Elections régionales de 2012 en Catalogne

Le président de la Catalogne, Artur Mas, a perdu son pari hier lors des élections qui se sont tenues dans cette région du nord-est de l’Espagne. Artur Mas avait convoqué des élections anticipées et axé sa campagne sur l’organisation future d’un référendum d’indépendance en Catalogne. Si les sondages ont parfois donné une majorité en faveur de l’indépendance de la région, Convergence et Union (CiU), la coalition électorale régionaliste de centre-droite dont fait partie Artur Mas, a enregistré un sévère recul lors des élections de hier, restant toutefois de loin le premier parti politique catalan. La CiU devrait former une coalition gouvernementale, alors qu’elle gouvernait seule depuis les élections régionales de 2010.

Il ne faut toutefois pas en déduire une défaite des partisans de l’indépendance, puisque les pertes de la CiU ont été presque intégralement compensées par la forte progression de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), une formation indépendantiste de gauche. Les Verts, eux aussi favorables à l’indépendance, progressent également et obtiennent le meilleur score de leur histoire, manquant de peu la barre des 10%.

Parmi les partis non-indépendantistes, on peut noter la bonne tenue du Parti populaire (PP, conservateur) du Premier ministre Mariano Rajoy, farouchement opposé à l’indépendance et même à toute forme de fédéralisme, qui gagne un siège supplémentaire. Le Parti des citoyens, parti de centre-gauche opposé indépendance, cartonne, tandis que le Parti socialiste subit une lourde défaite, à l’image des autres défaites subies en Espagne depuis les élections régionales et communales de mai 2011.

Résultats détaillés des élections régionales de 2012 en Catalogne:

  • Convergence et Union (CiU, indépendantistes et régionalistes de droite), 30.7% des voix (-7.8%), 50 sièges (-12).
  • Parti socialiste de Catalogne (PSC, social-démocrate), 14.4% des voix (-4.0%), 20 sièges (-8).
  • Gauche républicaine de Catalogne (ERC, indépendantiste de gauche), 13.7% des voix (+6.7%), 21 sièges (+11).
  • Parti populaire (PP, conservateur), 13.0% des voix (+0.6%), 19 sièges (+1).
  • Initiative pour la Catalogne – Les Verts (ICV, écologiste), 9.9% des voix (+2.5%), 13 sièges (+3).
  • Parti des citoyens (centre-gauche, pro-Espagne), 7.6% des voix (+4.2%), 9 sièges (+6).
  • Candidats d’unité populaire (CUP, indépendantistes de gauche), 3.5% des voix (+3.5%), 3 sièges (+3).
  • Plateforme pour la Catalogne (PxC, populiste de droite), 1.7% des voix (-0.8%), 0 siège (-).
  • Solidarité catalane pour l’indépendance (SI, indépendantiste de gauche), 1.3% des voix (-2%), 0 siège (-4).

Voir aussi:

Élections de novembre 2012 en Europe

Si le calendrier électoral européen est un peu moins chargé en novembre 2012 qu’en octobre, certaines échéances n’en sont pas moins très attendues. Ainsi, les élections régionales qui se tiendront le 25 novembre en Catalogne seront très suivies, et pas seulement en Espagne. En cas de victoire des indépendantistes, un référendum pourrait être organisé sur l’indépendance de la région, à l’image du référendum prévu en Écosse en 2014. On peut douter toutefois que le gouvernement espagnol sera prêt à laisser partir la Catalogne aussi facilement que le gouvernement britannique semble prêt à laisser partir l’Écosse.

Le 11 novembre, les Slovènes iront, eux, aux urnes pour désigner un nouveau président, ou, d’ailleurs, pour reconduire l’ancien. Trois candidats s’affrontent: le président sortant, Danilo Türk, un indépendant soutenu notamment par Slovénie positive (centre-gauche), le parti qui a remporté les élections législatives de décembre 2011 (sans toutefois parvenir à former un gouvernement); le social-démocrate Borut Pahor, Premier ministre jusqu’aux dites élections; enfin, le conservateur Milan Zver, membre du Parti démocrate slovène (SDS) au pouvoir. Les sondages ont pour l’heure donné une confortable avance à Danilo Türk.

Si les autres échéances officielles – élections législatives à Saint-Marin, élections communales à Berne et référendum en Irlande – vont probablement moins attirer l’attention des médias européens, il nous faut encore évoquer deux élections partisanes.

