Élections législatives de septembre 2015 en Grèce

Des élections législatives anticipées ont eu lieu le 20 septembre 2015 en Grèce, huit mois après les dernières élections. Comme lors des élections de janvier 2015, Syriza (gauche de la gauche) l’a emporté et va probablement former une coalition gouvernementale avec les Grecs indépendants (ANEL, nationaliste). Syriza devance Nouvelle Démocratie (conservateur) environ sept points. La force des différentes formations politique est restée très stable par rapport au mois de janvier. Le principal changement est constitué par l’arrivée de l’Union des Centristes au parlement, une formation fondée en 1992 qui n’était jamais parvenue à entrer au parlement jusqu’ici.

Alexis Tsipras avait dû démissionner en août suite à la fronde d’une trentaine de députés de son parti contre le programme de réformes négocié avec les pays membres de la zone Euro. Vingt-cinq députés frondeurs avaient fondé entre temps un parti nommé Unité populaire, qui visait notamment la réintroduction du drachme à la place de l’Euro. Ce parti n’a pas eu le succès espéré par les frondeurs puisqu’il a manqué le quorum fixé à 3% et ne sera donc pas représenté au parlement. Tsipras devrait ainsi disposer théoriquement d’un groupe parlementaire plus homogène.

Résultats détaillés des élections législatives de septembre 2015

  • SYRIZA (gauche de la gauche), 35.5% des voix (-0.9%), 145 sièges (-4).
  • Nouvelle Démocratie (ND, conservateur), 28.1% des voix (+0.3%), 75 sièges (-1).
  • Aube dorée (néo-nazi), 7.0% des voix (+0.7%), 18 sièges (+1).
  • Mouvement socialiste panhellénique (PASOK, social-démocrate) – Gauche démocratique (DIMAR, socialiste), 6.3% des voix (+1.1%), 17 sièges (+4).
  • Parti communiste de Grèce (KKE), 5.6% des voix (+0.1%), 15 sièges (-).
  • La Rivière (centriste), 4.1% des voix (-2.0%), 11 sièges (-6).
  • Grecs indépendants (ANEL, droite populiste), 3.7% des voix (-1.1%), 10 sièges (-3).
  • Union des Centristes (EK, centriste), 3.4% des voix (+1.6%), 9 sièges (+9).
  • Unité populaire (gauche de la gauche), 2.9% des voix (+2.9%), 0 siège (-).

Taux de participation: 56.6% (-7.1%).

Système électoral

Les élections législatives ont lieu normalement tous les quatre ans en Grèce, même s’il n’est pas rare que des élections anticipées soient convoquées. Les Grecs élisent les 300 députés de leur parlement unicaméral (l’Assemblée hellénique) au système proportionnel dans 56 circonscriptions, 48 comptant plusieurs sièges et 8 un seul siège. Le système proportionnel grec est dit “renforcé”, car le parti arrivé en tête de l’élection remporte automatiquement un bonus de 50 sièges. Un parti peut donc obtenir la majorité absolue des sièges au parlement avec 39% des voix. Un quorum est fixé à 3%. Un candidat doit être âgé d’au moins 25 ans pour pouvoir se présenter.

Le leader du parti qui a obtenu la majorité absolue au parlement doit être nommé Premier ministre par le Président. Si aucun parti ne remporte la majorité absolue, des négociations ont lieu pour former un gouvernement.

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Élections législatives de janvier 2015 en Grèce

Les élections législatives qui ont eu lieu le 25 janvier 2015 en Grèce ont vu la victoire du parti d’extrême-gauche SYRIZA. Le parti d’Alexis Tsipras a obtenu 36.3% des voix et presque la majorité des sièges grâce à la prime de cinquante sièges accordée au vainqueur dans le système électoral grec. Alexis Tsipras a annoncé la formation d’un gouvernement de coalition avec les Grecs Indépendants, une formation de droite populiste, dès le lendemain des élections. Les deux partis qui étaient au pouvoir jusqu’ici – Nouvelle Démocratie (conservateur) et le Mouvement socialiste panhellénique (PASOK, social-démocrate) – subissent des pertes. Les élections législatives précédentes avaient eu lieu en juin 2012.

