Elections régionales de 2014 dans le Vorarlberg

Des élections régionales ont eu lieu hier dans le Vorarlberg, le Land situé tout à l’ouest de l’Autriche, à la frontière avec la Suisse. Les conservateurs du Parti populaire (ÖVP) ont perdu la majorité absolue qu’ils détenaient au parlement régional, une défaite attendue mais qui reste historique puisque ce n’est que la deuxième fois depuis 1945 que le Parti populaire est privé de majorité absolue dans ce Land. Quatre autres partis siègeront au parlement : le Parti de la liberté (FPÖ, droite populiste) qui conserve sa deuxième position malgré un léger recul ; les Verts qui font un bond en avant et obtiennent 17% des voix ; le Parti social-démocrate (SPÖ) qui, pour la première fois de son histoire obtient moins de 10% des voix lors d’élections régionales ; les libéraux de NEOS, enfin, qui font leur entrée au parlement, mais avec un score nettement moins élevé qu’attendu. Le Parti populaire devra donc choisir un partenaire de coalition parmi ces quatre partis. Les choix les plus probables sont soit le FPÖ, avec qui il a déjà gouverné de 1999 à 2004, soit les Verts avec qui il gouverne actuellement dans le Tyrol voisin.

Résultats détaillés des élections régionales de 2014 dans le Vorarlberg :

  • Parti populaire d’Autriche (ÖVP, conservateur), 41.9% des voix (-9.0%), 16 sièges (-4).
  • Parti autrichien de la liberté (FPÖ, droite populiste), 23.5% des voix (-1.6%), 9 sièges (-).
  • Les Verts, 17.1% des voix (+6.5%), 6 sièges (+2).
  • Parti social-démocrate d’Autriche (SPÖ), 8.8% des voix (-1.2%), 3 sièges (-).
  • NEOS (libéral), 6.9% des voix (+6.9%), 2 sièges (+2).

Taux de participation : 63.8% (-3.6%).

Sources: Der Standard / NZZ.

Voir aussi:

Profil politique des villes alpines

Quelle est la tendance politique des villes alpines? Intuitivement, beaucoup diraient probablement « clairement à droite ». Une analyse réalisée par Élections en Europe sur la couleur politique des maires des 206 communes de plus de 10’000 habitants situées dans le périmètre de la Convention alpine montre que ce n’est pas si clair. Sur les 206 maires concernés, 100 peuvent être dits « de droite » (48.5%), 73 « de gauche » (35.4%) et 33 sont « sans étiquette » (16%). La droite domine, certes, mais cette domination n’est pas écrasante. La différence n’est pas flagrante non plus au niveau du nombre d’habitants concernés – 2’327’000 dans des villes gouvernées à droite (50.6%) contre 1’833’000 dans celles gouvernées à gauche (39.8%) et 442’000 dans les villes « sans étiquettes » (9.6%).

Le lecteur doit garder en tête, en lisant les résultats ci-dessous, qu’il s’agit d’une photographie de la situation au 7 septembre 2014. Une ville française qui n’aurait eu que des maires socialistes depuis 1945 et qui aurait élu un maire UMP pour la première fois en mars 2014 est comptabilisée « à droite ». Des recherches beaucoup plus poussées seraient nécessaires pour tirer des conclusions dans le temps long.

Panorama général

La carte ci-dessous donne une vue d’ensemble de la couleur politique des maires des villes alpines. Géographiquement, on peut observer que la droite domine assez clairement dans les villes suisses, allemandes, de l’ouest de l’Autriche (Vorarlberg et Tyrol) et dans la plus grande partie des Alpes françaises. La gauche, au contraire, est dominante en Italie, ainsi que dans le sud-est de l’Autriche (Carinthie et Styrie) et dans les agglomérations de Grenoble et d’Annemasse.

villes-alpines

Les couleurs se rapportent à la tendance politique des maires concernés (voir la légende et les remarques en fin d’article sur la catégorisation des partis politiques), tandis que la taille des cercles est proportionnelle à la population des villes.

Grandes villes

Les Alpes comptent cinq villes de plus de 100’000 habitants. Trois ont un maire social-démocrate (Bolzano, Salzbourg et Trento), une un maire écologiste (Grenoble) et une un maire conservateur (Innsbruck).

