Européennes de 2014 – Et si les Français avaient voté comme les Allemands?

Les élections européennes se déroulent simultanément dans l’ensemble des pays membres de l’Union européenne, selon le système proportionnel. On pourrait donc naïvement penser que les conditions d’élection sont les mêmes en Allemagne, en France ou à Chypre. C’est pourtant loin d’être le cas! Nous avons pris les résultats des élections européennes de 2014 en France et réparti les sièges selon le système électoral en vigueur en Allemagne. Le résultat final est très différent!

Différences théoriques…

  • En Allemagne, les élections européennes se déroulent dans une circonscription unique. Il n’y a de plus pas de quorum, c’est-à-dire pas de seuil en-dessous duquel un parti ne peut pas prétendre obtenir de sièges. Enfin, la répartition des sièges se fait selon la méthode de Sainte Laguë, une méthode réputée pour ne favoriser ni les grands, ni les petits partis.
  • En France, les élections européennes se déroulent dans huit circonscriptions électorales. Un quorum est par ailleurs fixé à 5%, les partis politiques ayant obtenu un résultat inférieur ne pouvant pas obtenir de sièges. Enfin, la répartition des sièges se fait selon la méthode d’Hondt, une méthode réputée pour favoriser plutôt les grands partis.

Différences dans la pratique…

Nous avons donc pris les résultats des élections européennes de 2014 en France au niveau national et avons réparti les sièges selon le système électoral en vigueur en Allemagne. Sans surprise, les grands partis – Front national, UMP et Parti socialiste – auraient reçu nettement moins de sièges et les petits partis en auraient reçu bien davantage.

Les perdants…

  • Le Front national n’aurait obtenu que 18 sièges, contre 24 en réalité, soit une baisse de six sièges.
  • L’UMP n’aurait obtenu que 15 sièges, contre 20 en réalité, soit une baisse de cinq sièges.
  • Le Parti socialiste et le Parti radical de gauche n’auraient obtenu que 10 sièges, contre 13 en réalité, soit une baisse de trois sièges.

Ceux pour qui cela ne change rien…

  • La liste centriste réunissant le MoDem et l’UDI aurait obtenu 7 sièges, soit exactement le nombre de sièges obtenu en réalité.

Les gagnants

  • Europe Écologie – Les Verts aurait obtenu sept sièges, contre six en réalité, soit une hausse de un siège.
  • Le Front de Gauche aurait obtenu cinq sièges, contre quatre en réalité, soit une hausse de un siège.
  • Debout la France aurait obtenu trois sièges, contre aucun en réalité, soit une hausse de trois sièges.
  • Nouvelle Donne aurait obtenu deux sièges, contre aucun en réalité, soit une hausse de deux sièges.
  • Nous Citoyens aurait obtenu un siège, contre aucun en réalité, soit une hausse de un siège.
  • Lutte ouvrière aurait obtenu un siège, contre aucun en réalité, soit une hausse de un siège.
  • L’Alliance écologiste indépendante aurait obtenu un siège, contre aucun en réalité, soit une hausse de un siège.
  • Force vie aurait obtenu un siège, contre aucun en réalité, soit une hausse de un siège.

Conclusion

Si le système électoral en vigueur en Allemagne avait été utilisé en France, la délégation française au Parlement européen aurait donc été bien plus fragmentée qu’elle ne l’est actuellement. En revanche, 96.3% des Français auraient été représentés au Parlement européen par au moins un député, contre seulement 85.2% actuellement. Les deux graphiques ci-dessous montrent les différences existant entre le pourcentage de sièges obtenus et le pourcentage de suffrages obtenus. Le premier graphique montre les résultats réels et le second montre la situation si le système allemand avait été appliqué.

Réalité

Système allemand

Le but de cet article n’est pas de prendre position en faveur de l’un ou l’autre de ces systèmes électoraux, mais bien de montrer à quel point des systèmes électoraux différents conduisent à des résultats différents, même s’ils sont tous les deux proportionnels.

N.B.: Un quorum de 5% était en vigueur en Allemagne jusqu’aux élections européennes de 2009. La Cour constitutionnelle allemande a toutefois estimé que ce quorum n’était pas valable et les élections européennes se sont donc déroulées sans quorum.