Résultats détaillés des élections législatives grecques de 2015

  • SYRIZA (gauche de la gauche), 36.3% des voix (+9.4%), 149 sièges (+78).
  • Nouvelle Démocratie (ND, conservateur), 27.8% des voix (-1.9%), 76 sièges (-53).
  • Aube dorée (néo-nazi), 6.3% des voix (-0.6%), 17 sièges (-1).
  • La Rivière (centriste), 6.1% des voix (+6.1%), 17 sièges (+17).
  • Parti communiste de Grèce (KKE), 5.5% des voix (+1.0%), 15 sièges (+3).
  • Grecs indépendants (ANEL, droite populiste), 4.8% des voix (-2.7%), 13 sièges (-7).
  • Mouvement socialiste panhellénique (PASOK, social-démocrate), 4.7% des voix (-7.6%), 13 sièges (-20).
  • Gauche démocratique (DIMAR, socialiste), 0.5% des voix (-5.8%), 0 siège (-17).
  • Mouvement des socialistes démocrates (KIDISO, social-démocrate), 2.5% des voix (+1.5%), 0 siège (-).
  • Union des centristes (EK), 1.8% des voix (+1.5%), 0 siège (-).
  • Teleia, 1.8% des voix (+1.8%), 0 siège (-).
  • Rassemblement populaire orthodoxe (LAOS, droite populiste), 1.0% des voix (-0.6%), 0 siège (-).

Taux de participation: 63.9% des voix (+1.4%).

Système électoral

Les élections législatives ont lieu normalement tous les quatre ans en Grèce, même s’il n’est pas rare que des élections anticipées soient convoquées comme cela a été le cas cette fois. Les Grecs élisent les 300 députés de leur parlement unicaméral (l’Assemblée hellénique) au système proportionnel dans 56 circonscriptions, 48 comptant plusieurs sièges et 8 un seul siège. Le système proportionnel grec est dit “renforcé”, car le parti arrivé en tête de l’élection remporte automatiquement un bonus de 50 sièges. Un quorum est fixé à 3%. Un candidat doit être âgé d’au moins 25 ans pour pouvoir se présenter.

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Elections régionales de 2014 en Grèce

Des élections régionales ont eu lieu hier en Grèce. La Coalition de la gauche radicale (SYRIZA) a remporté deux régions: l’Attique – la plus grande région du pays jusque là détenue par le PASOK (social-démocrate) – et les Iles Ioniennes. Les conservateurs de Nouvelle Démocratie ont perdu les Iles Ioniennes, la Macédoine-Centrale et la Macédoine-Occidentale, mais ont ravi l’Égée-Méridionale, l’Égée-Septentrionale et la Macédoine-Orientale-et-Thrace au PASOK (social-démocrate) et conservent l’Epire, la Thessalie et la Grèce-Centrale qu’ils détenaient déjà. Le PASOK conserve la Crète, l’Epire et la Grèce-Occidentale. Des indépendants ont ravi la Macédoine-Centrale et la Macédoine-Occidentale à Nouvelle-Démocratie. Le Péloponnèse est gouverné, comme depuis 2010, par un indépendant. Au final, Nouvelle Démocratie détient 6 régions (-), le PASOK 3 (-4), SYRIZA 2 (+2) et des indépendants 3 (+2). 

Attique

61 SYRIZA (+58), 12 PASOK (-49), 7 ND (-5), 6 Aube dorée (+6), 5 KKE (-3), 4 Grecs indépendants (+4), 2 Action (libéral) (+2), 1 Vert (-1), 1 Gauche anticapitaliste (+1), 1 Union pour la patrie et le peuple (+1), 1 DIMAR (-1), 0 divers (-2), 0 LAOS (-3).

Crète

31 PASOK (-), 12 ND (+6), 5 SYRIZA (+3), 1 KKE (-2), 1 Aube dorée (+1), 1 Vert (+1), 0 Gauche anticapitaliste (-1), 0 Bataille pour la Crète (liste régionaliste) (-7).

Egée-Méridionale

31 ND, 11 PASOK, 5 SYRIZA, 2 KKE, 2 Aube dorée.

Egée-Septentrionale

25 Nouvelle Démocratie (+14), 7 PASOK (-18), 4 SYRIZA (+3), 3 KKE (-), 1 DIMAR (+1), 1 Vert (-).

Epire

31 Nouvelle Démocratie (-), 10 SYRIZA (+9), 4 DIMAR (+4), 3 KKE (+1), 2 Aube dorée (+2), 1 Front de la gauche grecque anticapitaliste (+1), 0 PASOK (-16).

Grèce-Centrale

31 Nouvelle Démocratie, 10 SYRIZA, 4 Union pour la patrie et le peuple, 2 Aube dorée, 2 KKE, 1 DIMAR, 1 Front anticapitaliste.

Grèce-Occidentale

31 PASOK (-), 5 Nouvelle Démocratie (-7), 4 SYRIZA (+3), 3 DIMAR (+2), 2 KKE (-1), 2 Aube dorée (+1), 1 liste régionale (+1), 1 Grecs indépendants (+1), 1 Vert (+1), 1 Front de la gauche grecque anticapitaliste (-), 0 LAOS (-1).

Iles Ioniennes

24 SYRIZA (+23), 5 Nouvelle Démocratie (-20), 3 PASOK (-3), 3 Verts (+3), 2 KKE (-1), 2 divers (+1), 1 Aube dorée (+1), 1 DIMAR (-).

Macédoine-Centrale

43 Grecs indépendants, Union pour la patrie et le peuple, LAOS (+41), 11 ND (-32), 4 SYRIZA (+3), 3 Aube dorée (+3), 3 DIMAR (+2), 3 KKE (-), 2 PASOK (-17), 1 Vert (-), 1 Gauche anticapitaliste (-).

Macédoine-Occidentale

25 indépendants (+25), 9 Nouvelle Démocratie (-22), 2 SYRIZA (+1), 2 DIMAR (+2), 2 KKE (-), 1 Aube dorée (+1), 0 LAOS (-1).

Macédoine-Orientale -et-Thrace

31 Nouvelle Démocratie (+15), 10 PASOK (-21), 3 SYRIZA (+2), 2 Grecs Indépendants (+2), 2 Aube dorée (+2), 1 KKE (+1), 1 DIMAR (+1), 1 Vert (-).

Péloponnèse

31 Nouvelle Démocratie, 9 SYRIZA, 4 DIMAR, 2 Aube Dorée, 2 KKE, 1 Union pour la patrie et le peuple, 1 Verts, 1 Front anticapitaliste.

Thessalie

31 Nouvelle Démocratie (-), 9 DIMAR (+9), 3 SYRIZA (+2), 3 KKE (-), 2 Aube dorée (+2), 1 Grec indépendant (+1), 1 Vert (-), 1 Front de la gauche grecque anticapitaliste (-), 0 LAOS (-1).

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Elections municipales de 2014 en Grèce

Des élections municipales ont eu lieu dimanche en Grèce, parallèlement aux élections européennes et régionales. La gauche a notamment conservé les mairies d’Athènes, de Thessalonique et de Patras. Cette dernière ville a toutefois changé de mains, passant de la Gauche démocratique (DIMAR, socialiste) au Parti communiste grec (KKE). La Nouvelle Démocratie (ND, conservateur) a perdu Le Pirée au profit d’un candidat indépendant, mais a pris Heraklion au PASOK.

Athènes

Le social-démocrate Georges Kaminis conserve la mairie d’Athènes.

30 PASOK, Ponts, DIMAR, Verts (+1), 5 SYRIZA (+3), 4 Nouvelle Démocratie (-7), 4 Aube dorée (+3), 2 KKE (-1), 2 Union pour la patrie et le peuple (conservateur) (+2), 1 Grecs indépendants (-1), 1 Front de la gauche grecque anticapitaliste (-).

Heraklion

Le PASOK perd la mairie d’Heraklion au profit d’une coalition regroupant les conservateurs de Nouvelle Démocratie, les socialistes de DIMAR et les libéraux d’Action.

29 Nouvelle Démocratie, DIMAR et Action (+29), 12 PASOK (-23), 5 SYRIZA (+3), 2 KKE (-4), 1 divers (-4).

Ioannina

27 DIMAR, 11 Nouvelle Démocratie, 3 SYRIZA et Verts, 2 divers, 1 KKE, 1 divers gauche.

Larissa

Apostolos Kalogiannis, candidat indépendant soutenu par SYRIZA, DIMAR et les Verts, a remporté la mairie, battant le maire conservateur sortant.

29 SYRIZA, DIMAR et Verts, 7 indépendants, 5 Nouvelle Démocratie, 3 Larissa ville humaine, 3 Nouvelle Larissa, 2 KKE.

Le Pirée

Nouvelle Démocratie a perdu la mairie du Pirée au profit d’un indépendant, Yannis Moralis, qui souhaite faire de la ville un important centre commercial international.

29 Liste Yannis Moralis (+29), 11 Nouvelle Démocratie (-18), 4 SYRIZA et Verts (+2), 2 KKE (-2), 1 Aube dorée (+1), 1 Grecs indépendants (+1), 1 divers (-), 0 PASOK (-8), 0 LAOS (-5).

Patras

Jean Dimaras, membre de la Gauche démocratique (DIMAR, socialiste), a perdu la mairie de Patras au profit de Kostas Peletidis, memrbe du Parti communiste grec (KKE).

29 KKE (+25), 7 Nouvelle Démocratie (+3), 4 SYRIZA et 3 DIMAR (-22, jusque-là en coalition), 6 divers (+4), 0 PASOK (-9), 0 Front de la gauche grecque anticapitaliste (-1).

Peristeri

28 Nouvelle Démocratie (+1), 6 divers (+4), 5 SYRIZA (+4), 4 KKE (+1), 2 DIMAR (-7), 0 PASOK (-3).

Thessalonique

Le libéral Yiannis Boutaris, membre du parti Action, conserve la mairie de Thessalonique.

29 PASOK, Action, DIMAR (-), 10 Nouvelle Démocratie (-3), 3 SYRIZA (+2), 2 Aube dorée (+2), 2 KKE (-), 2 indépendants (-), 1 vert (-), 0 LAOS (-1).

Volos

29 Indépendants, 11 SYRIZA et Verts, 4 DIMAR, 3 Nouvelle Démocratie.

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Élections européennes de 2014 – Brèves de campagne n°2

Les prochaines élections européennes auront lieu à la fin du mois de mai 2014. Élections en Europe publie régulièrement des brèves abordant l’actualité de la campagne électorale dans différents pays européens. On aborde aujourd’hui la popularité des dirigeants de l’Union européenne, la candidature de Silvio Berlusconi, une future alliance entre différents partis politiques d’extrême-droite et la candidature de l’ancien chef des industriels allemands… Rappelons que les citoyens de 28 pays européens se rendront aux urnes pour élire les 751 députés du Parlement européen.

Dirigeants européens au plus bas dans les sondages

Selon un sondage paru hier et effectué dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, la popularité des dirigeants de l’Union est au plus bas. Les dirigeants de l’UE sont particulièrement mal cotés en Grèce (19% d’opinions favorables) et à Chypre (21%), deux pays qui ont été soumis à des drastiques programmes d’économies, mais également dans des pays traditionnellement eurosceptiques, que ce soit le Royaume-Uni (29%), la Suède (30%) ou la République tchèque (30%). A l’inverse, c’est au Luxembourg que les dirigeants européens sont les plus populaires (67%), un pays suivi par l’Allemagne (59%), la Belgique (56%) et, de manière plus surprenante, par le Danemark (50%). On pourra observer en mai s’il y a une corrélation entre la popularité des dirigeants de l’Union européenne et le score des partis politiques eurosceptiques.

Berlusconi candidat aux élections européennes?

Silvio Berlusconi a annoncé qu’il souhaite être tête de liste de son parti, Forza Italia, lors des élections européennes de mai 2014. Il ne pourra toutefois être candidat que si le jugement qui le condamne à une peine inéligibilité est annulé d’ici là. Silvio Berlusoni, qui a été privé de son mandat de sénateur en novembre dernier, souhaite par ailleurs également que des élections législatives anticipées auront lieu en même temps que les élections européennes.

Vers une alliance entre le BNP et l’Aube dorée?

Nick Griffin, le président du Parti national britannique (BNP, nationaliste), s’est rendu à Athènes hier à une réunion de l’Aube dorée (XA, néo-nazi). Il a dit vouloir créer une alliance entre plusieurs partis politiques d’extrême-droite après les élections européennes de mai prochain. L’alliance comprendrait notamment, outre le BNP et l’Aube dorée, le parti politique hongrois Jobbik, notamment connu pour sa rhétorique anti-roms.

L’ancien chef des industriels allemands rejoint les eurosceptiques

Hans-Olaf Henkel, ancien président de l’association fédérale de l’industrie allemande (BDI), a annoncé cette semaine qu’il rejoignait l’Alliance pour l’Allemagne (AfD), un parti politique eurosceptique qui a obtenu 4.7% des voix lors des élections législatives allemandes de septembre 2013.  Hans-Olaf Henkel sera par ailleurs candidat aux élections européennes de ce printemps.