Grenoble et Salzbourg disposent d’une véritable tradition de gouvernement de gauche (1919-1935, 1945-1959, 1965-1983 et à nouveau depuis 1995 pour Grenoble; 1946-1992 et à nouveau depuis 1999 pour Salzbourg). Bolzano et Trento ont au contraire de longues traditions de domination démocrate-chrétienne. Ce n’est que récemment que des maires de gauche ont pu s’y imposer, souvent à la faveur d’alliances larges regroupant également des partis de droite, notamment régionalistes. Innsbruck, enfin, est un vrai fief conservateur.

Villes moyennes

La droite dirige 19 des 28 villes alpines comptant entre 30’000 et 100’000 habitants. Parmi ces dix-neuf villes, on peut citer bon nombre de mairies aux mains de la droite classique – démocrates-chrétiens à Lucerne, UMP à Chambéry, CSU à Rosenheim ou encore Forza Italie à Gorizia – mais également trois villes dirigées par la droite populiste. Il s’agit de Klagenfurt en Autriche, la capitale de la Carinthie, région jadis dirigée par Jörg Haider, de Lugano et de Thoune, deux villes suisses.

Sur les neuf villes dirigées par la gauche, citons deux mairies communistes – Echirolles et Saint-Martin-d’Hères, toutes deux en Isère – mais également Villach où le social-démocrate Helmut Manzenreiter a été élu pour la première fois en 1987 ou Annemasse, ville dirigée par des maires divers gauche depuis 1977.

Petites villes

Sur les 206 villes alpines de plus de 10’000 habitants, 173, donc l’écrasante majorité, en comptent entre 10’000 et 30’000. Les petites villes sont, et ce n’est pas une surprise, le fief des indépendants. Aucun des 33 maires sans étiquette ne dirige une ville de plus de 21’000 habitants (Weilheim, en Haute-Bavière, étant la plus grande d’entre elles). Par contre, et c’est là que c’est plus surprenant, la gauche est à la tête de 60 de ces 173 petites villes (contre 80 pour la droite), un nombre largement supérieur à ce que nous avions supposé avant de rassembler ces données. Deux hypothèses pour expliquer cette bonne tenue de la gauche dans les petites villes alpines: 1) ces villes sont moins conservatrices que ce que l’on pourrait penser au premier abord; 2) l’étiquette politique y joue un rôle moindre que dans des villes plus grandes, permettant ainsi à des personnalités de gauche de se faire élire par des électorats de droite. Des analyses plus poussées seraient nécessaires pour trancher.

Résumé

Le tableau ci-dessous présente brièvement les principaux chiffres relevés dans les trois chapitres précédents. On y voit clairement la domination de la gauche dans les grandes villes – à relativiser puisque le basculement d’une seule ville change les chiffres de 20% – la domination de la droite dans les villes moyennes et la situation plus équilibrée régnant dans les petites villes.

Catégorie Nbe de villes Droite Gauche SE
Grandes villes 5 20% 80% 0%
Villes moyennes 28 68% 32% 0%
Petites villes 173 47% 35% 19%

Périmètre retenu

Nous avons choisi de prendre en compte les 206 communes de plus de 10’000 habitants situées dans le périmètre de la Convention alpine. La Convention alpine est un traité de droit international public ratifié par l’ensemble des États alpins et visant à la protection de l’environnement alpin. La Convention alpine a délimité un périmètre géographique correspondant, grosso modo, au massif alpin. Ces villes comptent en tout 4.6 millions d’habitants sur un total de 14 millions de personnes résidant au sein du périmètre de la Convention alpine.

Classification des partis politiques

Les partis politiques ont été répartis de la manière suivante au sein des différentes catégories:

  • La catégorie « conservateur » comprend les maires affiliés au Parti populaire autrichien (ÖVP), à l’Union chrétienne-sociale allemande (CSU), au Parti démocrate-chrétien suisse (PDC), à Forza Italia, à l’Union pour un mouvement populaire (UMP), ainsi que des divers droite.
  • La catégorie « social-démocrate » comprend les maires issus du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD), du Parti social-démocrate d’Autriche (SPÖ), du Parti socialiste suisse (PSS), du Parti démocrate italien (PD), des Sociaux-démocrates slovènes, du Parti socialiste français (PS) et des divers gauches.
  • La catégorie « sans étiquette » comprend aussi bien des maires indépendants que des membres de partis politiques locaux dont il n’a pas été possible de déterminer l’orientation politique.
  • La catégorie « libéral » comprend les maires issus du Parti libéral-radical suisse (PLR) et de l’Union des démocrates et indépendants en France.
  • La catégorie « droite populiste » comprend l’Union démocratique du centre (UDC, Suisse), le Parti autrichien de la liberté (FPÖ), la Ligue du Nord et la Ligue des Tessinois.
  • La catégorie « régionaliste » comprend l’Union valdotaine et le Parti populaire du Tyrol du Sud (SVP).
  • La catégorie « communiste » comprend le Parti communiste français (PCF) et Gauche écologie liberté (SEL, Italie).
  • La catégorie « écologiste » comprend Europe Écologie – Les Verts (EELV) et le Parti écologiste démocratique (ÖDP, Allemagne).

Voir aussi

Elections de septembre 2014 en Europe

Après une période de calme presque complet en juillet et en août, la rentrée électorale a véritablement eu lieu aujourd’hui avec des élections régionales dans le Land de Saxe en Allemagne (ndlr: résultats détaillés demain sur ce site). Les échéances électorales seront nombreuses en septembre, notamment en Suède et en Allemagne.

Les Suédois sont appelés aux urnes le 14 pour renouveler l’ensemble de leurs autorités – nationales, régionales et communales – en une fois, comme c’est la coutume dans ce pays. Les sociaux-démocrates, dans l’opposition depuis huit ans, sont donnés gagnant des élections nationales depuis des mois, mais cela ne suffira pas forcément à les ramener au pouvoir puisqu’il y aura forcément une coalition gouvernementale. Alors qu’ils avaient fait campagne commune avec les Verts et les communistes en 2010, les sociaux-démocrates font cavalier seul cette année et pourraient vouloir gouverner plutôt avec les centristes et les libéraux. Si c’est arithmétiquement possible, ces derniers préféreront toutefois probablement gouverner avec les conservateurs et les démocrates-chrétiens, comme ils le font depuis 2006.

En Allemagne, deux Länder de l’ancienne Allemagne de l’Est – la Thuringe et le Brandebourg – renouvelleront leurs autorités régionales le 14 septembre également. Le bon score réalisé par les eurosceptiques de l’Alternative pour l’Allemagne en Saxe le 31 août placera sans doute ces élections au centre de l’attention médiatique. Les libéraux du FDP pourraient disparaitre de ces deux parlement régionaux, faute d’y obtenir le quorum.

Élections régionales encore le 14 septembre en Crimée, sous administration russe. Il s’agira des premières élections qui se tiendront dans la région depuis l’occupation de cette région ukrainienne par l’armée russe. Des élections communales auront également lieu dans de nombreuses villes russes.

Des élections régionales auront également lieu dans le Land du Vorarlberg le 21 septembre, dans l’ouest de l’Autriche. Cette région est dirigée sans interruption par les conservateurs du Parti populaire (ÖVP) depuis 1945 et cela ne devrait pas changer cette année. Si l’on en croit les sondages toutefois, les conservateurs pourraient céder du terrain aux libéraux de NEOS – un parti fondé l’année passée qui a le vent en poupe – et aux écologistes.

Enfin, la moitié des 348 sièges du Sénat français seront renouvelés le 28 septembre. La gauche pourrait perdre la majorité qu’elle détient dans la chambre haute lors de ces élections indirectes. Notons toutefois que le gouvernement ne dépend pas d’une majorité dans cette chambre.

Elections communales de 2014 à Salzbourg (Autriche)

Des élections communales ont eu lieu aujourd’hui en ville de Salzbourg, la quatrième ville la plus grande d’Autriche. Le maire social-démocrate sortant, Heinz Schaden, a obtenu 45.3% des voix et affrontera au second tour le candidat conservateur Harald Preuner, largement distancié avec 19.5% des voix. Le deuxième tour aura lieu dans deux semaines. Les élections du parlement de la ville ont été marquée par la performance remarquée des libéraux de NEOS qui ont obtenu plus de 12% des voix pour leur première participation à des élections communales à Salzbourg. Le taux de participation s’est élevé à 49.7%, en recul de 7.4% par rapport aux élections de 2009.

