Élections législatives de 2015 en Estonie

Des élections législatives ont eu lieu hier en Estonie. La coalition au pouvoir – formée par le Parti de la Réforme d’Estonie (libéral) et le Parti social-démocrate (SDE) – a perdu la majorité au parlement. Le Parti de la Réforme d’Estonie a en revanche pu conserver sa première place, devant le Parti du Centre, un parti de centre-gauche particulièrement populaire auprès de l’importante minorité russophone. Enfin, deux nouveaux partis politiques conservateurs ont fait leur entrée au parlement: le Parti libre estonien, fondé par Andres Herkel, un dissident de l’Union Pro Patria et Res Publica (conservateur) et le Parti populaire conservateur, une formation eurosceptique.

Résultats détaillés des élections législatives de 2015 en Estonie:

  • Parti de la Réforme d’Estonie (libéral), 27.7% des voix (-0.9%), 30 sièges (-3).
  • Parti du centre (centre-gauche), 24.8% des voix (+1.5%), 27 sièges (+1).
  • Parti social-démocrate (SDE), 15.2% des voix (-1.9%), 15 sièges (-4).
  • Union Pro Patria et Res Publica (conservateur), 13.7% des voix (-6.8%), 14 sièges (-9).
  • Parti libre (conservateur), 8.7% des voix (+8.7%), 8 sièges (+8).
  • Parti populaire conservateur (conservateur eurosceptique), 8.1% des voix (+6.0%), 7 sièges (+7).
  • Parti vert (écologiste), 0.9% des voix (-2.9%), 0 siège (-).
  • Indépendants, 0.2% des voix (-2.6%), 0 siège (-).

Taux de participation: 64.2% (+0.7%).

Système électoral

Les élections législatives ont lieu normalement tous les quatre ans en Estonie, même s’il n’est pas rare que des élections anticipées soient convoquées. Les Estoniens élisent les 101 députés de leur parlement unicaméral (le Riigikogu) au système proportionnel (quota de Hare et méthode d’Hondt) sur des listes ouvertes, dans douze circonscriptions électorales comptant entre cinq et quatorze sièges. La taille des circonscriptions est déterminée par le nombre d’électeurs qui y vivent. Un quorum a été fixé à 5% au niveau national.

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Elections communales de 2013 en Estonie

Lors des élections communales qui se sont tenues le 20 octobre dernier en Estonie, le Parti du Centre (social-libéral) a remporté en moyenne près d’un tiers des votes et reste ainsi le premier parti dans les communes du pays. A Tallinn, la capitale du pays, le Parti du Centre a obtenu la majorité absolue des sièges, comme lors des dernières élections. Vous trouverez ci-dessous les résultats détaillés des élections communales à Tallinn et à Tartu, deuxième ville du pays comptant près de 100’000 habitants. Un quorum est fixé à 5% pour qu’un parti puisse être représenté dans un conseil communal.

Résultats détaillés des élections communales de 2013 en Estonie:

Tallinn:

46 Parti du Centre (social-libéral), 16 Union Pro Patria et Res Publica (IRL, conservatrice), 9 Parti de la réforme d’Estonie (libéral), 8 Parti social-démocrate (SDE).

Tartu:

15 Parti de la réforme d’Estonie (libéral), 11 Union Pro Patria et Res Publica (IRL, conservatrice), 9 Parti du Centre (social-libéral), 8 Parti social-démocrate (SDE), 3 Citoyens patriotiques libres (VIK, nationaliste), 3 Indépendants (Vabakund, indépendants et écologistes).

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Elections européennes de 2014

Les prochaines élections européennes auront lieu entre le 22 et le 25 mai 2014. Les citoyens des 28 États membres de l’Union européenne – la Croatie aura adhéré d’ici-là – éliront les 751 députés au Parlement européen. Il s’agira des neuvièmes élections européennes au suffrage universel, les premières ayant eu lieu en 1979. Le parti politique européen qui remporte ces élections – probablement le Parti populaire européen (PPE, conservateur) ou le Parti socialiste européen (PSE, social-démocrate) – verra sans doute un des siens accéder à la présidence de la Commission européenne.

Tous les résultats ici!

Mode de scrutin pour les élections européennes

Les élections européennes se déroulent obligatoirement au système proportionnel – par liste de partis ou au scrutin à vote unique transférable – et ce quel que soit le mode de scrutin utilisé par ailleurs pour les autres élections dans les différents pays.