En France, les membres de l’UMP (conservateur) éliront un nouveau président le 18 novembre prochain. Deux candidats ont obtenu les parrainages nécessaires pour se présenter: l’ancien Premier ministre François Fillon et le Secrétaire général du parti, Jean-François Copé. L’UMP, fondée en 2002 pour soutenir Jacques Chirac lors de l’élection présidentielle d’alors, est le premier parti d’opposition au gouvernement socialiste de Jean-Marc Ayrault.

En Italie, ce sont les membres du Parti démocrate (PD, social-démocrate), du Parti socialiste italien (PSI, social-démocrate), l’Alliance pour l’italie (ApI, centriste) et de Gauche, écologie et liberté (SEL, gauche de la gauche) désigneront, le 25 novembre, le candidat qui doit conduire la coalition de centre-gauche lors des élections législatives italiennes de 2013. Au vu des sondages actuels, la personne désignée lors de cette primaire a des chances raisonnables de devenir le prochain Président du Conseil italien. Cinq candidats se disputeront les suffrages: Pier Luigi Bersani (PD), secrétaire général du Parti démocrate; Laura Puppato (PD), conseillère régionale de Vénétie; Matteo Renzi (PD), maire de Florence; Bruno Tabacci (ApI), ancien président de la région Lombardie; Nicola Vendola (SEL), président de la région des Pouilles.

Les résultats des élections du mois de novembre seront évidemment présentés ici même au fur et à mesure de leur déroulement!

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Elections municipales de 2011 à Barcelone

Les citoyens espagnols étaient appelés à renouveler leurs autorités municipales dimanche. A Barcelone, les socialistes ont subi une défaite historique puisqu’ils ont perdu la mairie de la ville qu’ils détenaient depuis la chute de la dictature, au milieu des années 1970. Les régionalistes de droite de la coalition Convergence et Union dirigeront la ville pendant les quatre prochaines années.

Résultats détaillés des élections communales à Barcelone:
  • Convergence et union (CiU, régionalistes de droite), 28.7% des voix, 15 sièges (+3).
  • Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, social-démocrate), 22.1% des voix, 11 sièges (-3).
  • Parti populaire (PP, conservateur), 17.2% des voix, 8 sièges (+1).
  • Initiative pour la Catalogne – Verts (ICV, écologistes), 10.4% des voix, 5 sièges (+1).
  • Coalition de plusieurs partis séparatistes de gauche, 5.6% des voix, 2 sièges (-2).
  • Candidature d’unité populaire (CUP, extrême-gauche indépendantiste), 2.0% des voix, 0 siège (-).
  • Citoyens (C’s, centre-gauche pro-espagnol), 1.9% des voix, 0 siège (-).
  • Citoyens en blanc (parti militant pour une prise en compte des bulletins blanc), 1.7% des voix, 0 siège (-).
  • Solidarité catalane pour l’indépendance (SI), 1.1% des voix, 0 siège (-).
  • Les Verts – Groupe Vert (EV-GVE, écologistes), 1.0% des voix, 0 siège (-).

Élections régionales de 2010 en Catalogne

La droite régionaliste a remporté une nette victoire aujourd’hui en Catalogne. La coalition de gauche au pouvoir depuis quatre ans n’a donc pas réussi à remporter un second mandat, affaiblissant ainsi un peu plus encore l’impopulaire premier ministre espagnol socialiste José Luis Zapatero.

Les résultats des élections régionales de 2010 en Catalogne sont les suivants:

  • Convergence et Union (régionalistes, libéraux et démocrates-chrétiens), 62 sièges (+14).
  • Parti socialiste de Catalogne (PSC), 28 sièges (-9).
  • Parti populaire (PP, conservateurs), 18 sièges (+4).
  • Initiative pour une Catalogne verte (ICV), 8 sièges (-2).
  • Gauche républicaine catalane (ERC, séparatistes de gauche), 10 sièges (-11).
  • Solidarité catalane pour l’indépendance (SI, séparatistes), 4 sièges (+4).
  • Citoyens – Parti pour la citoyenneté (C’s, sociaux-libéraux), 3 sièges (-).
  • Gauche unie et alternative (EUiA, extrême-gauche), 2 sièges (-).
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