Elections d’octobre 2012 en Europe

L’Europe entre, en octobre, dans l’un des mois les plus chargés de l’année 2012, électoralement parlant. Vous trouverez dans cet article une brève présentation des principaux scrutins qui nous attendent.

Évènement plutôt rare, le mois d’octobre sera marqué par un référendum constitutionnel: un référendum aura en effet lieu le 20 octobre sur la nouvelle constitution islandaise. Une Assemblée constituante avait été élue à la suite de la grave crise bancaire qui avait ébranlé le pays et les Islandais se prononceront sur les résultats de ces travaux en répondant à six questions différentes.

Quatre pays d’Europe centrale et orientale verront se dérouler des élections au niveau national durant le mois d’octobre 2012 – la Lituanie, le Monténégro, la République tchèque et l’Ukraine:

  • Les élections législatives ukrainiennes promettent d’attirer l’attention des médias le 28 octobre prochain. Ces élections interviennent huit ans après la Révolution orange, deux ans après le retour au pouvoir du très russophile Viktor Ianoukovytch et une année après l’emprisonnement de l’ancienne Première ministre et très pro-occidentale Ioulia Tymochenko.
  • Toujours en ex-URSS, le mois d’octobre verra se tenir des élections législatives en Lituanie, le 14 octobre. Selon les derniers sondages, les sociaux-démocrates emmenés par Algirdas Butkevicius arriveraient en première position après que le centre-droite a gouverné le pays pendant quatre ans.
  • Si elles devraient être moins médiatisées, n’en auront pas moins lieu des élections législatives au Monténégro (le 14) et des élections sénatoriales en République tchèque (le 12).
En plus de ces quelques élections nationales, les scrutins régionaux seront également nombreux, notamment en Europe méditerranéennes:
  • En Espagne, deux régions sont appelées aux urnes pour des élections régionales: le Pays basque et la Galice, le 21 octobre. S’il ne s’agit pas des régions les plus peuplées – les élections de novembre en Catalogne seront de ce point de vue plus importantes – toutes les deux connaissent d’importants mouvements autonomistes. On est notamment curieux de savoir si le Parti nationaliste basque (PNV), qui avait gouverné la région entre 1980 et 2009, va revenir au pouvoir.
  • En Italie auront lieu des élections régionales en Sicile, le 28 octobre. Ces élections anticipées font suite à la démission du président conservateur Raffaele Lombardo en juillet dernier. La Sicile est dans une situation financière extrêmement préoccupante et les vainqueurs de l’élection n’auront pas la tâche facile.
  • Le 14 octobre se dérouleront par ailleurs des élections régionales aux Açores, cet archipel portugais situé dans l’Océan Atlantique. Le Parti socialiste, au pouvoir depuis 1996 dans la région mais dans l’opposition au niveau national, tentera de défendre sa majorité.
  • En Suisse, il y aura des élections cantonales à Bâle-Ville (le 28) et en Argovie (le 21), tandis que les parlements de l’ensemble des régions tchèques (le 12) seront renouvelés.
Au niveau communal enfin, les scrutins ne manqueront pas non plus:
  • Les États fédéraux ouvrent les festivités: d’abord, les élections communales de Bosnie-Herzégovine dimanche prochain, puis, une semaine après, les élections communales en Belgique. Dans ce pays, la mairie d’Anvers sera au centre de l’attention avec la candidature de l’indépendantiste flamand Bart De Wever.
  • Plus au nord, des élections communales auront lieu en Finlande le 28 octobre. Le score des Vrais finlandais (eurosceptiques) sera notamment observé de près.
  • Cette liste, bien que déjà longue, n’est pas exhaustive: les habitants du canton du Jura ou du Land autrichien du Burgenland renouvelleront également leurs autorités communales, tandis que les citoyens de Stuttgart se choisiront un nouveau maire.

Enfin, même si la régularité du scrutin peu très certainement être discutée, nous nous devons de mentionner les élections régionales et locales qui auront lieu en Russie le 14 octobre.

Les résultats des élections du mois d’octobre seront évidemment présentés ici même au fur et à mesure de leur déroulement!

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Élection présidentielle de 2012 en Islande

Les Islandais étaient appelés aux urnes hier pour désigner leur nouveau président. Ólafur Ragnar Grímsson, en poste depuis 1996, a été réélu pour un cinquième mandat. Il a obtenu 52.4% des voix contre 33.4% seulement à sa principale concurrente, la journaliste Thóra Arnórsdóttir. Les sondages avaient pourtant longtemps promis la victoire à Thóra Arnórsdóttir.