Les États européens bénéficient toutefois d’une certaine marge de manœuvre puisqu’ils peuvent décider eux-même de:

  • La mise en place ou non de circonscriptions électorales.
  • L’établissement d’un quorum (seuil minimum pour être représenté au parlement). Il ne doit toutefois pas dépasser 5%.
  • La méthode de répartition des sièges (plus fort reste ou plus forte moyenne).

Le droit de vote des citoyens européens prévaut dans l’ensemble des États de l’Union européenne lors des élections européennes, à l’image des élections locales. Les citoyens européens votent, lors des élections européennes, dans le pays dans lequel ils résident, et non dans le pays d’où ils viennent. Un citoyen allemand résidant en France a donc le droit de vote en France pour les élections européennes.

Retour sur les élections européennes de 2009

Les dernières élections européennes se sont déroulées du 4 au 7 juin 2009. Le Parti populaire européen – qui regroupe des partis politiques démocrates-chrétiens et conservateurs – a remporté ces élections, devançant le Parti socialiste européen et le Parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs. La composition des groupes parlementaires a été la suivante à l’issue des élections européennes de 2009:

  • Groupe du Parti populaire européen (PPE, conservateur et démocrate-chrétien), 265 sièges (+21).
  • Alliance progressiste des socialistes et des démocrates au Parlement européen (social-démocrate), 184 sièges (-35).
  • Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (libéral et social-libéral), 84 sièges (-4).
  • Groupe des Verts / Alliance libre européenne (écologiste et régionaliste), 55 sièges (+12).
  • Groupe des conservateurs et des réformateurs européens (conservateur eurosceptique), 55 sièges (+55).
  • Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique (gauche de la gauche), 35 sièges (-6).
  • Groupe Europe libertés démocratie (droite populiste et/ou eurosceptique), 32 sièges (+32).
  • Non inscrits (divers), 26 sièges (-3).

Forces en présence pour les élections européennes de 2014

La plupart des partis politiques des pays européens sont regroupés dans des partis politiques européens, véritables fédérations rassemblant des partis politiques partageant des idéologies proches.

Le Parti populaire européen (PPE)  est, à l’heure actuelle, le plus important parti politique européen et a de bonnes chances de le rester après 2014. D’orientation démocrate-chrétienne ou conservatrice, ses membres sont pour la plupart pro-européens. Le PPE regroupe aussi bien l’UMP, que le Parti populaire espagnol, la CDU allemande ou le Peuple de la Liberté italien. A la mi-avril 2013, le Parti populaire européen regroupe notamment douze des vingt-huit chefs de gouvernements de l’Union européenne.

Le Parti socialiste européen (PSE) est, à l’heure actuelle, le deuxième parti le plus important de l’Union européenne. S’il lui est arrivé par le passé d’occuper la première place, il semble relativement improbable, à ce stade, que le PSE l’emporte en 2014. Les partis politiques membres du Parti socialiste européen sont pour la plupart sociaux-démocrates et pro-européens. A la mi-avril 2013, le Parti socialiste européen compte notamment neuf des 28 chefs de gouvernements de l’Union européenne (y. c. Croatie).

L’Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe (ALDE) est la troisième force politique de l’Union européenne. Elle regroupe des partis politiques libéraux ou sociaux-libéraux, dont la position sur le spectre politique va du centre-gauche (l’Italie des Valeurs par exemple) à la droite (Parti populaire libéral et démocrate néerlandais par exemple). Ces partis sont, le plus souvent, pro-européens. Deux gouvernements de l’Union européenne sont actuellement dirigés par un membre de l’Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe: les Pays-Bas et l’Estonie. Les quelques élus du Parti démocrate européen – notamment les membres du MoDem – ont siégé jusqu’à maintenant avec les députés européens de l’ALDE.

Le Parti vert européen regroupe, comme son nom l’indique, des partis politiques écologistes et, pour la plupart, pro-européens. En 2009, le Parti vert européen a obtenu l’ensemble de ses élus au Parlement européen dans les pays de l’ancienne Europe des 15, est donc aucun dans l’ancien bloc communiste. Les écologistes siègent, au Parlement européen, avec quelques élus issus de l’Alliance libre européenne, un parti politique européen regroupant des partis régionalistes, majoritairement de gauche ou de centre-gauche. Le Parti national écossais (SNP) du Premier ministre Alex Salmond est, par exemple, membre de l’Alliance libre européenne. Enfin, verts et régionalistes ont été rejoints au Parlement européen par quelques autres élus, dont les deux députés européens du Parti pirate suédois.

