Elections sénatoriales de 2014 en République tchèque

Les citoyens tchèques ont été appelés aux urnes les 11 et 18 octobre 2014 pour renouveler un tiers des 81 sièges du Sénat. La chambre haute du parlement tchèque est renouvelée par tiers tous les deux ans, un sénateur étant élu pour six ans. Le Parti social-démocrate tchèque (CSSD) a subi une lourde défaite, perdant plus de la moitié des sièges acquis en 2008.

Résultats détaillés des élections sénatoriales tchèques de 2014:

La composition ci-dessous est celle de l’ensemble du Sénat.

  • Parti social-démocrate tchèque (CSSD), 35 sièges (-13).
  • Parti démocratique civique (ODS, conservateurs eurosceptiques), 13 sièges (-1).
  • Union chrétienne et démocrate (KDU-CSL), 10 sièges (+5).
  • Action des citoyens mécontents (ANO, libéral), 4 sièges (+4).
  • Parti vert, 4 sièges (+2).
  • Maires et indépendants (STAN), 3 sièges (+1).
  • Bohémiens du Nord (régionalistes), 2 sièges (-).
  • Parti des droits civiques (SPO, social-démocrate), 2 sièges (+1).
  • TOP 09 (conservateur), 1 siège (-).
  • Indépendant pour la région de Liberec (SLK), 1 siège (+1).
  • Parti communiste de Bohème et Moravie (KSCM), 1 siège (-1).
  • Ostravak (liste locale), 1 siège (-).
  • Parti pirate, 1 siège (-).
  • Parti des petits propriétaires (SsCR, conservateur), 1 siège (+1).
  • Indépendants, 1 siège (-).

Taux de participation: 37.9%.

Voir aussi:

Élections communales de 2014 en République tchèque

Les citoyens de République tchèque étaient appelés hier à renouveler leurs autorités communales, et ce une année après les élections législatives tchèques d’octobre 2013. Ces élections municipales ont été marquées par les lourdes pertes subies par le Parti social-démocrate (CSSD) du Premier ministre Bohuslav Sobotka, mais aussi par le Parti démocratique civique (ODS, conservateur eurosceptique) et par TOP 09 (conservateur, pro-européen), au profit notamment de l’Action des citoyens mécontents (ANO 2011, libéral) qui participait pour la première fois à ces élections et de l’Union démocrate-chrétienne (KDU-CSL). Ces élections ne sont ni un triomphe ni un désaveu pour le gouvernement tchèque puisque ses trois composantes – le CSSD, ANO 2011 et le KDU_CSL – connaissent des sorts très contrastés. Notons encore que les Pirates sont entrés dans les conseils municipaux de Prague et de Brno. Vous trouverez ci-dessous les résultats des élections communales dans les villes tchèques de plus de 100’000 habitants.

Résultats détaillés des élections communales en République tchèque:

Prague

17 ANO 2011 (+17), 16 TOP 09 (-10), 8 ODS (-12), 8 CSSD (-6), 8 Coalition Verts, KDU-CSL et Maires et indépendants, 4 KCSM (+1), 4 Pirates (+4).

Brno

13 ANO 2011 (+13), 11 CSSD (-8), 7 KDU-CSL (+1), 7 Pirates (+7), 5 ODS (-9), 4 TOP 09 (-5), 4 KSCM (-), 4 Verts (+1), 0 Brno 2006 (-5).

Hradec Kralové

12 Parti démocratique de Hradec (+12), 6 ANO 2011 (+6), 5 CSSD (-3), 3 ODS (-3), 4 KSCM (-1), 3 TOP 09 (-1), 2 Changement pour Hradec, Verts et Pirates (-1), 2 Coalition pour Hradec (+2), 0 SNK ED & KDU-CSL (-2), 0 Association alternative (-5), 0 Vote pour la ville (-4, libéral).

Liberec

12 Changement pour Liberec (+3, écologistes, indépendants), 9 ANO 2011 (+9), 8 Maires pour la région de Liberec (+8), 4 CSSD (-3), 2 ODS (-6), 2 KSCM (-1), 2 TOP09 (+2), 0 Liberec Obcanum (-6, liste locale), 0 Union pour le sport et la santé (-3, liste locale), 0 Affaires publiques (-3).

Olomouc

12 ANO 2011 (+12), 10 CSSD (-7), 5 ODS (-9), 5 KDU-CSL (+2), 4 TOP 09 (-2), 4 KSCM (-1), 3 Citoyens pour Olomouc (+3), 2 Pro Olomouc (+2).

Ostrava

15 ANO 2011 (+15), 12 CSSD (-9), 10 Ostravak (-, liste locale anti-establishment), 10 KSCM (+2), 4 ODS (-8), 4 KDU-CSL (+4), 0 TOP 09 (-4).

Plzen

10 ODS (-4), 10 CSSD (-4), 10 ANO 2011 (+10), 5 TOP 09 (-2), 5 KSCM (-), 4 Obcane.cz (-1, conservateur), 3 KDU-CSL (+3), 0 divers (-2).

Usti nad Labem

8 ANO 2011 (+8), 6 Pro Usti (+6, liste locale, centre-gauche), 3 CSSD (-8), 3 ODS (-6), 3 KSCM (-2), 2 TOP 09 (-3), 2 Forum citoyen d’Usti (+2), 0 Sport, santé prospérité (-5, liste locale).

Voir aussi:

Élections d’octobre 2014 en Europe

Électoralement parlant, le mois d’octobre s’annonce chargé en Europe puisque des élections législatives auront lieu dans pas moins de quatre pays. Les élections législatives ukrainiennes du 26 octobre seront sans aucun doute celles qui retiendront le plus l’attention dans les médias occidentaux. A ces quatre élections législatives s’ajouteront des élections régionales dans différents pays, ainsi qu’une élection présidentielle en Bosnie-Herzégovine.

La série d’élections législatives commence dès demain avec des élections législatives en Lettonie. La crise en Ukraine a évidemment réveillé des peurs dans un pays qui compte une très importe minorité russophone. Le Centre de l’Harmonie – une coalition regroupant plusieurs partis représentant cette minorité – avait remporté les élections législatives d’il y a trois ans, mais n’avait pas pu former de coalition gouvernementale, faute de partenaires.

La Bulgarie suit dimanche. Les élections bulgares interviennent à peine plus d’une année après les dernières. Les conservateurs de l’ancien Premier ministre Boïko Borissov devraient remporter ces élections, mais ils ne sont pas sûrs d’obtenir une majorité au parlement. L’instabilité politique pourrait donc se prolonger…

Le 12 octobre, ce sont les citoyens de Bosnie-Herzégovine qui se rendront aux urnes pour des élections générales. En plus du parlement du pays, ils renouvelleront en effet également la présidence – qui compte trois membres – ainsi que les parlements régionaux de la République serbe de Bosnie et de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine.

Le 26 octobre, finalement, des élections législatives anticipées auront lieu en Ukraine. Le parlement ukrainien a été dissout fin août, après que les députés ont refusé de reconnaître les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk comme des organisations terroristes, suscitant la colère du président Porochenko. Le parlement actuel, élu en 2012, compte toujours de nombreux membres du Parti des régions, le parti de l’ancien Président Viktor Ianoukovytch. Les sondages prédisent une victoire pour le Bloc Porochenko – nouvellement constitué – ainsi qu’une forte abstention dans le sud et l’est du pays, régions comptant une importante population russophone.

Outre ces nombreuses élections législatives, le mois d’octobre verra également le renouvellement d’une partie du Sénat de la République tchèque, des élections régionales dans le canton de Zoug en Suisse et sur l’île de Jersey et, enfin, des élections locales en Hongrie et en Slovénie.

Nouveau sur Élections en Europe

Plusieurs articles de fond décrivant les systèmes politiques de différents pays européens ont été publiés en septembre sur Élections en Europe:

Élections législatives de 2013 en République tchèque

Le Parti social-démocrate tchèque (CSSD) a remporté les élections législatives tchèques de 2013, mais de manière beaucoup moins claire qu’attendu. Sept partis politiques sont désormais représentés au parlement tchèque, dont trois nouveaux – ou plutôt deux nouveaux et un qui y fait son retour après quelques années d’absence. La formation d’un gouvernement s’annonce pour le moins ardue. L’Action des citoyens mécontents, un parti fondé il y a une année par le millionnaire Andrej Babis, arrive en deuxième position, allongeant encore la liste des entrepreneurs (pensons, par exemple, à l’italien Berlusconi, au polonais Palikot, au slovène Jankovic ou, plus récemment, à l’autrichien Stronach) qui viennent tenter leur chance, avec succès, en politique.

Notons que le Parti des droits civiques (SPO, social-démocrate) du président Zeman, élu au début de l’année, n’a obtenu que 1.5% des voix et ne sera pas représenté au parlement. Vaklav Klaus, le président sortant, n’a pas eu beaucoup plus de chances en soutenant les eurosceptiques du Parti des citoyens libres, puisque ce dernier n’a obtenu que 2.5% des voix.

Résultats détaillés des élections législatives tchèques de 2013:

  • Parti social-démocrate tchèque (CSSD), 20.5% des voix (-1.6%), 50 sièges (-6).
  • Action des citoyens mécontents (ANO, libéral), 18.7% des voix (+18.7%), 47 sièges (+47).
  • Parti communiste de Bohème et de Moravie, 14.9% des voix (+3.6%), 33 sièges (+7).
  • TOP 09 (conservateur, europhile), 12.0% des voix (-4.7%), 26 sièges (-15).
  • Parti démocrate civique (ODS, conservateur eurosceptique), 7.7% des voix (-12.5%), 16 sièges (-37).
  • Aube de la démocratie directe (UPD, populiste), 6.9% des voix, 14 sièges (+14).
  • Union chrétienne et démocrate – Parti populaire tchécoslovaque (KDU-CSL), 6.8% des voix (-2.4%), 14 sièges (+14).
  • Parti vert, 3.2% des voix (+0.7%), 0 siège (-).
  • Parti pirate tchèque, 2.7% des voix (+1.9%), 0 siège (-).
  • Parti des citoyens libres (libertaire, eurosceptique), 2.5% des voix (+1.7%), 0 siège (-).
  • Parti des droits civiques (SPO, social-démocrate), 1.5% des voix (+1.5%), 0 siège (-).

Taux de participation: 59.5% des voix.

Voir aussi:

Elections européennes de 2014

Les prochaines élections européennes auront lieu entre le 22 et le 25 mai 2014. Les citoyens des 28 États membres de l’Union européenne – la Croatie aura adhéré d’ici-là – éliront les 751 députés au Parlement européen. Il s’agira des neuvièmes élections européennes au suffrage universel, les premières ayant eu lieu en 1979. Le parti politique européen qui remporte ces élections – probablement le Parti populaire européen (PPE, conservateur) ou le Parti socialiste européen (PSE, social-démocrate) – verra sans doute un des siens accéder à la présidence de la Commission européenne.

Tous les résultats ici!

Mode de scrutin pour les élections européennes

Les élections européennes se déroulent obligatoirement au système proportionnel – par liste de partis ou au scrutin à vote unique transférable – et ce quel que soit le mode de scrutin utilisé par ailleurs pour les autres élections dans les différents pays.

Les États européens bénéficient toutefois d’une certaine marge de manœuvre puisqu’ils peuvent décider eux-même de:

  • La mise en place ou non de circonscriptions électorales.
  • L’établissement d’un quorum (seuil minimum pour être représenté au parlement). Il ne doit toutefois pas dépasser 5%.
  • La méthode de répartition des sièges (plus fort reste ou plus forte moyenne).

Le droit de vote des citoyens européens prévaut dans l’ensemble des États de l’Union européenne lors des élections européennes, à l’image des élections locales. Les citoyens européens votent, lors des élections européennes, dans le pays dans lequel ils résident, et non dans le pays d’où ils viennent. Un citoyen allemand résidant en France a donc le droit de vote en France pour les élections européennes.

Retour sur les élections européennes de 2009

Les dernières élections européennes se sont déroulées du 4 au 7 juin 2009. Le Parti populaire européen – qui regroupe des partis politiques démocrates-chrétiens et conservateurs – a remporté ces élections, devançant le Parti socialiste européen et le Parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs. La composition des groupes parlementaires a été la suivante à l’issue des élections européennes de 2009:

  • Groupe du Parti populaire européen (PPE, conservateur et démocrate-chrétien), 265 sièges (+21).
  • Alliance progressiste des socialistes et des démocrates au Parlement européen (social-démocrate), 184 sièges (-35).
  • Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (libéral et social-libéral), 84 sièges (-4).
  • Groupe des Verts / Alliance libre européenne (écologiste et régionaliste), 55 sièges (+12).
  • Groupe des conservateurs et des réformateurs européens (conservateur eurosceptique), 55 sièges (+55).
  • Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique (gauche de la gauche), 35 sièges (-6).
  • Groupe Europe libertés démocratie (droite populiste et/ou eurosceptique), 32 sièges (+32).
  • Non inscrits (divers), 26 sièges (-3).

Forces en présence pour les élections européennes de 2014

La plupart des partis politiques des pays européens sont regroupés dans des partis politiques européens, véritables fédérations rassemblant des partis politiques partageant des idéologies proches.

Le Parti populaire européen (PPE)  est, à l’heure actuelle, le plus important parti politique européen et a de bonnes chances de le rester après 2014. D’orientation démocrate-chrétienne ou conservatrice, ses membres sont pour la plupart pro-européens. Le PPE regroupe aussi bien l’UMP, que le Parti populaire espagnol, la CDU allemande ou le Peuple de la Liberté italien. A la mi-avril 2013, le Parti populaire européen regroupe notamment douze des vingt-huit chefs de gouvernements de l’Union européenne.

Le Parti socialiste européen (PSE) est, à l’heure actuelle, le deuxième parti le plus important de l’Union européenne. S’il lui est arrivé par le passé d’occuper la première place, il semble relativement improbable, à ce stade, que le PSE l’emporte en 2014. Les partis politiques membres du Parti socialiste européen sont pour la plupart sociaux-démocrates et pro-européens. A la mi-avril 2013, le Parti socialiste européen compte notamment neuf des 28 chefs de gouvernements de l’Union européenne (y. c. Croatie).

L’Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe (ALDE) est la troisième force politique de l’Union européenne. Elle regroupe des partis politiques libéraux ou sociaux-libéraux, dont la position sur le spectre politique va du centre-gauche (l’Italie des Valeurs par exemple) à la droite (Parti populaire libéral et démocrate néerlandais par exemple). Ces partis sont, le plus souvent, pro-européens. Deux gouvernements de l’Union européenne sont actuellement dirigés par un membre de l’Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe: les Pays-Bas et l’Estonie. Les quelques élus du Parti démocrate européen – notamment les membres du MoDem – ont siégé jusqu’à maintenant avec les députés européens de l’ALDE.

Le Parti vert européen regroupe, comme son nom l’indique, des partis politiques écologistes et, pour la plupart, pro-européens. En 2009, le Parti vert européen a obtenu l’ensemble de ses élus au Parlement européen dans les pays de l’ancienne Europe des 15, est donc aucun dans l’ancien bloc communiste. Les écologistes siègent, au Parlement européen, avec quelques élus issus de l’Alliance libre européenne, un parti politique européen regroupant des partis régionalistes, majoritairement de gauche ou de centre-gauche. Le Parti national écossais (SNP) du Premier ministre Alex Salmond est, par exemple, membre de l’Alliance libre européenne. Enfin, verts et régionalistes ont été rejoints au Parlement européen par quelques autres élus, dont les deux députés européens du Parti pirate suédois.

L’Alliance des conservateurs et réformistes européens est un parti politique européen fondé en 2009 à l’initiative du Parti conservateur britannique de David Cameron. Il regroupe des partis politiques eurosceptiques, certains étant des partis conservateurs classiques et d’autres étant davantage nationalistes. Avant 2009, une partie de ces partis étaient membres du Parti populaire européen, tandis que d’autres faisaient partie de la défunte Union pour l’Europe des nations. Outre David Cameron, le Premier ministre tchèque appartient également à ce parti.

Le Parti de la gauche européenne regroupe des partis politiques communistes et d’autres partis de la gauche de la gauche. Ces partis sont plutôt eurosceptiques, du moins sceptiques sur l’Union européenne telle qu’elle existe aujourd’hui. Ils siègent au Parlement européen avec un élu de la Gauche verte nordique et quelques autres élus de différents partis nationaux situés à la gauche des sociaux-démocrates, dont le Sinn Féin irlandais.

Le Mouvement pour une Europe des libertés et de la démocratie (MELD) est un parti politique européen fondé en 2011 et regroupant une partie des membres du groupe Europe libertés démocratie du Parlement européen. On y trouve notamment la Ligue du Nord italienne et les Vrais finnois, deux partis de droite populiste. Au Parlement européen, les membres du MELD siègent notamment avec le Parti de l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), un parti demandant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Voir aussi