Elections départementales de 2015 en France

Les élections départementales ont eu lieu les 22 et 29 mars 2015 en France, afin de renouveler les 98 conseils départementaux du pays. 4058 conseillers départementaux, élus pour la première fois selon un système majoritaire binominal paritaire à deux tours, ont été élus. La droite, et notamment l’Union pour un mouvement populaire (UMP, conservateur), a largement remporté ces élections et est désormais majoritaire dans 67 départements, contre 41 jusque-là. La gauche perd autant de départements que la droite en gagne et n’en détient plus que 31. Le Front national (FN, extrême-droite) a obtenu 62 conseillers départementaux, un résultat historique mais qui ne lui a pas permis de devenir majoritaire dans l’un ou l’autre d’entre eux.

Abréviations utilisées

  • DLF: Debout la France (conservateur, eurosceptique).
  • DVD: Divers droite.
  • DVG: Divers gauche
  • EELV: Europe Écologie-Les Verts (écologiste).
  • F13: Force 13 (socialistes dissidents).
  • FC: Faisons la Corse (régionaliste).
  • FG: Front de Gauche (gauche de la gauche).
  • FN: Front National (extrême-droite).
  • MBP: Mouvement Bretagne et Progrès (régionaliste de gauche).
  • MDP: Mouvement des progressistes (gauche de la gauche).
  • MoDem: Mouvement démocrate (centriste).
  • PCF: Parti communiste français.
  • PG: Parti de Gauche (gauche de la gauche).
  • PRG: Parti radical de gauche (social-libéral).
  • PS: Parti socialiste (social-démocrate).
  • UDI: Union des démocrates et indépendants (libéral).
  • UMP: Union pour un mouvement populaire (conservateur).

Résultats nationaux

  • UMP, 1080 élus.
  • PS, 954 élus.
  • DVD, 899 élus.
  • DVG, 403 élus.
  • UDI, 364 élus.
  • PCF, 121 élus.
  • PRG, 63 élus.
  • FN, 62 élus.
  • MoDem, 48 élus.
  • EELV, 35 élus.
  • FG, 19 élus.
  • PG, 2 élus.
  • DLF: 1 élu.
  • MPF: 1 élu.
  • Div: 3 élus.

Taux de participation: 50.2% au premier tour et 50.0% au second tour.

Résultats détaillés (en cours de rédaction)

Ain

L’UMP reprend la présidence du Conseil départemental perdue en 2008 au profit du PS.

24 UMP, 11 DVD, 7 UDI, 2 PS, 2 DVG.

Aisne

L’UDI prend la présidence du Conseil départemental que l’UDF avait perdue en 1998 au PS.

10 UMP, 8 FN, 7 PS, 5 PCF, 5 UDI, 3 DVD, 2 DVG, 1 EELV, 1 PRG.

Allier

L’UMP prend la présidence du Conseil départemental au PCF. Ce dernier la détenait depuis 2008.

10 DVD, 8 PS, 7 PCF, 7 UMP, 3 UDI, 2 PRG, 1 DVG.

Alpes de Haute-Provence

Le PS conserve la présidence de ce département qu’il détient depuis 1998.

16 PS, 4 UMP, 4 DVD, 2 UDI, 2 EELV, 2 DVG.

Alpes-Maritimes

L’UMP conserve la présidence des Alpes-Maritimes, un département détenu par la droite sans interruption depuis 1951.

43 UMP, 7 UDI, 2 PCF, 1 PS, 1 EELV.

Ardèche

Le PS conserve la présidence de ce département qu’il détient depuis 1998.

15 PS, 8 UMP, 7 DVG, 2 UDI, 1 PRG, 1 PCF.

Ardennes

L’UMP conserve la présidence de ce département détenue par la droite sans interruption depuis 1973.

21 DVD, 6 UMP, 4 PS, 3 DVG, 3 UDI, 1 DLF.

Ariège

Le PS conserve la présidence de ce département qu’il détient depuis 1949 au moins.

16 PS, 6 DVG, 4 DVD.

Aube

La droite conserve la présidence de ce département qu’elle détient depuis 1949 au moins.