L’Alliance des conservateurs et réformistes européens est un parti politique européen fondé en 2009 à l’initiative du Parti conservateur britannique de David Cameron. Il regroupe des partis politiques eurosceptiques, certains étant des partis conservateurs classiques et d’autres étant davantage nationalistes. Avant 2009, une partie de ces partis étaient membres du Parti populaire européen, tandis que d’autres faisaient partie de la défunte Union pour l’Europe des nations. Outre David Cameron, le Premier ministre tchèque appartient également à ce parti.

Le Parti de la gauche européenne regroupe des partis politiques communistes et d’autres partis de la gauche de la gauche. Ces partis sont plutôt eurosceptiques, du moins sceptiques sur l’Union européenne telle qu’elle existe aujourd’hui. Ils siègent au Parlement européen avec un élu de la Gauche verte nordique et quelques autres élus de différents partis nationaux situés à la gauche des sociaux-démocrates, dont le Sinn Féin irlandais.

Le Mouvement pour une Europe des libertés et de la démocratie (MELD) est un parti politique européen fondé en 2011 et regroupant une partie des membres du groupe Europe libertés démocratie du Parlement européen. On y trouve notamment la Ligue du Nord italienne et les Vrais finnois, deux partis de droite populiste. Au Parlement européen, les membres du MELD siègent notamment avec le Parti de l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), un parti demandant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

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Élection présidentielle de 2011 en Estonie

Le président estonien sortant Toomas Hendrik Ilves a été réélu aujourd’hui par le parlement pour un deuxième mandat de 5 ans. Toomas Hendrik Ilves, membre du Parti social-démocrate estonien jusqu’à sa première élection en 2006, a été réélu dès le premier tour de scrutin avec 73 voix contre 25 à son adversaire Indrek Tarand, un député européen indépendant mais siégeant avec les Verts. Ilves a ainsi obtenu la majorité des deux tiers nécessaire à une élection au premier tour de scrutin et est le premier candidat à y parvenir depuis l’indépendance estonienne en 1991.

Toomas Hendrik Ilves a reçu le soutien des députés du Parti de la réforme (libéral) et de l’union Pro Patria et Res Publica (conservateur), ainsi que de son ancien parti social-démocrate. Son adversaire Indrek Tarand a été soutenu par le Parti du Centre. Les Verts ne sont plus représentés au parlement estonien depuis les élections législatives du 6 mars 2011. Toomas Hendrik Ilves présente la particularité, pour un chef d’État, d’être et d’avoir grandi à l’étranger, respectivement en Suède et aux Etats-Unis. Il n’est revenu en Estonie qu’après l’indépendance. Le rôle du président estonien est essentiellement honorifique.

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Élections législatives de 2011 en Estonie

Le Premier ministre libéral estonien Andrus Ansip peut avoir le sourire: aussi bien le Parti de la Réforme, auquel il appartient, que les conservateurs de Pro Patria, ses alliés gouvernementaux, ont progressé. La majorité gouvernementale sort ainsi renforcée des élections en Estonie.

Pour l’opposition, le bilan est plus que contrasté: si les sociaux-démocrates sortent largement renforcés de ces élections et si le Parti du Centre parvient tant bien que mal à limiter les pertes, les écologistes et les agrariens disparaissent, eux, purement et simplement du Parlement.

Les résultats complets des élections législatives estoniennes ci-dessous:

  • Parti de la Réforme (libéral): 28.6% des voix (+0.8%), 33 sièges (+2).
  • Parti du Centre: 23.3% des voix (-2.8%), 26 sièges (-3).
  • Pro Patria et Res Publica (conservateurs): 20.5% des voix (+2.6%), 23 sièges (+4).
  • Parti social-démocrate: 17.1% des voix (+6.4%), 19 sièges (+9).
  • Les Verts: 3.8% des voix (-3.3%), 0 sièges (-6).
  • Union du Peuple d’Estonie (agrariens): 2.1% des voix (-4.0%), 0 sièges (-6).
  • Parti russe en Estonie (minorité russe, conservateurs): 0.9% des voix (+0.7%), 0 sièges (-).
  • Parti des démocrates-chrétiens: 0.5% des voix (-1.2%), 0 sièges (-).
  • Parti de l’indépendance estonienne (nationaliste, eurosceptique): 0.4% des voix (+0.25), 0 sièges (-).
  • Indépendants: 2.8% des voix (+2.7%), 0 sièges (-).

L’Estonie est le plus petit des trois États baltes, avec 1’340’000 habitants. Devenue indépendante en 1991, l’Estonie a adhéré à l’Union européenne en 2004 et adopté l’Euro le 1er janvier 2011.

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