Grímsson avait d’abord déclaré ne pas vouloir se représenter pour un cinquième mandat – un record dans l’histoire islandaise – mais avait changé d’avis en mars dernier après qu’une pétition lui demandant de se représenter eut récolté 30’000 signatures, un nombre important si on le compare aux 235’000 électeurs que compte le pays. Dans tous les cas, les Islandais risquent de ne pas devoir attendre quatre ans pour se prononcer à nouveau, Grímsson ayant laissé entendre qu’il pourrait démissionner avant la fin de son mandat. Ólafur Ragnar Grímsson était membre de l’Alliance du peuple, un parti politique socialiste, jusqu’à son élection en 1996. Il est depuis lors indépendant.

L’élection présidentielle islandaise se déroule au système majoritaire à un tour, le candidat obtenant le plus de voix étant élu. Le nombre de mandats n’est pas limité, contrairement à de nombreux pays européens qui interdisent d’effectuer plus de deux mandats. La durée d’un mandat est de quatre ans. Si le président islandais dispose de pouvoirs essentiellement honorifiques, il peut également opposer son véto à une loi votée par le parlement. Celle-ci est alors automatiquement soumise au référendum populaire et c’est le peuple qui tranche. Ólafur Ragnar Grímsson est le premier président islandais à avoir fait usage de son droit de véto et il l’a fait à trois reprises.

Résultats détaillés de l’élection présidentielle islandaise de 2012:

  • Ólafur Ragnar Grímsson (indépendant, ancien socialiste), 52.4% des voix.
  • Thóra Arnórsdóttir (indépendante), 33.4% des voix.
  • Ari Trausti Gudmundsson (indépendant, ancien communiste), 8.9% des voix.
  • Herdis Thorgeisdóttir (indépendante), 2.5% des voix.
  • Andrea Ólafsdóttir (indépendante), 2.5% des voix.

Voir aussi:

Élection d’une Assemblée constituante en Islande (2010)

Les Islandais ont élu aujourd’hui les 25 membres de leur Assemblée constituante. Les 500 candidats devaient se présenter sur des listes individuelles, et non sur des listes partisanes. Les électeurs choisissaient ensuite les 25 candidats qui leur convenaient le mieux. L’Assemblée doit rendre ses propositions pour le mois d’avril 2011 et un référendum sur les modifications proposées sera très probablement organisé en 2012.

Elections communales de 2010 à Reykjavik

Les Islandais renouvelaient hier leurs autorités communales. Un véritable tremblement de terre a secoué la capitale, Reykjavik, une ville de plus de 100’000 habitants: le « meilleur parti », fondé en 2009 par le comédien Jón Gnarr, est arrivée en tête des élections en se basant sur un programme humoristique. Les conservateurs du Parti de l’indépendance au pouvoir à Reykjavik vont donc très probablement perdre la mairie.

Résultats des élections communales à Reykjavik:

  • Meilleur parti (social-démocrate, satirique), 6 sièges (+6).
  • Parti de l’indépendance (conservateur), 5 sièges (-2).
  • Alliance (social-démocrate), 3 sièges (-1).
  • Mouvement des verts et de gauche, 1 siège (-1).
  • Parti du progrès (agrarien et libéral), 0 siège (-1).
  • Parti libéral, 0 siège (-1).

Voir aussi:

Élections législatives de 2009 en Islande

Des élections législatives anticipées ont eu lieu hier en Islande. Ces élections ont fait suite à la démission du gouvernement conservateur de Geir Haarde sur fond de crise financière et de manifestations géantes. Les Islandais ont porté, pour la première fois de leur histoire, une majorité de gauche au parlement. Les sociaux-démocrates, dont la présidente Jóhanna Sigurðardóttir devrait être la prochaine cheffe de gouvernement, ont certes déjà exercé le pouvoir, mais toujours en alliance avec des partis politiques de centre-droite. Cette majorité de gauche est due un peu à la progression des sociaux-démocrates, qui font 3% de mieux qu’en 2007, et beaucoup à celle du Mouvement des verts et de gauche, qui progresse de plus de sept points.

Résultats détaillés des élections législatives de 2009 en Islande:

  • Alliance sociale-démocrate (social-démocrate), 29.8% des voix (+3.0%), 20 sièges (+2).
  • Parti de l’indépendance (conservateur), 23.7% des voix (-12.9%), 16 sièges (-9).
  • Mouvement des verts et de gauche (écologiste et socialiste), 21.7% des voix (+7.3%), 14 sièges (+5).
  • Parti du progrès (centriste et agrarien), 14.8% des voix (+3.1%), 9 sièges (+2).
  • Mouvement des citoyens, 7.2% des voix (+7.2%), 4 sièges (+4).
  • Parti libéral (conservateur et agrarien), 2.2% des voix (-5.0%), 0 siège (-4).
  • Mouvement démocratie (démocratie directe), 0.7% des voix (+0.7%), 0 siège (-).

Taux de participation: 85.1%.

Voir aussi: