Élections de novembre 2012 en Europe

Si le calendrier électoral européen est un peu moins chargé en novembre 2012 qu’en octobre, certaines échéances n’en sont pas moins très attendues. Ainsi, les élections régionales qui se tiendront le 25 novembre en Catalogne seront très suivies, et pas seulement en Espagne. En cas de victoire des indépendantistes, un référendum pourrait être organisé sur l’indépendance de la région, à l’image du référendum prévu en Écosse en 2014. On peut douter toutefois que le gouvernement espagnol sera prêt à laisser partir la Catalogne aussi facilement que le gouvernement britannique semble prêt à laisser partir l’Écosse.

Le 11 novembre, les Slovènes iront, eux, aux urnes pour désigner un nouveau président, ou, d’ailleurs, pour reconduire l’ancien. Trois candidats s’affrontent: le président sortant, Danilo Türk, un indépendant soutenu notamment par Slovénie positive (centre-gauche), le parti qui a remporté les élections législatives de décembre 2011 (sans toutefois parvenir à former un gouvernement); le social-démocrate Borut Pahor, Premier ministre jusqu’aux dites élections; enfin, le conservateur Milan Zver, membre du Parti démocrate slovène (SDS) au pouvoir. Les sondages ont pour l’heure donné une confortable avance à Danilo Türk.

Si les autres échéances officielles – élections législatives à Saint-Marin, élections communales à Berne et référendum en Irlande – vont probablement moins attirer l’attention des médias européens, il nous faut encore évoquer deux élections partisanes.

En France, les membres de l’UMP (conservateur) éliront un nouveau président le 18 novembre prochain. Deux candidats ont obtenu les parrainages nécessaires pour se présenter: l’ancien Premier ministre François Fillon et le Secrétaire général du parti, Jean-François Copé. L’UMP, fondée en 2002 pour soutenir Jacques Chirac lors de l’élection présidentielle d’alors, est le premier parti d’opposition au gouvernement socialiste de Jean-Marc Ayrault.

En Italie, ce sont les membres du Parti démocrate (PD, social-démocrate), du Parti socialiste italien (PSI, social-démocrate), l’Alliance pour l’italie (ApI, centriste) et de Gauche, écologie et liberté (SEL, gauche de la gauche) désigneront, le 25 novembre, le candidat qui doit conduire la coalition de centre-gauche lors des élections législatives italiennes de 2013. Au vu des sondages actuels, la personne désignée lors de cette primaire a des chances raisonnables de devenir le prochain Président du Conseil italien. Cinq candidats se disputeront les suffrages: Pier Luigi Bersani (PD), secrétaire général du Parti démocrate; Laura Puppato (PD), conseillère régionale de Vénétie; Matteo Renzi (PD), maire de Florence; Bruno Tabacci (ApI), ancien président de la région Lombardie; Nicola Vendola (SEL), président de la région des Pouilles.

Les résultats des élections du mois de novembre seront évidemment présentés ici même au fur et à mesure de leur déroulement!

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Système politique irlandais

Nous vous présentons ici le système et les institutions politiques de la République d’Irlande, pays membre de l’Union européenne, mais pas de l’OTAN. Celui n’est pas dépourvu de spécificités: le président n’a qu’un nombre très limité de compétences, le Premier ministre est fort, la justice a d’importantes prérogatives constitutionnelles et les collectivités locales n’ont vu leur existence être ancrée constitutionnellement que très récemment…

Le Parlement irlandais

Les électeurs irlandais élisent les 166 membres de la chambre basse du Parlement irlandais, le Dáil Éireann, pour une durée de cinq ans. Les députés sont élus selon le scrutin à vote unique transférable (STV) dans 42 circonscriptions électorales. Le scrutin à vote unique transférable donne aux électeurs la possibilité d’exprimer leur préférence pour un candidat, tout en répartissant les sièges au système proportionnel. Le grand nombre de circonscriptions réduit toutefois considérablement l’effet de la proportionnelle. Les électeurs irlandais ont refusé à deux reprises d’adopter un système électoral majoritaire tel qu’il est appliqué au Royaume-Uni. Il faut être âgé de 21 au moins pour être élu au Dáil Éireann.

Le parlement dispose également d’une chambre haute, le Seanad Éireann, forte de 60 membres élus indirectement. Onze sont nommés par le Premier ministre, six sont choisis par l’Université de Dublin et par l’Université nationale d’Irlande et quarante-trois sont choisis par des panels thématiques réunissant des députés et des représentants des collectivités locales. Il faut être âgé de 21 ans au moins pour être élu au Sénat. L’élection du Sénat a lieu peu après des élections de la chambre basse.

La chambre haute n’a que peu de pouvoir et ne peut qu’au mieux repousser l’adoption d’une loi. La chambre basse dispose de plus d’une série de prérogatives exclusives sur lesquelles la chambre haute ne peut même pas s’exprimer: la nomination du Premier ministre, celle de ses ministres et de l’attorney général sur proposition du Premier ministre, l’approbation du budget, la déclaration d’une guerre, la nomination du contrôleur et de l’auditeur général et la ratification de traités ayant des impacts financiers.

L’ordre du jour des sessions parlementaires et le temps imparti aux différents points de l’ordre du jour est décidé par le gouvernement. Ceci constitue une exception en Europe.

Le gouvernement irlandais

Le premier ministre irlandais, nommé Taoiseach, est l’un des chefs de gouvernement disposant du plus de pouvoir en Europe, notamment parce qu’il assume en plus nombre de fonctions exercées traditionnellement par le chef de l’État. Le Premier ministre peut par ailleurs nommer onze membres du Sénat, comme nous l’avons vu plus haut, processus plutôt inhabituel. Enfin, il a plusieurs alternatives s’il est mis en minorité au parlement.

Le Premier ministre est élu à la majorité simple par la chambre basse du parlement, puis formellement nommé par le président. La perte de la majorité peut intervenir soit à la suite d’une motion de censure du parlement, soit après la défaite lors d’un vote de confiance proposé par le gouvernement. S’il perd la majorité au Parlement, il doit soit démissionner, soit persuader le président de dissoudre la chambre basse, ce que ce dernier n’a jamais refusé.

En cas de démission, il assume le pouvoir jusqu’à la nomination de son successeur.

Le Premier ministre choisit ses ministres, qui sont ensuite confirmés en bloc par la chambre basse du Parlement. Le gouvernement ne peut pas compter moins de sept et plus de quinze membres, y compris le Premier ministre et le vice Premier ministre. Les ministres sont collectivement liés par les décisions prises au sein du cabinet. Les membres du gouvernement doivent forcément avoir été élus au Parlement. L’immense majorité des ministres a toujours été issue des rangs de la chambre basse.

Les membres du gouvernement doivent agir dans le respect de la Constitution et peuvent être rappelés à l’ordre par les tribunaux. Dans les cas les plus graves, ils peuvent être emprisonnés.

Le gouvernement est assisté par un Attorney général, élu par la chambre basse du parlement sur proposition du Premier ministre. L’Attorney général, qui conseille le gouvernement en matière juridique, n’est pas membre du gouvernement mais assiste à toutes ses séances.

Le président irlandais

Le président irlandais ne dispose pas de pouvoirs réels dans la vie politique et est élu au suffrage universel. Il s’agirait de l’un des présidents élus disposant du moins de pouvoirs réels et il n’a même pas le titre nominal de chef de l’exécutif. Les compétences du président sont principalement de deux ordres: il peut refuser au Premier ministre la dissolution du Parlement et il peut soumettre des lois à l’examen de la Cour suprême, sans pouvoir toutefois leur opposer un véto. Il a par ailleurs un droit de grâce, utilisé extrêmement rarement. Sur avis du gouvernement, le président nomme par ailleurs les juges dans tous les tribunaux irlandais, commande les forces armées et représente le pays à l’étranger.

Le président irlandais est élu pour une période de sept ans, renouvelable une seule fois. Il doit avoir au moins 35 ans. L’élection se déroule au suffrage universel, mais ne peut pas être candidat qui veut: un candidat doit, pour pouvoir se présenter, recevoir l’appui de 20 membres du parlement ou de quatre conseils de villes ou de comtés ou être le président sortant.

Il n’y a pas de vice-président et des élections doivent être convoquées dans les soixante jours en cas de vacance du pouvoir. En attendant son remplacement, ses tâches sont assurées par une commission présidentielle réunissant le président de la Cour suprême et ceux des deux chambres du Parlement.

Le président irlandais peut théoriquement être révoqué de deux manières, même si ces procédures n’ont encore jamais été utilisées: la Cour Suprême peut le déclarer “permanently incapacitated” et le Parlement peut le destituer à la majorité des deux-tiers, qui doit être obtenue dans les deux chambres.

Démocratie directe en Irlande

Toute modification de la Constitution irlandaise doit être soumise au référendum populaire. Les Irlandais se sont ainsi prononcés sur tous les Traités fondateurs de l’Union européenne, parfois même à deux reprises. Ils ont également pu s’exprimer sur la suppression de la peine de mort ou sur l’avortement.

Collectivités territoriales en Irlande

L’Irlande est un pays très centralisés et les collectivités y sont donc faibles. Leur existence n’est garantie par la Constitution que depuis 1999. Le pays dispose de deux niveaux de collectivités locales: le premier niveau est composé de 29 County Councils et 5 City Councils, disposant des mêmes attributions. Le second niveau, encore plus local, est composé de 75 Town Councils et de 5 Borough Councils.

Les collectivités territoriales irlandaises ont des compétences dans les domaines suivants: logement et construction (logements sociaux, évaluation des besoins en logement, logement des sans-abris, etc.), routes et transports (construction et maintien des routes, gestions du trafic et de l’éclairage, taxes automobiles, licences pour les taxis), approvisionnement et épuration des eaux, aménagement et développement local (plans d’aménagement, travaux de rénovation urbaine, protection du patrimoine, infrastructure industrielle et touristique), protection de l’environnement (contrôles de la pollution de l’air et de l’eau, services du feu, gestion des déchets, protection civile, cimetières) et loisirs (bibliothèques publiques, parcs, musées, galeries, etc.). Les compétences des collectivités locales sont réglées par la loi, mais ne sont pas inscrites dans la Constitution.

Voir aussi

Élection présidentielle de 2011 en Irlande

Les citoyens irlandais étaient appelés à élire un nouveau président pour une période de sept ans. Mary McAleese, la présidente sortante, ne pouvait plus se représenter après quatorze ans passés à la présidence. Son parti, le Fianna Fail (libéral), qui a enregistré une sévère défaite lors des élections législatives de février 2011, ne présentait pas de candidat. C’est un travailliste, Michael D. Higgins, qui a été élu à la présidence du pays, donnant ce poste à la gauche pour la deuxième fois dans l’Histoire de l’Irlande après Mary Robinson (1990-1997).

Résultats détaillés de l’élection présidentielle irlandaise:

  • Michael D. Higgins, Parti travailliste (social-démocrate), 39.6% des voix.
  • Seán Gallagher, indépendant (libéral), 28.5% des voix.
  • Martin McGuiness, Sinn Féin (socialiste), 13.7% des voix.
  • Gay Mitchell, Fine Gael (démocrate-chrétien), 6.4% des voix.
  • David Norris, indépendant (militant des droits civils), 6.2% des voix.
  • Dana Rosemary Scallon, indépendante (conservatrice eurosceptique), 2.9% des voix.
  • Mary Davis, indépendante, 2.7% des voix.

Elections législatives irlandaises de 2011

Les résultats définitifs des élections législatives qui se sont tenues en Irlande vendredi dernier sont enfin disponibles. Les deux partis de la coalition sortante ressortent laminés de ces élections: le Fianna Fail (libéraux) perd plus du deux-tiers de ses sièges au Parlement, tandis que les Verts disparaissent purement et simplement. La coalition paie ainsi la crise économique sans précédent que connaît l’Irlande depuis deux ans et son placement sous aide économique de l’Union européenne.

Toutes les autres formations progressent: les conservateurs du Fine Gale, les sociaux-démocrates du Labour Party, les nationalistes de gauche du Sinn Fein et les indépendants. Deux petites formations trotskystes parviennent également à faire leur entrée au parlement: le Parti socialiste et l’Alliance « le peuple avant le profit ».

Résultats détaillés des élections législatives 2011 en Irlande

  • Fine Gael (conservateur), 36.1% des voix (+8.8%), 76 sièges (+25).
  • Labour (sociaux-démocrates), 19.4% des voix (+9.3%), 37 sièges (+17).
  • Fianna Fail (libéraux), 17.4% des voix (-24.2%), 20 sièges (-57).
  • Sinn Fein (nationalistes de gauche), 9.9% (+3.0%), 14 sièges (+10).
  • Les Verts, 1.8% des voix (-2.9%), 0 sièges (-6).
  • Parti socialiste (trotskyste), 1.2% des voix (+0.6%), 2 sièges (+2).
  • Alliance « le peuple avant le profit » (trotskystei), 1.0% des voix (+0.5%), 2 sièges (+2).
  • Progressistes démocrates (libéraux, parti dissous en 2008), 0.0% des voix (-2.7%), 0 sièges (-2).
  • Indépendants (A peu près 50% de Divers Gauche et 50% de Divers Droite), 12.6% des voix (+7.4%), 15 sièges (+10).

Ces résultats sont révolutionnaires pour l’Irlande:

  • Il s’agit du plus mauvais score du Fianna Fail depuis sa fondation en 1926.
  • Il s’agit du meilleur score du Fine Gael depuis sa fondation en 1933.
  • Il s’agit du meilleur score du Sinn Fein depuis 1948 en tout cas.
  • Le Labour a réalisé le deuxième meilleur score depuis sa fondation en 1912 et a obtenu davantage de sièges qu’il n’en avait jamais eu au Parlement.
  • Le Fianna Fail a dirigé sans interruption le gouvernement irlandais depuis 1987.
  • Pour la première fois, les partis de gauche (Labour, Sinn Fein et petits partis d’extrême-gauche) obtiennent la majorité absolue des sièges à Dublin.

Analyse géographique

En ayant rassemblé plus d’un tiers des voix au niveau national, il n’est pas étonnant de constater que le Fine Gael arrive en tête dans la plupart des circonscriptions du pays. Il réalise ses meilleurs scores dans l’est du pays, sur une ligne allant de Cork au comté de Mayo. Les travaillistes terminent premier en première position dans la moitié des circonscriptions du Grand Dublin et obtiennent également de très bons scores à Cork, l’autre grande ville du pays. Ils sont en revanche faible dans le nord-est. Le Sinn Fein réalise ses meilleurs scores dans le Donegal et dans le Cavan-Monaghan, toutes deux régions frontalières de l’Irlande du Nord. Le Fianna Fail n’arrive en tête nulle part et enregistre des scores globalement plus faibles à Dublin que dans le reste du pays.

Et ensuite?

Le Fine Gael a d’ores et déjà entamé des négociations pour former une coalition avec le Labour, leur partenaire gouvernemental traditionnelLe chef du Fine Gael, Enda Kenny, devrait être selon toute probabilité le prochain Premier ministre irlandais.

Voir aussi:

Elections législatives irlandaises de 2007

Des élections législatives ont eu lieu hier en Irlande. Le Fianna Fail du Premier ministre Bertie Ahern, au pouvoir depuis 1997, a largement remporté ces élections, même s’il a subi de légères pertes en nombre de sièges (et non en nombre de voix). Les quelques pertes subies et l’effondrement de son partenaire de gouvernement, les Progressistes démocrates, laissent toutefois Bertie Ahern sans majorité au parlement. Le Fianna Fail devra donc chercher un autre partenaire de gouvernement pour les cinq prochaines années. Au vu du poids du Fianna Fail – qui occupe plus de 45% des sièges – il est en revanche quasiment impossible qu’une coalition gouvernementale se forme sans le Fianna Fail, même si cela serait mathématiquement possible.

Résultats détaillés des élections législatives 2007 en Irlande:

  • Fianna Fail (libéraux), 41.4% des voix (+0.1%), 77 sièges (-4).
  • Fine Gael (conservateur), 27.3% des voix (+4.8%), 51 sièges (+20).
  • Labour (sociaux-démocrates), 10.1% des voix (-0.7%), 20 sièges (-).
  • Sinn Fein (nationalistes de gauche), 6.9% (+0.4%), 4 sièges (-1).
  • Les Verts, 4.7% des voix (+0.9%), 6 sièges (-).
  • Progressistes démocrates (libéraux), 2.7% des voix (-1.3%), 2 sièges (-6).
  • Parti socialiste (trotskyste), 0.6% des voix (-0.2%), 0 siège (-1).
  • Indépendants, 5.2% des voix (-3.8%), 5 sièges (-8).

Taux de participation: 67.0%.

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