18 UMP, 9 DVD, 7 UDI.

Aude

Le PS conserve la présidence de ce département qu’il détient sans interruption depuis 1945.

33 PS, 2 DVD, 2 DVG, 1 PRG.

Aveyron

L’UDI conserve la présidence de ce département que des formations centristes détiennent sans interruption depuis 1949.

16 DVD, 8 UDI, 7 PS, 6 DVG, 6 UMP, 3 PRG.

Bouches-du-Rhône

L’UMP prend la présidence des Bouches-du-Rhône au PS que ce dernier détenait sans interruption depuis 1949 au moins.

26 UMP, 15 PS, 6 UDI, 4 PCF, 2 FN, 2 EELV, 2 F13, 1 FG.

Calvados

L’UDI conserve la présidence du Calvados, un département détenu par la droite sans interruption depuis 1945.

20 DVD, 9 PS, 8 UMP, 6 UDI, 4 PRG, 2 MoDem, 1 DVG.

Cantal

L’UMP conserve la présidence du Cantal, un département détenu par la droite sans interruption depuis 1951 au moins.

12 DVD, 9 UMP, 4 PRG, 3 PS, 1 UDI, 1 DVG.

Charente

Le PS a perdu la présidence de la Charente au profit d’un élu divers droite.

14 DVD, 11 PS, 6 DVG, 4 UDI, 1 UMP, 1 FG, 1 EELV.

Charente-Maritime

L’UMP conserve la présidence de ce département que la gauche n’a plus dirigé depuis 1985.

19 UMP, 13 DVD, 8 PRG, 7 PS, 5 DVG, 2 UDI.

Cher

L’UMP prend au PS la présidence de ce département que les socialistes détenaient depuis 2004.

15 DVD, 10 PS, 6 UMP, 3 PCF, 3 UDI, 1 divers.

Corrèze

L’UMP reprend au PS la présidence de ce département que François Hollande lui-même avait conquise en 2008.

20 UMP, 12 PS, 5 DVD, 1 UDI.

Corse-du-Sud

Un DVD succède à un UMP à la présidence du département.

10 UMP, 8 DVD, 4 DVG.

Côte-d’Or

L’UDI conserve la présidence de la Côte-d’Or.

16 UMP, 15 PS, 7 DVD, 5 UDI, 1 EELV, 1 MDP, 1 DVG.

Côtes-d’Armor

L’UMP prend la présidence des Côtes-d’Armor que le PS détenait sans interruption depuis 1976.

17 DVD, 12 PS, 9 UMP, 6 UDI, 5 PCF, 4 DVG, 1 MoDem.

Creuse

L’UMP prend la présidence de la Creuse que le PS détenait depuis 2001.

13 PS, 12 UMP, 4 DVD, 1 EELV.

Dordogne

Le PS conserve la présidence de la Dordogne qu’il détient depuis 1994.

34 PS, 5 UMP, 5 DVD, 4 PCF, 2 UDI.

Doubs

Un élu DVD prend la présidence du Doubs au PS. Ce dernier la détenait depuis 2004.

13 UMP, 12 PS, 8 DVD, 2 UDI, 2 DVG, 1 MoDem.

Drôme

L’UMP a pris au PS un département que ce dernier détenait depuis 2004.

10 UMP, 9 PS, 8 UDI, 6 DVG, 4 DVD, 1 PRG.

Eure

L’UMP a pris la présidence du département au PS.

13 UMP, 10 UDI, 7 DVD, 6 PS, 6 DVG, 3 PCF, 1 EELV.

Eure-et-Loir

L’UMP conserve la présidence de l’Eure-et-Loir.

22 UMP, 3 DVD, 3 UDI, 2 DVG.

Finistère

Le PS conserve un département qu’il détient depuis 1998.

28 PS, 12 DVD, 7 UMP, 5 UDI, 2 MBP.

Gard

Le PS conserve un département qu’il détient depuis 1945.

12 UMP, 11 PS, 7 UDI, 6 PCF, 4 FN, 2 EELV, 2 DVG, 1 DVD.

Haute-Corse

Le PRG conserve la présidence de la Haute-Corse qu’il détient depuis 1998.

9 DVG, 7 PRG, 5 DVD, 3 UMP, 3 FC, 2 sans étiquette, 1 Mouvement corse-démocrate.

Haute-Garonne

Le PS conserve un département qu’il détient depuis 1945.

43 PS, 3 UMP, 3 DVG, 2 PRG, 1 MoDem, 1 UDI, 1 DVD.

Hautes-Alpes

L’UMP conserve la présidence de ce département qu’elle détient depuis 2008.

11 DVD, 9 UMP, 3 PS, 2 UDI, 2 FG, 2 sans étiquette, 1 PRG.

Voir aussi

Retour sur la composition actuelle du Sénat

A quelques jours des élections sénatoriales en France, nous avons jugé utile de revenir sur la composition actuelle du Sénat. Le Sénat issu des élections de 2011 a ceci d’historique qu’il a, pour la première fois de son histoire, eu une (courte) majorité de gauche, et ce même si le groupe UMP compte deux députés de plus que le groupe socialiste. Au vu du succès de la droite lors des élections communales de ce printemps, il y a toutefois fort à parier que cela n’aura été qu’une brève parenthèse dans l’histoire de la chambre haute et que la droite reprendra la majorité ce dimanche. Pour rappel, le Sénat est élu de manière indirecte et seule la moitié des sièges sera renouvelée ce week-end. N’hésitez d’ailleurs pas à consulter notre mode d’emploi sur les élections sénatoriales.

Composition du Sénat pendant la période 2011-2014

Le graphique ci-dessous présente la composition du Sénat français pendant la période 2011-2014:

composition-senat-france-2011-2014Le Groupe communiste, républicain et citoyen compte 21 sénateurs, le Groupe socialiste et apparentés 128, le Groupe écologiste 10, le Groupe du Rassemblement démocratique et social européen 19 (social-libéral), le Groupe de l’Union des démocrates et indépendants (UDI, centriste) 31, le Groupe de l’Union pour un mouvement populaire (UMP, conservateur) 130. Enfin, cinq sénateurs n’appartiennent à aucun groupe et quatre sièges sont vacants. Europe Écologie Les Verts est le seul groupe qui ne peut pas perdre dimanche puisque l’ensemble de ses dix sièges seront renouvelés dans trois ans.

Voir aussi

Profil politique des villes alpines

Quelle est la tendance politique des villes alpines? Intuitivement, beaucoup diraient probablement « clairement à droite ». Une analyse réalisée par Élections en Europe sur la couleur politique des maires des 206 communes de plus de 10’000 habitants situées dans le périmètre de la Convention alpine montre que ce n’est pas si clair. Sur les 206 maires concernés, 100 peuvent être dits « de droite » (48.5%), 73 « de gauche » (35.4%) et 33 sont « sans étiquette » (16%). La droite domine, certes, mais cette domination n’est pas écrasante. La différence n’est pas flagrante non plus au niveau du nombre d’habitants concernés – 2’327’000 dans des villes gouvernées à droite (50.6%) contre 1’833’000 dans celles gouvernées à gauche (39.8%) et 442’000 dans les villes « sans étiquettes » (9.6%).

Le lecteur doit garder en tête, en lisant les résultats ci-dessous, qu’il s’agit d’une photographie de la situation au 7 septembre 2014. Une ville française qui n’aurait eu que des maires socialistes depuis 1945 et qui aurait élu un maire UMP pour la première fois en mars 2014 est comptabilisée « à droite ». Des recherches beaucoup plus poussées seraient nécessaires pour tirer des conclusions dans le temps long.

Panorama général

La carte ci-dessous donne une vue d’ensemble de la couleur politique des maires des villes alpines. Géographiquement, on peut observer que la droite domine assez clairement dans les villes suisses, allemandes, de l’ouest de l’Autriche (Vorarlberg et Tyrol) et dans la plus grande partie des Alpes françaises. La gauche, au contraire, est dominante en Italie, ainsi que dans le sud-est de l’Autriche (Carinthie et Styrie) et dans les agglomérations de Grenoble et d’Annemasse.

villes-alpines

Les couleurs se rapportent à la tendance politique des maires concernés (voir la légende et les remarques en fin d’article sur la catégorisation des partis politiques), tandis que la taille des cercles est proportionnelle à la population des villes.

Grandes villes

Les Alpes comptent cinq villes de plus de 100’000 habitants. Trois ont un maire social-démocrate (Bolzano, Salzbourg et Trento), une un maire écologiste (Grenoble) et une un maire conservateur (Innsbruck).

Grenoble et Salzbourg disposent d’une véritable tradition de gouvernement de gauche (1919-1935, 1945-1959, 1965-1983 et à nouveau depuis 1995 pour Grenoble; 1946-1992 et à nouveau depuis 1999 pour Salzbourg). Bolzano et Trento ont au contraire de longues traditions de domination démocrate-chrétienne. Ce n’est que récemment que des maires de gauche ont pu s’y imposer, souvent à la faveur d’alliances larges regroupant également des partis de droite, notamment régionalistes. Innsbruck, enfin, est un vrai fief conservateur.

Villes moyennes

La droite dirige 19 des 28 villes alpines comptant entre 30’000 et 100’000 habitants. Parmi ces dix-neuf villes, on peut citer bon nombre de mairies aux mains de la droite classique – démocrates-chrétiens à Lucerne, UMP à Chambéry, CSU à Rosenheim ou encore Forza Italie à Gorizia – mais également trois villes dirigées par la droite populiste. Il s’agit de Klagenfurt en Autriche, la capitale de la Carinthie, région jadis dirigée par Jörg Haider, de Lugano et de Thoune, deux villes suisses.

Sur les neuf villes dirigées par la gauche, citons deux mairies communistes – Echirolles et Saint-Martin-d’Hères, toutes deux en Isère – mais également Villach où le social-démocrate Helmut Manzenreiter a été élu pour la première fois en 1987 ou Annemasse, ville dirigée par des maires divers gauche depuis 1977.

Petites villes

Sur les 206 villes alpines de plus de 10’000 habitants, 173, donc l’écrasante majorité, en comptent entre 10’000 et 30’000. Les petites villes sont, et ce n’est pas une surprise, le fief des indépendants. Aucun des 33 maires sans étiquette ne dirige une ville de plus de 21’000 habitants (Weilheim, en Haute-Bavière, étant la plus grande d’entre elles). Par contre, et c’est là que c’est plus surprenant, la gauche est à la tête de 60 de ces 173 petites villes (contre 80 pour la droite), un nombre largement supérieur à ce que nous avions supposé avant de rassembler ces données. Deux hypothèses pour expliquer cette bonne tenue de la gauche dans les petites villes alpines: 1) ces villes sont moins conservatrices que ce que l’on pourrait penser au premier abord; 2) l’étiquette politique y joue un rôle moindre que dans des villes plus grandes, permettant ainsi à des personnalités de gauche de se faire élire par des électorats de droite. Des analyses plus poussées seraient nécessaires pour trancher.

Résumé

Le tableau ci-dessous présente brièvement les principaux chiffres relevés dans les trois chapitres précédents. On y voit clairement la domination de la gauche dans les grandes villes – à relativiser puisque le basculement d’une seule ville change les chiffres de 20% – la domination de la droite dans les villes moyennes et la situation plus équilibrée régnant dans les petites villes.

Catégorie Nbe de villes Droite Gauche SE
Grandes villes 5 20% 80% 0%
Villes moyennes 28 68% 32% 0%
Petites villes 173 47% 35% 19%

Périmètre retenu

Nous avons choisi de prendre en compte les 206 communes de plus de 10’000 habitants situées dans le périmètre de la Convention alpine. La Convention alpine est un traité de droit international public ratifié par l’ensemble des États alpins et visant à la protection de l’environnement alpin. La Convention alpine a délimité un périmètre géographique correspondant, grosso modo, au massif alpin. Ces villes comptent en tout 4.6 millions d’habitants sur un total de 14 millions de personnes résidant au sein du périmètre de la Convention alpine.

Classification des partis politiques

Les partis politiques ont été répartis de la manière suivante au sein des différentes catégories:

  • La catégorie « conservateur » comprend les maires affiliés au Parti populaire autrichien (ÖVP), à l’Union chrétienne-sociale allemande (CSU), au Parti démocrate-chrétien suisse (PDC), à Forza Italia, à l’Union pour un mouvement populaire (UMP), ainsi que des divers droite.
  • La catégorie « social-démocrate » comprend les maires issus du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD), du Parti social-démocrate d’Autriche (SPÖ), du Parti socialiste suisse (PSS), du Parti démocrate italien (PD), des Sociaux-démocrates slovènes, du Parti socialiste français (PS) et des divers gauches.
  • La catégorie « sans étiquette » comprend aussi bien des maires indépendants que des membres de partis politiques locaux dont il n’a pas été possible de déterminer l’orientation politique.
  • La catégorie « libéral » comprend les maires issus du Parti libéral-radical suisse (PLR) et de l’Union des démocrates et indépendants en France.
  • La catégorie « droite populiste » comprend l’Union démocratique du centre (UDC, Suisse), le Parti autrichien de la liberté (FPÖ), la Ligue du Nord et la Ligue des Tessinois.
  • La catégorie « régionaliste » comprend l’Union valdotaine et le Parti populaire du Tyrol du Sud (SVP).
  • La catégorie « communiste » comprend le Parti communiste français (PCF) et Gauche écologie liberté (SEL, Italie).
  • La catégorie « écologiste » comprend Europe Écologie – Les Verts (EELV) et le Parti écologiste démocratique (ÖDP, Allemagne).

Voir aussi

Elections de septembre 2014 en Europe

Après une période de calme presque complet en juillet et en août, la rentrée électorale a véritablement eu lieu aujourd’hui avec des élections régionales dans le Land de Saxe en Allemagne (ndlr: résultats détaillés demain sur ce site). Les échéances électorales seront nombreuses en septembre, notamment en Suède et en Allemagne.

Les Suédois sont appelés aux urnes le 14 pour renouveler l’ensemble de leurs autorités – nationales, régionales et communales – en une fois, comme c’est la coutume dans ce pays. Les sociaux-démocrates, dans l’opposition depuis huit ans, sont donnés gagnant des élections nationales depuis des mois, mais cela ne suffira pas forcément à les ramener au pouvoir puisqu’il y aura forcément une coalition gouvernementale. Alors qu’ils avaient fait campagne commune avec les Verts et les communistes en 2010, les sociaux-démocrates font cavalier seul cette année et pourraient vouloir gouverner plutôt avec les centristes et les libéraux. Si c’est arithmétiquement possible, ces derniers préféreront toutefois probablement gouverner avec les conservateurs et les démocrates-chrétiens, comme ils le font depuis 2006.

En Allemagne, deux Länder de l’ancienne Allemagne de l’Est – la Thuringe et le Brandebourg – renouvelleront leurs autorités régionales le 14 septembre également. Le bon score réalisé par les eurosceptiques de l’Alternative pour l’Allemagne en Saxe le 31 août placera sans doute ces élections au centre de l’attention médiatique. Les libéraux du FDP pourraient disparaitre de ces deux parlement régionaux, faute d’y obtenir le quorum.

Élections régionales encore le 14 septembre en Crimée, sous administration russe. Il s’agira des premières élections qui se tiendront dans la région depuis l’occupation de cette région ukrainienne par l’armée russe. Des élections communales auront également lieu dans de nombreuses villes russes.

Des élections régionales auront également lieu dans le Land du Vorarlberg le 21 septembre, dans l’ouest de l’Autriche. Cette région est dirigée sans interruption par les conservateurs du Parti populaire (ÖVP) depuis 1945 et cela ne devrait pas changer cette année. Si l’on en croit les sondages toutefois, les conservateurs pourraient céder du terrain aux libéraux de NEOS – un parti fondé l’année passée qui a le vent en poupe – et aux écologistes.

Enfin, la moitié des 348 sièges du Sénat français seront renouvelés le 28 septembre. La gauche pourrait perdre la majorité qu’elle détient dans la chambre haute lors de ces élections indirectes. Notons toutefois que le gouvernement ne dépend pas d’une majorité dans cette chambre.