Résultats détaillés des élections communales de 2014 à Salzbourg

  • Parti social-démocrate d’Autriche (SPÖ), 33.0% des voix (-2.8%), 15 sièges (-).
  • Parti populaire autrichien (ÖVP, conservateur), 19.4% des voix (-8.4%), 8 sièges (-3).
  • Les Verts, 13.5% des voix (-2.9%), 6 sièges (-1).
  • NEOS (libéral), 12.4% des voix (+12.4%), 5 sièges (+5).
  • Parti autrichien de la liberté (FPÖ, populiste de droite), 12.4% des voix (-0.9%), 5 sièges (-).
  • Citoyens pour Salzbourg (protection de la vieille ville), 3.4% des voix (+3.4%), 1 siège (+1).
  • Parti communiste d’Autriche (KPÖ), 2.1% des voix (-), 0 siège (-).
  • Team Salzbourg – Edi Mainoni (populiste de droite), 1.6% des voix (+1.6%), 0 siège (-).
  • Liste Doris Tazl & BZÖ (populiste de droite), 1.0% des voix (-3.6%), 0 siège (-2).

Source: Site internet de la ville de Salzbourg.

Voir aussi:

Elections de mars 2014 en Europe

Après des mois de janvier et de février très calmes, l’année électorale européenne commence véritablement en mars. Les Slovaques seront appelés aux urnes pour le premier tour de leur élection présidentielle, tandis que les Serbes renouvelleront – de manière anticipée – leur parlement. Trois cantons suisses – Nidwald, Obwald et Berne – iront aux urnes pour élire les membres de leurs exécutifs et de leurs législatifs et des élections communales se tiendront dans de nombreuses villes européennes, dont Paris, Istanbul, Amsterdam, Munich ou Belgrade.

Les Slovaques doivent élire un successeur à Ivan Gasparovic, le président conservateur sortant qui, après deux mandats, ne peut plus se représenter. Robert Fico, actuel Premier ministre social-démocrate, fait office de favori. Il pourrait affronter au second tour le philanthrope et ancien homme d’affaires Andrej Kiska. Le président slovaque ne dispose que de pouvoirs limités.

En Serbie, les électeurs sont appelés aux urnes le 16 mars pour des élections législatives anticipées. Ces élections font suite à des tensions dans la coalition électorale qui réunit, depuis les élections législatives de mai 2012, le Parti progressiste serbe (SNS, conservateur) et le Parti socialiste serbe (SPS, social-démocrate, nationaliste). Tous les sondages prédisent une large victoire du Parti progressiste serbe du président Tomislav Nikolic. Le même jour, les habitants de Belgrade renouvelleront les 110 sièges du parlement de la ville.

En Suisse, deux petits cantons de Suisse centrale, Obwald et Nidwald, ainsi que Berne, le deuxième canton le plus peuplé du pays, renouvelleront leurs autorités. Parmi les enjeux de ces scrutins, les questions de savoir si la gauche conservera sa majorité à l’exécutif bernois et si l’UDC parviendra à faire enfin son entrée à l’exécutif obwaldien recueillent une attention médiatique particulière. Quelques semaines après l’acceptation de l’initiative de l’UDC sur l’immigration de masse, le score de ce parti sera d’une manière générale regardé de près.

Des élections communales se tiendront en Europe dans le courant du mois de mars. La plupart des lecteurs sont déjà familiarisés avec les enjeux des élections municipales françaises: score du Front national, résistance d’un Parti socialiste à la tête d’un gouvernement particulièrement impopulaire, mairie de Marseille, etc. Les élections communales qui auront également lieu en Turquie sont vues comme un véritable test pour le Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan après des mois de contestation et de répression.

Si les élections françaises et turques devraient retenir l’essentiel de l’attention médiatique, d’autres scrutins locaux auront lieu en mars: le 9 au Monténégro et à Salzbourg, en Autriche; le 16 en Bavière, notamment dans deux des plus grandes villes d’Allemagne, Munich et Nuremberg; le 19 aux Pays-Bas, où le scrutin fera figure de test à deux mois des élections européennes; le 23, enfin, en Biélorussie, dans des conditions probablement tout sauf démocratiques.

Vous retrouverez les dates exactes de toutes ces élections sur notre calendrier électoral. Les résultats seront publiés sur ce blog au fur et à mesure de la tenue de ces élections!