mülheim an der Ruhr et succède ainsi à sa camarade de parti Dagmar Mühlenfeld. Les sociaux-démocrates détiennent la Mülheim depuis 2002. Cette ancienne ville minière de 166’000 habitants est située entre Duisbourg et Essen.

Münster

Le maire démocrate-chrétien de Münster Markus Lewe a été réélu dès le premier tour de scrutin avec 50.6% des voix. Cette victoire n’est pas une surprise dans la mesure où la gauche n’a dirigé la ville de Münster qu’une seule fois depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, entre 1994 et 1999.

Oberhausen

L’élection du démocrate-chrétien Daniel Schranz comme maire de Oberhausen dès le premier tour de scrutin constitue probablement la plus grosse surprise de ce scrutin. Oberhausen, une ville de 210’000 habitants considérée comme le berceau de l’industrie dans la Ruhr, était dirigée sans interruption par les sociaux-démocrates depuis 1956.

Solingen

Tim-Oliver Kurzbach, le candidat des sociaux-démocrates et des Verts, est arrivé en tête du premier tour du scrutin à Solingen, devançant son rival démocrate-chrétien Frank Werner Feller d’un peu plus de six points. La mairie était détenue depuis 2009 par le démocrate-chrétien Norbert Feith qui ne se représentait pas. Le second tour aura lieu le 27 septembre.

Wuppertal

La CDU pourrait perdre la mairie de Wuppertal le 27 septembre prochain. Le maire sortant de Wuppertal Peter Jung, membre de la CDU, n’a en effet devancé que de deux points son rival social-démocrate Andreas Mucke. Ce dernier semble par ailleurs bénéficier de meilleures réserves de voix, les candidats des Verts et de La Gauche, qui ont obtenu près de 20% des voix entre les deux, ne se représentant pas au second tour.

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Européennes de 2014 – Et si les Français avaient voté comme les Allemands?

Les élections européennes se déroulent simultanément dans l’ensemble des pays membres de l’Union européenne, selon le système proportionnel. On pourrait donc naïvement penser que les conditions d’élection sont les mêmes en Allemagne, en France ou à Chypre. C’est pourtant loin d’être le cas! Nous avons pris les résultats des élections européennes de 2014 en France et réparti les sièges selon le système électoral en vigueur en Allemagne. Le résultat final est très différent!

Différences théoriques…

  • En Allemagne, les élections européennes se déroulent dans une circonscription unique. Il n’y a de plus pas de quorum, c’est-à-dire pas de seuil en-dessous duquel un parti ne peut pas prétendre obtenir de sièges. Enfin, la répartition des sièges se fait selon la méthode de Sainte Laguë, une méthode réputée pour ne favoriser ni les grands, ni les petits partis.
  • En France, les élections européennes se déroulent dans huit circonscriptions électorales. Un quorum est par ailleurs fixé à 5%, les partis politiques ayant obtenu un résultat inférieur ne pouvant pas obtenir de sièges. Enfin, la répartition des sièges se fait selon la méthode d’Hondt, une méthode réputée pour favoriser plutôt les grands partis.

Différences dans la pratique…

Nous avons donc pris les résultats des élections européennes de 2014 en France au niveau national et avons réparti les sièges selon le système électoral en vigueur en Allemagne. Sans surprise, les grands partis – Front national, UMP et Parti socialiste – auraient reçu nettement moins de sièges et les petits partis en auraient reçu bien davantage.

Les perdants…

  • Le Front national n’aurait obtenu que 18 sièges, contre 24 en réalité, soit une baisse de six sièges.
  • L’UMP n’aurait obtenu que 15 sièges, contre 20 en réalité, soit une baisse de cinq sièges.
  • Le Parti socialiste et le Parti radical de gauche n’auraient obtenu que 10 sièges, contre 13 en réalité, soit une baisse de trois sièges.

Ceux pour qui cela ne change rien…

  • La liste centriste réunissant le MoDem et l’UDI aurait obtenu 7 sièges, soit exactement le nombre de sièges obtenu en réalité.

Les gagnants

  • Europe Écologie – Les Verts aurait obtenu sept sièges, contre six en réalité, soit une hausse de un siège.
  • Le Front de Gauche aurait obtenu cinq sièges, contre quatre en réalité, soit une hausse de un siège.
  • Debout la France aurait obtenu trois sièges, contre aucun en réalité, soit une hausse de trois sièges.
  • Nouvelle Donne aurait obtenu deux sièges, contre aucun en réalité, soit une hausse de deux sièges.
  • Nous Citoyens aurait obtenu un siège, contre aucun en réalité, soit une hausse de un siège.
  • Lutte ouvrière aurait obtenu un siège, contre aucun en réalité, soit une hausse de un siège.
  • L’Alliance écologiste indépendante aurait obtenu un siège, contre aucun en réalité, soit une hausse de un siège.
  • Force vie aurait obtenu un siège, contre aucun en réalité, soit une hausse de un siège.

Conclusion

Si le système électoral en vigueur en Allemagne avait été utilisé en France, la délégation française au Parlement européen aurait donc été bien plus fragmentée qu’elle ne l’est actuellement. En revanche, 96.3% des Français auraient été représentés au Parlement européen par au moins un député, contre seulement 85.2% actuellement. Les deux graphiques ci-dessous montrent les différences existant entre le pourcentage de sièges obtenus et le pourcentage de suffrages obtenus. Le premier graphique montre les résultats réels et le second montre la situation si le système allemand avait été appliqué.

Réalité

Système allemand

Le but de cet article n’est pas de prendre position en faveur de l’un ou l’autre de ces systèmes électoraux, mais bien de montrer à quel point des systèmes électoraux différents conduisent à des résultats différents, même s’ils sont tous les deux proportionnels.

N.B.: Un quorum de 5% était en vigueur en Allemagne jusqu’aux élections européennes de 2009. La Cour constitutionnelle allemande a toutefois estimé que ce quorum n’était pas valable et les élections européennes se sont donc déroulées sans quorum.

Élection de 2015 à la mairie de Mannheim

L’élection à la mairie de Mannheim, une ville du Bade-Wurtemberg, dans le sud-ouest de l’Allemagne, a eu lieu les 14 juin et 5 juillet 2015. Le social-démocrate Peter Kurz a été réélu sans surprise pour un second mandat de huit ans. La ville de Mannheim est un fief du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) qui détient la mairie sans interruption depuis 1972.

Résultats détaillés du premier tour

  • Peter Kurz, Parti social-démocrate (SPD), 46.8% des voix, non élu.
  • Peter Rosenberger, Union chrétienne-démocrate (CDU), 33.8% des voix, non élu.
  • Christopher Probst, Électeurs libres (FW, centre-droite), 15.9% des voix, non élu.
  • Christian Sommer, Le Parti, 3.3% des voix, non élu.

Taux de participation: 30.7%.

Résultats détaillés du second tour

  • Peter Kurz, Parti social-démocrate (SPD), 52.0% des voix, réélu.
  • Peter Rosenberger, Union chrétienne-démocrate (CDU), 44.9% des voix, non élu.
  • Christian Sommer, Le Parti, 2.9% des voix, non élu.

Taux de participation: 28.7%.

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Élection de 2015 à la mairie de Dresde

La ville de Dresde, capitale de la Saxe dans l’ancienne Allemagne de l’Est, reste à droite. Le candidat du Parti libéral-démocrate (FDP, libéral) Dirk Hilbert, soutenu par l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), l’Alternative pour l’Allemagne (AfD, droite populiste) et le mouvement Pegida (islamophobe), a été élu hier au second tour des élections à la mairie. Dirk Hilbert a obtenu 54.2% des voix, contre 44% à la sociale-démocrate Eva Maria Stange qui était, elle, soutenue par les Verts et La Gauche (gauche de la gauche). Dirk Hilbert succède ainsi à la démocrate-chrétienne Helma Orosz, élue en 2008. Il est intéressant de relever que Dirk Hilbert se présentait en tant qu’indépendant, et ce malgré son statut de membre du FDP. Notons enfin que Dresde n’a jamais élu un maire de gauche depuis la réunification allemande et est actuellement l’une des rares grandes villes allemandes dont la mairie est en mains bourgeoises.

Résultats détaillés du premier tour (07.06.2015)

  • Eva Maria Stange, Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD), 36.0% des voix.
  • Dirk Hilbert, Parti libéral-démocrate (FDP, libéral), 31.7% des voix.
  • Markus Ulbig, Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU, démocrate-chrétien), 15.4% des voix.
  • Tatjana Festerling, Mouvement Pegida (islamophobe), 9.6% des voix.
  • Stefan Vogel, Alternative pour l’Allemagne (AfD, droite populiste), 4.8% des voix.
  • Lars Stosch, Le parti, 2.5% des voix.

Résultats détaillés du second tour (05.07.2015)

  • Dirk Hilbert, Parti libéral-démocrate (FDP, libéral), 54.2% des voix, élu.
  • Eva Maria Stange, Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD), 44.0% des voix, non élue.
  • Lars Stosch, Le parti, 1.8% des voix, non élu.

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